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Activités et services aux étudiants

Capsules 60 à 72

L'erreur que je ne ferai plus

 

Capsule numéro 60

De l'usage des majuscules dans les titres

Lorsqu'on insère un CD dans un ordinateur pour s'en faire une copie sur iTune, l'ordi se branche immédiatement sur une base de données, Gracenote, par exemple, et apparaissent alors tous les titres des pièces, le nom de l'artiste, le titre du CD et la catégorie de musique auquel celui-ci appartient.

Malheureusement, quand il s'agit d'un CD francophone, les titres des pièces qui sont ainsi fournis sont généralement écrits incorrectement, en suivant la façon anglaise ou américaine d'inscrire ceux-ci, c'est-à-dire en mettant des majuscules à tous les mots qui ne sont pas des « petits mots », comme l'usage le veut en anglais.

Ainsi, si vous voulez copier le second CD de Catherine Major « Rose Sang », vous verrez apparaître « La Voix Humaine », comme premier titre, où la majuscule à « Humaine » n'est pas nécessaire, parce qu'en français « les titres d'œuvres [...] s'écrivent avec une majuscule au substantif initial et éventuellement à l'adjectif, l'adverbe, l'article qui le précèdent. » (Multidictionnaire) Ainsi, l'on écrira plutôt : « La Voix humaine » parce que le mot « humaine » suit le substantif « voix ».

Cette règle s'applique également aux titres de livres, de poèmes, etc. À ce sujet, voir l'excellent tableau dans le Multidictionnaire à l'entrée « Titre d'œuvres ».

Capsule numéro 61

Des coupures de mots en fin de ligne

Il est parfois nécessaire, bien que l'usage recommande de l'éviter autant que possible, de couper un mot en fin de ligne. Cela ne se fait pas n'importe comment. On doit respecter certaines règles.
Normalement, on divise les mots par syllabes, selon la prononciation : no/men/cla/ture, et non pas nom/enc/lat/ure ; cela se nomme la division syllabique. Ainsi, on ne peut pas diviser un mot après une apostrophe : « L'/auteur s'/inspire de ses malheurs. » Il faut plutôt procéder ainsi : « L'au/teur s'ins/pire de ses malheurs. »

On peut aussi couper un mot selon son étymologie : « [...] un phénomène para/littéraire ». Avec cette division étymologique, on fait ressortir le préfixe para.

Le trait d'union qui marque la coupure se place à droite, au bout de la ligne, et non pas du côté de la marge de gauche, en début de ligne.

Par ailleurs, il n'est pas du tout recommandé, surtout dans un texte soutenu, de multiplier les coupures de mots en fin de ligne. De même, elles doivent être évitées dans les titres.

Capsule no 62

Anomalies orthographiques corrigées

Depuis des lustres*, des anomalies orthographiques illogiques ont perduré. La nouvelle orthographe du français en a corrigé un bon nombre. En voici cinq pour lesquelles l'ancienne et la nouvelle orthographe ne peuvent être, ni l'une ni l'autre, considérées comme fautives :

1) « homme » donne désormais « bonhommie », autrefois « bonhomie »;
2) « battre » permet « combattif » et « combattivité », anciennement « combatif » et « combativité »;
3) « imbécile » autorise la nouvelle graphie « imbécilité » au lieu de « imbécillité »;
4) « appeler » entraîne, ou entraine (selon la nouvelle orthographe), « interpeler » à la place de « interpeller »;
5) « souffler » permet « boursouffler » en lieu et place de « boursoufler ».

On voit donc que ces mots de même famille sont désormais, en toute logique, réaccordés selon l'orthographe du mot d'origine de la famille.

Voilà qui simplifie un peu les choses ; mais toutes les anomalies ne sont cependant pas encore corrigées...

* Lustre : littérairement, depuis cinq ans ; par extension : depuis longtemps.

