Vestibulles no 19



COLLECTION VESTIBULLES

No 19


PRÉAMBULE

En bande dessinée, la case A est toujours conçue en fonction de la case B, processus qui vise évidemment à encadrer le vide entre les deux images. On dit souvent que la musique ne sert qu'à encadrer le silence, elle aussi. En BD, le silence est blanc comme les neiges de l'Himalaya et ce blanc entre les cases, c'est le cerveau du lecteur qui le remplit.

Mais rassurez-vous, l'atelier BD n'est pas toujours aussi théorique et abstrait ! Parlez-en aux dessinateurs et aux dessinatrices ! La poésie de leurs efforts se situe surtout au niveau du papier, surface bien concrète, bien physique, sur laquelle l'encre devra couler et donner quelque chose de satisfaisant -- autant que possible -- pour l'artiste. Je dis bien pour l'artiste car le lecteur, s'il n'est pas content, trouvera toujours quelque part dans l'immense quantité de "comics" publiés chaque année, quelque chose à sa mesure et à son goût. Tandis que l'artiste, s'il n'est pas satisfait de son histoire, restera seul à souffrir, sans échappatoire pour soulager sa tristesse existentielle... Hé oui ! C'est ainsi !

J'espère donc que tous les dessinateurs et toutes les dessinatrices de ce Vestibulles seront fiers de leur travail et heureux de le voir imprimé. L'encre aura coulé à flots ces derniers mois, veuillez me croire, et les blancs du papier n'auront qu'à bien se tenir !

Les histoires que vous allez découvrir dans ce numéro vont du méga peplum italien au récit nihiliste punk désabusé en passant par le burlesque débridé et le gag en une page. Sensibilités distinctes, styles contrastants se donnent à nouveau rendez-vous aujourd'hui dans notre désormais légendaire magazine.

Encore quelques secondes et vous allez tourner cette page. Votre vision de l'univers s'en trouvera peut-être changée à tout jamais ! Réfléchissez bien avant d'agir car l'espace blanc entre les dessins vous saisira vous aussi et il n'y aura pas de retour possible...

Grégoire Bouchard



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