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Activités et services aux étudiants

Capsules 102 à 114

L'erreur que je ne ferai plus

 

Capsule 102

« Arobase » ou « a commercial »

Pour indiquer une adresse de courriel (et non pas de mail ou de email), on utilise un caractère très spécifique que l’on trouve aisément sur un clavier d’ordinateur : le « @ ». Mais comment nomme-t-on correctement cette espèce de « a » encerclé utilisé autrefois, dans la langue commerciale anglaise, pour désigner le prix d’un objet ?

L’on entend couramment « arobase » et « a commercial ».

Il semble bien que les deux façons de dire soient acceptées en français. En effet, l’Office québécois de la langue française (OQLF), dans sa banque de terminologie, à la rubrique vocabulaire d’Internet, définit ainsi le a commercial : « n. m., séparateur utilisé dans une adresse de courrier électronique entre l’identifiant de l’internaute et celui du serveur de messagerie. » Par ailleurs, sur Wikipédia, on peut lire : « L’arobase, a commercial ou par anglicisme "at" également appelé "arrobase", "arrobe", "arobas", "arrobas", a "rond bas" [de casse] ou encore "arobasque", est le caractère typographique "@". »

Notons, enfin, que « arobase », bien que souvent classé comme un nom féminin, est aussi fréquemment utilisé comme un nom masculin. L’usage est, pour l’instant, flottant. Donc, évitons les termes anglais de mail, de email ou de at.

Cette erreur est codée L1 dans la grille de correction.

Capsule 103

Est-ce qu’on « amène », « emmène » ou « apporte » son manuel en classe ?

L'utilisation correcte de certains paronymes (mots qui ont une certaine ressemblance d’orthographe ou de prononciation) est parfois embêtante parce que la nuance entre l’un et l’autre des deux termes est fréquemment ténue.

Ainsi, « amener » signifie que l’on conduit quelqu’un, une personne, vers quelque part : « Il amène sa fille au cégep »; dans « amener », il y a, sous-jacent, un peu le sens de « prendre par la main ». Le verbe « apporter », quant à lui, est réservé aux objets, aux choses. Alors, on doit dire qu’on « apporte son manuel en classe ».

La nuance entre « amener » et « emmener » est plus subtile : on amène quelqu’un vers un lieu donné alors qu’on emmène une personne du lieu où l’on est vers un autre endroit.

Cette erreur est codée L1 dans la grille de correction.

Capsule 104

Les marqueurs de relation pléonastiques « comme par exemple »…

Des répétitions inutiles encombrent parfois les rédactions de mots superflus. On en observe fréquemment dans les marqueurs de relation. Ces suites de mots qui expriment la même idée sans rien ajouter s’appellent des « pléonasmes » ; ce terme vient d’un mot grec (πλεονασμός) signifiant « excès ».

Dans la liste suivante, on peut facilement enlever certains mots sans qu’il y ait quelque perte de sens que ce soit : « ainsi par exemple », « car en effet », « commencer d’abord », « donc par conséquent », « puis ensuite », « voire même ».

Dans ces expressions, aucun effet de style n’est recherché par le rédacteur avec l’usage de la répétition. Ce seraient donc, comme dirait l’Académie française, des pléonasmes « vicieux », c’est-à-dire qui « renvoient à une redondance vicieuse de paroles ».

Il faut donc les éviter systématiquement.

Ces erreurs peuvent être codées L1 ou L2 dans la grille de correction.

Capsule 105

L’accord des locutions « ci-joint », « ci-inclus », « ci-annexé », etc.

Les locutions commençant par l’adverbe « ci » uni à un participe passé, quand elles ne sont pas placées en début de phrase ou avant le mot auquel elles se rapportent, sont variables parce qu’elles sont alors des adjectifs. « La lettre ci-incluse vous éclairera. »

Cependant, on écrira : « Ci-joint les documents demandés » parce qu’alors la locution a une valeur adverbiale !

Ces erreurs peuvent être codées V 2 dans la grille de correction.

Capsule 106

De l’usage de l’astérisque ( * ) et du dièse ( # )


Voilà deux signes typographiques largement utilisés dans les communications depuis, notamment, l’apparition des nouvelles technologies.

Signalons, tout d’abord, qu’« astérisque » (et non pas « Astérix », comme on l’entend trop souvent...) est un nom masculin et qu’il a le sens d’un signe typographique en forme d’étoile. Il indique généralement, dans un texte, un renvoi. Sur un clavier d’ordinateur, un téléphone, un clavier de système d’alarme, par exemple, il peut remplir plusieurs autres fonctions. Selon l’OQLF, on peut utiliser comme synonyme le terme « étoile ».