Capsule no 63

Des chiffres en toutes lettres

La tendance générale consiste à écourter le plus possible les messages écrits; le langage SMS répand un nouvel usage où les chiffres, par exemple, sont parfois utilisés pour remplacer des mots : « a12c4 » signifie « à un de ces quatre » ou « a2m1 » veut dire « à demain ». Les abréviations de tous genres y ont également cours : « lgtps » pour « longtemps », « eske » pour « est-ce que », « cbr » veut dire « crampé ben raide », ou encore « jpp » signifiant « j'en peux plus », etc.

Cependant, lorsqu'on rédige un texte soutenu, lorsqu'on répond à un questionnaire en classe, par exemple, on doit respecter certaines normes en ce qui concerne l'écriture des chiffres. Ainsi, l'on écrira : « Un sonnet comporte deux quatrains et deux tercets. » et non pas : « 1 sonnet comporte 2 quatrains et 2 tercets. »

L'usage veut que, dans un texte, l'on écrive en toutes lettres tout nombre qu'il est aisé d'écrire et de comprendre lorsqu'il est écrit en lettres, par exemple : les chiffres de « 0 à 10 », « zéro à dix », les chiffres non composés comme « 20 », « vingt », ou « 100 », « cent », etc. Cependant, l'on écrira en chiffres les grands nombres comme « 6 235 étudiants », les numéros de page d'un livre « page 235 », etc. Le bon sens sert de guide dans ces cas.

Cette erreur est codée O2 dans la grille de correction.

Capsule no 64

Accord simplifié du participe passé de « laisser » suivi d'un infinitif

Commençons par citer Maurice Grevisse, l'éminent grammairien, à propos de l'accord compliqué de ce participe passé : « Dans l'usage, il règne en ceci une grande confusion : non seulement [...] laissé reste souvent invariable là où la règle des grammairiens demanderait l'accord, mais, par un mouvement contraire, on l'accorde fréquemment là où ladite règle le voudrait invariable. »*

Alors, pour éviter désormais toute confusion et toute discussion interminable à propos de ce avec quoi « laissé » s'accorderait ou non, la rectification orthographique a décidé que : « Le participe passé de laisser suivi d'un infinitif est invariable (ex. : les enfants que nous avons laissé partir sur le modèle de les enfants que nous avons fait partir, elle s'est laissé mourir sur le modèle de elle s'est fait mourir). »**

Voilà qui simplifie grandement les choses et, ainsi, ce sera là une erreur que l'on ne fera plus...
Cette erreur était codée V2 dans la grille de correction.
* Le Bon Usage, no 794, remarque 2, N.B.
** Le millepatte sur un nénuphar, p. 6.

Capsule no 65

Simplification du pluriel des noms étrangers

Désormais, il n'est plus nécessaire de connaître les règles de la formation du pluriel des langues étrangères, anciennes ou actuelles, pour indiquer correctement, en français, la marque du pluriel. Qui, aujourd'hui, sait que « erratum » devenait « errata », sans « s », au pluriel, selon les règles latines ? Dorénavant, on appliquera à ces mots la règle générale du pluriel des mots français, c'est-à-dire en ajoutant tout simplement un « s » au mot au singulier. Ainsi, on écrira « des erratums » ; de même, on écrira des « altos », et non plus des « alti », et des « lieds » plutôt que des « lieders » ; et, pour les amateurs de « scotchs » (que l'on devait auparavant écrire « scotches »), on peut maintenant parler de « bons whiskys » (au lieu d'utiliser l'ancienne graphie « whiskies »)...

Notons, au passage, que si l'on fait un petit mélange de cinq boissons alcoolisées, parmi lesquelles du rhum, on aura alors un « ponch », et non plus un « punch », pour que la graphie respecte désormais la prononciation française.

Voilà qui simplifie un peu les choses...

Cette erreur était codée N1 dans la grille de correction.

