COLLECTION COEUR DOUBLE

Songes d'une nuit d'hiver

No 20

PRÉAMBULE

Il me faut admettre que je ne savais pas, au départ, si ce Cœur Double verrait le jour. Ces Songes d'une nuit d'hiver - titre que j'ai emprunté à Catherine Loiselle - rendent compte d'une expérience, au sens double d'un essai et d'un élargissement de ses connaissances.

J'ai demandé à mes élèves du cours « Littérature et culture contemporaines » - en plus des trois romans à lire, des deux pièces de théâtre à voir, à analyser, à critiquer et d'un cahier à tenir rigoureusement - d'assister à un spectacle de danse contemporaine : D'étranges hivers / Some Strange Winters, de Natalie Morin. Avec un peu d'appréhension et beaucoup de curiosité, ils ont mis les pieds, la majorité d'entre eux pour la première fois, à l'Agora de la danse.

À partir de ce spectacle, j'ai demandé aux élèves d'écrire et leur ai proposé diverses contraintes; vous les reconnaîtrez. Le fragment s'est imposé pour plusieurs. Le spectacle éclaté de Natalie Morin suggère presque naturellement cette forme d'écriture, par ailleurs déjà croisée à plusieurs reprises dans le cours. D'autres ont utilisé le court récit à la deuxième personne qui leur permettait de garder une certaine distance dans le ton et dans la narration. Finalement, quelques-unes ont tenté l'évocation poétique.

Ces pages traduisent souvent l'étonnement, l'étourdissement, le sentiment d'étrangeté que l'expérience de la danse, de ce spectacle, a provoqué chez les élèves. Les premiers textes collent de près au spectacle de Natalie Morin. Au contraire, les derniers - à partir de Die Leistung... - s'en éloignent. À une exception près, ils ne sont pas l'œuvre d'élèves qui se destinent à la création littéraire. Ils renferment souvent des images très belles; ils ne sont pas parfaits.

Bien sûr, j'aurais souhaité amener tous les élèves à rendre une version finale, publiable, de leur texte. Mais je tiens à leur dire, à tous, qu'en les écoutant parler, expliquer, tenter l'analyse en classe, qu'en les voyant dépasser leurs craintes et leurs limites, qu'en acceptant de me suivre dans cette expérience - qui ne leur donnait aucune note dans leur bulletin - j'ai su encore une fois pourquoi j'aimais tant mon métier. Merci.

Anne-Marie Cousineau



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