Le bipède obscur



COLLECTION BABEL

Le bipède obscur

No 8


PRÉAMBULE

Nous arrivons en même temps. Le local est trop grand car nous sommes peu. Réunis sous un éclairage théâtral, l'espace autour est vaste et noir. C'est le grand rien rempli de voix, de démons et de mystères. Nous ne sommes pas de grands bavards, nos voix sont basses et pourtant nous parlons. Je pose des questions et j'obtiens des réponses. Précises, impudiques, implacables. Parfois ces réponses sont déjà comme une fiction, comme un poème. Nous écrivons mais ce qui se joue ici déborde la littérature.

Une chose est certaine: nous avons déjà fait l'expérience de la solitude. La solitude comme une évidence acceptée. J'ai souvent cette phrase dans la tête: Nous pérîmes chacun tout seul. Il y a dans ce chacun tout seul quelque chose de si désespéré et en même temps si drôle. Chacun tout seul donc nous sommes là… et moi avec eux. Ils m'intéressent, ils m'intriguent, ils me déroutent. Je ne sais pas exactement ce qu'il adviendra d'eux. Chose certaine, ils sont vivants, vibrants. Ils exigent de la vie qu'elle palpite. Cela me plaît, cela me convient.

C' est vrai que nous sommes peu et parfois un peu silencieux. Peut-être simplement parce que nous connaissons le poids des mots.

D. Kimm



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