Capsule no 66

Rectification orthographique de certains mots

Vous vous apprêtez à faire, pour votre « diner », une sauce pour votre « ossobuco » et on vous demande de hacher des « ognons » et du « cèleri » ; vous préparez, en « bluejeans », au mois d'« aout », votre plan d'eau pour votre jardin et on vous suggère d'y mettre des « nénufars » et de vous « assoir » sur un banc de pierre pour admirer les « millepattes » et les « chauvesouris » qui « prolifèreront » ; vous saluez des amis, vous le « boutentrain » de tous les « partys », en leur disant « tchao » après avoir ingurgité quelques « hotdogs » sans « croute » plutôt « dégoutants » ; on vous met en « lockout » après de nombreuses parties de « majong » jouées avec votre « boss » ; et, finalement, on vous recommande de voir au plus tôt votre « metsin » parce que votre orthographe va vraiment de plus en plus mal...

Ces erreurs, sauf évidemment la toute dernière qui n'est pas du lot des rectifications, étaient jadis codées O1 dans la grille de correction ; aujourd'hui, ni l'ancienne ni la nouvelle graphie ne peuvent être considérées comme fautives. Et rappelons-nous, enfin, que Voltaire écrivait « sopha » pour « sofa » et « filosophe » pour « philosophe » ; qui s'en étonnerait aujourd'hui ?

Capsule no 67

« À la campagne » ou  « En campagne »

« À », petit mot, vide de sens, préposition — aussi première lettre de l'alphabet — mais tellement utilisée ! « En », préposition également, qui signifie, entre autres, un lieu. « On fait du camping en Gaspésie. »

Lorsque l'on joint l'une ou l'autre de ces prépositions au mot « campagne », alors, il faut faire très attention au sens de celui-ci : la préposition qu'on lui accole varie selon qu'il s'agit, d'une part, « d'une armée en état de guerre, d'opérations militaires ou d'une entreprise ayant un but de propagande, par exemple une campagne électorale ou publicitaire. » (OQLF) Dans ce cas, on dira que l'on est « en campagne électorale » ou que « l'armée de Napoléon est partie en campagne ».

D'autre part, si le mot « campagne » signifie « région rurale », c'est alors la préposition « à » qu'on lui joint. « L'action des romans du terroir se situe à la campagne. » « Maupassant campe ses personnages en Normandie, à la campagne. »

Alors, il faut toujours penser à la signification du mot « campagne » pour lui adjoindre la bonne préposition...
Cette erreur est codée S6 dans la grille de correction.

Capsule no 68

« Versus » et « cédule »...

Le calendrier des parties de hockey, et de sport en général, — et non pas la cédule (anglicisme) — est présenté dans les quotidiens de Montréal de trois façons différentes. Alors qu'on écrira dans Le Devoir « Montréal à Ottawa », on préférera dire « Montréal c. Ottawa » dans La Presse, où le « c. » est l'abréviation de « contre », et, dans l'autre quotidien tabloïd, on indiquera « Montréal vs Ottawa » où « vs », sans point, est la version abrégée de « versus », préposition empruntée inutilement à l'anglais, selon l'Office québécois de la langue française. Dans tous les cas, l'équipe qui reçoit l'adversaire est nommée en deuxième lieu.

Donc, et La Presse et Le Devoir indiquent correctement, en français, les rencontres entre les différentes équipes. Quant à l'autre, y a-t-il vraiment de quoi se surprendre ?

Et, par ailleurs, il ne faudrait surtout pas croire, comme on le voit parfois, que « vs » signifie « visite », ce qui serait un parfait barbarisme...

Capsule no 69

« Errare humanum est. »

Il est, en effet, de la nature de l'homme de se tromper, tel que l'indique cette maxime latine. Eh bien ! sur un petit volant distribué récemment pour faire la promotion du Grand Jeu de « L'erreur que je ne fais plus ! », justement une malencontreuse erreur s'est glissée : « [...] courrez la chance de gagner [...] ».

Le verbe « courir » ne prend qu'un seul « r » sauf quand il est conjugué au futur de l'indicatif et au conditionnel : « je courrai » et « je courrais ». Pourtant, l'on pratiquait bien, autrefois, « la chasse à courre » ; l'on reçoit, aujourd'hui, du « courrier électronique » ou des « courriels ». Donc, retenons que même si l'on se sert bel et bien de ses deux jambes pour « courir », ce verbe s'écrit avec un seul « r » !