Quant à « dièse », lui aussi nom masculin, il est emprunté, mais avec une légère modification dans sa forme graphique, à l’écriture musicale. On peut aussi utiliser le terme « carré » comme synonyme. Il est également employé, en anglais, devant un nombre, pour indiquer un numéro. Mais cet usage est incorrect en français; il faut plutôt utiliser l’abréviation « no » ou « No », sans point, puisque le « o » est la dernière lettre du mot « numéro ». C’est ainsi qu’on abrège, parfois, en français...

Cette erreur peut être codée L1 dans la grille de correction.

Capsule 107

« Parlè-je trop fort? »

L’inversion du sujet, dans une phrase interrogative, entraine* des modifications, parfois surprenantes, dans
l ’orthographe et dans la prononciation du sujet. Ainsi, dans ce type de phrase, pour des raisons  euphoniques, on doit prononcer le « e » muet qui termine les verbes en « er » à la première personne du
singulier de l’indicatif présent et lui mettre désormais un accent grave et non plus un accent aigu comme autrefois...


En effet, l ’OQLF indique que, dans les inversions interrogatives, la première personne du singulier en « e »
suivie du pronom personnel « je », porte un accent grave (par ex. : « aimè-je »). « Marchè-je trop lentement? » « Parlè-je suffisamment fort? » « Jouè-je correctement? » Ces tournures sont archaïques, mais
pourtant encore utilisées dans certains contextes. Aujourd’hui, on dira plus simplement, en respectant l’ordre usuel du sujet et du verbe : « Est-ce que je marche trop lentement? » et ainsi de suite pour les autres
exemples.

Cette erreur peut être codée V4 dans la grille de correction.

*Avec la nouvelle orthographe, l’accent circonflexe n’apparait plus, entre autres, sur les « i » des verbes se terminant par « aitre ».

Capsule 108

L’élision et l’accord de « quelque »

Tout comme pour « presque » dont le « e » final ne s’élide que dans le mot « presqu’ile » (sans accent circonflexe, selon la nouvelle orthographe), le « e » final de « quelque » n’est remplacé par une apostrophe que dans les mots « quelqu’un » ou « quelqu’une »; dans tous les autres cas, le « e » est maintenu.

Comme adjectif indéfini, « quelque », signifiant un certain nombre, s’accorde : « Nous avons taillé quelques arbustes et cueilli quelques pommes. »

Comme adverbe, signifiant alors « si », il est forcément invariable et, donc, il ne s’élide pas : « Quelque adroites et quelque habiles que vous soyez, restez prudentes. »

Il en est de même lorsque, placé devant un adjectif numéral, il signifie « environ » : « Quelque centsoixante* élèves ont participé au rallye culturel. »

À ce propos, il est très utile de consulter le tableau explicatif du Multidictionnaire.

Cette erreur peut être codée, selon le cas, O1 ou N2 dans la grille de correction.

* Les numéraux composés sont désormais systématiquement reliés par des traits d’union.

Capsule 109

Les préfixes invariables « nu », « mi », « demi » et « semi »

Ces quatre préfixes, qu’ils soient adjectifs ou adverbes, sont invariables et se joignent au nom qu’ils précèdent par un trait d’union. Le deuxième terme de la locution ainsi créée peut, seul, prendre la marque du pluriel : marcher nu-pieds, manches mi-longues, bouteilles à demi-vides, armes semi-automatiques.

Notons que « semi » appartient à un registre plus technique, alors que « demi » relève plutôt de la langue courante.

Ces erreurs d’accord de l’adjectif sont codées A1 et celles de trait d’union O4 dans la grille de correction.

Source partielle : Evrard, Frank, Les vraies difficultés de la langue française, La Maison du dictionnaire.

Capsule 110

« Montréal est-il beau ? Ou est-elle belle ? »

À cette question, l’Office québécois de la langue française donne la réponse suivante : « Les noms de villes peuvent être féminins* ou masculins. On reconnaît facilement leur genre quand ces noms contiennent un article : Le Caire, Le Cap, Le Gardeur sont masculins; La Rochelle, La Nouvelle-Orléans, La Tuque sont féminins. En dehors de cela, c’est surtout l’usage qui décide et il est assez flottant.