Capsule no 70

Les homophones « soie », « soit », « soi » et les autres

Ces trois mots, faciles à confondre à l'oral, se distinguent très nettement à l'écrit et ne devraient pas être pris l'un pour l'autre puisqu'ils ont chacun un sens bien précis. Si l'on réfléchit bien au sens de ce que l'on écrit — c'est le principe de base de la bonne orthographe — il ne devrait pas y avoir de confusion.

Romain Gary a écrit La Vie devant soi ; dans ce titre, « soi » est évidemment un pronom personnel réfléchi qui désigne la troisième personne du singulier. Et il s'écrit sans « t », et sans « e » ; on peut lui substituer « soi-même » pour le reconnaître.

Soie, film de François Girard tiré du très célèbre roman d'Alessandro Barrico, traite, sur une trame de drame amoureux, du commerce de ce fil brillant produit par le ver à soie et dont on se sert dans la fabrication de certains tissus très légers et de grande valeur. Dans ce cas, c'est tout simplement un nom féminin. « Porter des bas de soie, une écharpe en soie. »

Quant à « soit », s'il est adverbe, il équivaut à un oui affaibli et, alors, le « t » final se prononce ; s'il est conjonction, il présente une alternative ou une hypothèse : « Soit que l'on marche, soit que l'on prenne le métro... »

Il y a aussi les différentes formes du verbe être dont on ne traitera pas ici... « Qu'il soit » ou
« qu'ils soient »...

Capsule no 71

« Addresse de email » ou « adresse de courriel » ?

La fréquente proximité de la langue anglaise, au Québec, amène souvent les francophones à calquer la forme anglaise d'un mot. Par exemple, en anglais, le mot « address » s'écrit avec deux « d » et deux « s », mais sans « e » final. Alors qu'en français, il ne comporte qu'un seul « d » et se termine par un « e ».
Il faut tout simplement retenir que c'est ainsi...

Par ailleurs, nous avons créé et adopté un mot tout à fait adéquat pour nommer les courriers électroniques : « courriel ». Utilisons-le et ne faisons pas comme les Français qui ne cessent de dire : « Alors, tu m'envoies un petit “mail”... ». Décidément, c'est quelque peu choquant...

Par ailleurs, on peut hésiter entre l'emploi de « à » ou de « au » pour introduire une adresse de courriel. Selon l'Office québécois de la langue française, étant donné que « l'ensemble de mots (ou de lettres ou de chiffres) que constitue une adresse électronique n'est pas en soi de genre masculin [mais que c'est] une combinaison particulière et unique de symboles (lettres ou chiffres) dont fait obligatoirement partie le symbole « @ », l'on n'a pas besoin d'article devant celle-ci et l'on a recours à la préposition « à » seule. « Écrivez-moi à tartampion3@cvm.qc.ca ».

L'erreur « addresse » est codée O1 et l'erreur liée à la préposition est codée S6 dans la grille de correction.

Capsule no 72

C'est « peut-être » « peut être »...

Encore une fois les satanés homophones !!! Et l'erreur, avec ces deux-ci, est plus fréquente qu'on ne le croirait. Pourtant, elle peut être rapidement réglée en utilisant tout simplement la substitution.
« Peut-être », avec un trait d'union, est un adverbe. Alors, si on peut le remplacer par un autre adverbe qui indique le doute, la possibilité, on reconnaîtra automatiquement sa nature et on saura comment bien l'écrire.
« Je réussirai peut-être mon examen... » ; « Je réussirai probablement mon examen. »
Quant à « peut être », sans trait d'union, c'est la jonction des verbes « pouvoir » et « être » ; dans ce cas, il suffit de conjuguer le verbe pouvoir à un autre temps ou à un autre mode pour le reconnaître. « Il peut être malade demain... » ; « Il pourrait être malade demain. »
Encore une fois, si l'on comprend bien ce que l'on veut dire lorsqu'on écrit, on évite beaucoup d'erreurs...
Dans la grille de correction, cette erreur, selon le cas, peut être codée O4 si on la lie à l'absence ou à la présence du trait d'union, ou O1 si l'on considère qu'il s'agit d'une erreur d'homophonie.