De façon générale, on a tendance à utiliser le féminin pour les noms de villes qui se terminent par un « e » muet ou par « es », et le masculin dans les autres cas. Ainsi, Rome, Venise, Londres, Vienne, Lisbonne, Bruxelles, Marseille sont féminins, tandis que Montréal, Paris, New York, Lyon, Orléans sont masculins. » Donc, « Montréal serait beau ! »

Le Multidictionnaire adopte la même règle, tout en notant que la tendance actuelle va dans le sens de mettre au masculin tous les noms de villes. Mais, comme l’usage est flottant, « il serait possible de parler de Marseille au masculin et de Montréal au féminin, car la règle n’est pas absolue. […] Dans l’ensemble, le masculin semble de plus en plus prévaloir dans la langue courante, alors que le féminin est fréquent dans la langue littéraire. »

Ces possibles et discutables erreurs d’accord de l’adjectif seraient codées A1 dans la grille de correction.

Capsule 111

 « On transfert vos données. »

Cette phrase, aperçue sur une affiche publicitaire dans un commerce de matériel informatique, a l’air, au premier coup d’oeil, tout à fait correcte.

Mais, en fait, il y a là une confusion entre deux mots différents : d’une part, le nom « transfert » (déplacement de personnes ou de choses) et, d’autre part, le verbe « transférer » (transporter selon des formalités prescrites) à la troisième personne du singulier du présent de l’indicatif, qui se conjugue comme « aimer », c’est-à-dire « on transfère ».

La confusion est d’autant plus possible que la désinence en —ert ressemble passablement à certaines désinences de verbes : « il acquiert, il part, il requiert, il court, etc. »

Donc, attention : il faut toujours s’interroger à propos de la nature du mot que l’on utilise ; si c’est un verbe, on le conjugue comme il doit l’être.

Cette erreur est codée V4 dans la grille de correction. On pourrait lui ajouter le code L1 pour indiquer qu’il y a confusion entre deux mots.

Capsule 112

« Emménager dans un local bien aménagé »

Les paronymes sont des mots aux sonorités voisines, des homophones imparfaits en quelque sorte. La confusion qui découle de leur mauvais usage crée parfois des énoncés plutôt comiques. Confondre collusion (entente secrète) avec collision (choc) dans un rapport d’événements peut entrainer* une méprise.

Alors, lorsqu’on emménage dans un bureau, c’est lorsqu’on s’y installe, ce n’est pas lorsqu’on le décore. Et si ce local est bien meublé, bien éclairé, bien ventilé, il est alors bien aménagé, c’est-à-dire qu’on y trouve tout ce qu’il faut pour y être à l’aise, y travailler ou y loger confortablement.

Cette erreur de confusion entre deux mots est codée L2 dans la grille de correction.

* selon la nouvelle orthographe, l’accent circonflexe disparait — ici aussi — sur le « i » de tous les mots de cette même famille : entrainant, entrainement, entraineur, entraineuse, etc.

Capsule 113

« Ah! ces chers homophones! »

Dans le sens d’« aimé, adoré, chéri », cher est un adjectif et il s’accorde comme il se doit : « Chère mère Noël, […] comme je fus bien sage, je souhaite recevoir des cadeaux qui me seront très chers.» Mais, attention! Il ne faut pas confondre cet adjectif avec le même mot pris adverbialement et qui est alors invariable. « Ces présents coûtent très cher, valent très cher, ont été payés très cher! », où cher signifie « à haut prix ».

Et c’est ainsi pour un certain nombre d’adjectifs très courts et très usuels, utilisés comme adverbes, dans des expressions consacrées comme voir clair, parler haut, chanter juste (Le Grevisse), etc.

Cette erreur de confusion entre deux mots semblables, mais de nature et de sens différents, est codée L1 dans la grille de correction.

 Capsule 114

« À Dieu vat! »

À l’occasion de cette dernière édition du Bonjour, c’est le moment de faire ses « adieux », c’est-à-dire de « prendre congé [des lecteurs] qu’on ne doit pas revoir de quelque temps ou même qu’on ne doit plus revoir. » (Petit Robert 1)

« Adieux! », interjection au pluriel, est un peu plus solennelle que sa forme plus courante au singulier : « Adieu! ».

Quant à la locution interjective « À Dieu vat! », pour bien la faire comprendre, il est difficile de ne pas citer Grevisse : « [Cette] expression traduit un sentiment complexe où se mêlent la résignation, la confiance, la conscience d’avoir fait tout ce qu’on devait; elle signifie : «advienne que pourra! à la grâce de Dieu!». Elle s’employait dans l’ancienne marine […] quand le navire se trouvait en danger, près de récifs ou de brisants. »

Adieu!