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Activités et services aux étudiants

Capsules 87 à 101

L'erreur que je ne ferai plus

Capsule 87

Quand c'est « gratuit » ou « gratis », on ne paie « aucun frais » ou « aucuns frais » ?

Tout d'abord, notons que « gratis », dont le « s » se prononce, est soit un adjectif invariable ou encore un adverbe, mais d'un niveau plus familier que l'adjectif « gratuit » qui, lui, s'accorde normalement comme tout adjectif.

Quant à la locution « aucuns frais », étant donné que le nom « frais », au sens de « dépenses », est masculin et qu'il est toujours utilisé au pluriel (on ne peut pas dire « un frais de scolarité », par exemple), alors, nécessairement, « aucun », adjectif indéfini, doit alors s'accorder avec lui.

On peut retenir, pour s'en souvenir, que si « frais » se termine par un « s », « aucuns » devrait, en toute logique, faire de même...

(Source partielle : Le Point)

Capsule 88

« Magazine » et « magasin »...


Ah ! Ces fichus homophones dont l'orthographe nous fait tellement hésiter !

Comment se rappeler que « z » est dans « magazine » et « s » dans « magasin » ? Simplement en se disant que le magazine peut être lu, ou du moins feuilleté, de A à Z, alors que le « s » s'harmonise fort bien avec le magasin parce que c'est là qu'on y dépen$e tou$ $e$ $ou$...

(Source partielle : Le Point)

Capsule no 89

« Psychiatre » ou « psychiâtre » ?

Un grand nombre de mots en français qui se terminent par « âtre » ont un accent circonflexe sur le « â ». Que l'on pense, par exemple, aux mots désignant des couleurs comme « blanchâtre », « jaunâtre », « grisâtre », etc. Et ils ne sont pas les seuls : ajoutons « âcre », « âpre », « câpre », « marâtre », etc.

Cependant, tous les mots appartenant au domaine de la médecine et de la santé n'ont pas du tout besoin de cet accent. « Psychiatre », « pédiatre », « gériatre »; bref toutes ces savantes et tous ces savants, eh bien, ils ont tous perdu leur chapeau... Et il en est de même avec tous les mots dérivés comme « psychiatrie » et « gériatrique », etc.

Cette erreur est codée O1 dans la grille de correction. (Source partielle : Le Point)

Capsule no 90

L’accent circonflexe disparait...

Avec les nouvelles règles de la rectification de l’orthographe, tout de même adoptées depuis déjà plus de vingt ans, l ’accent circonflexe disparait sur les lettres « i » et « u » (par ex. : nous nous entrainons, il apparait, une flute, la fraicheur, un traitre, etc.).

Il y a cependant des exceptions, comme toujours, et il est conservé dans les terminaisons verbales du passé simple et du subjonctif (par ex. : nous vîmes qu’il partît) et, pour sa fonction distinctive, dans « jeûne », dans les masculins singuliers « dû », « mûr » et « sûr », et dans les formes de « croitre » qui, sinon, se confondraient avec celles de « croire ».

Cependant, notons que la plupart des médias et des éditeurs n’appliquent que très partiellement ces rectifications. De plus, il faut se rappeler que, pour l’instant, aucune des deux graphies, tant l’ancienne que la nouvelle, ne peut être tenue pour fautive... Donc, le risque d’erreur est moindre qu’auparavant...

Cette erreur serait codée O1 dans la grille de correction.

(Source partielle : Le millepatte sur un nénufar)

Capsule no 91

De quelques homophones lexicaux

Lorsque l'on fait des études littéraires, un certain nombre de termes assez fréquemment utilisés sont des homophones d'autres mots. Rappelons que les homophones sont des mots qui se prononcent de façon identique mais qui s'écrivent différemment.

Ainsi, si l'on parle d'un récit en abyme (récit dans le récit), on ne doit pas confondre ce mot avec abime (ou abîme, dans l'ancienne orthographe) qui désigne un gouffre. De même, si on analyse une ballade (poème à forme fixe) de Villon, on ne peut pas écrire balade (avec un seul « l ») qui renvoie à une promenade. Enfin, en parlant de Tristan et Iseut, on ne peut pas dire que ceux-ci boivent un filtre d'amour, le filtre étant un dispositif permettant de débarrasser un liquide ou un gaz de particules, mais qu'ils prennent bel et bien un philtre d'amour, c'est-à-dire une boisson magique qui rend fatalement et passionnément amoureux.

Il faut donc s'assurer que l'on écrit correctement les mots que l'on utilise pour bien se faire comprendre et éviter ainsi toute ambigüité (ambiguïté, selon l'ancienne orthographe)...

Ces erreurs sont codées O1 dans la grille de correction. Et l'on ajoute un H encerclé pour indiquer qu'il s'agit d'une erreur d'homophonie.

(Source partielle : Les vraies difficultés de la langue française de Frank Evrard)

Capsule no 92

« Quelle » ou « qu'elle » ?

« Quel », « quelle » ou encore « quels » ou « quelles », en un seul mot, sont tous des adjectifs, soit démonstratifs, soit interrogatifs et, en conséquence, ils s'accordent. « Quelle heure est-il ? » « Quels joueurs ! » « Quelles analyses faites-vous ? » « Quel extraordinaire roman policier ! »

Il ne faut pas confondre ces homophones avec « qu'elle » qui, lui, s'écrit en deux mots, avec une apostrophe. Et on peut le reconnaitre* aisément, car il est possible de le remplacer alors par « qu'il » : « J'espère qu'elle viendra. » ou « [...] qu'il viendra. »

Ce processus de substitution permet d'éviter beaucoup d'erreurs. Et il faut toujours, lorsqu'on écrit, réfléchir à ce que l'on fait, faire des liens, des rapports, des relations, etc. Il faut constamment rester alerte et à l'affut*...

Ces erreurs sont codées soit N2 quand il s'agit du déterminant « quel », en un seul mot, soit Pro2 quand il s'agit du « que » avec le « pronom ».

* Ces mots sont écrits conformément à la nouvelle orthographe.

(Source partielle : Les vraies difficultés de la langue française de Frank Evrard)

Capsule no 93

« Mais où est donc Ornicar ? » (France) ou « Mais où est donc Carnior ? » (Québec)

Ces questions à l'allure quelque peu surréaliste rappelleront peut-être des souvenirs à ceux qui étaient sur les bancs d'école au milieu du XXe siècle...

Il s'agit, en effet, de tournures* mnémotechniques** pour se souvenir de la liste des principales conjonctions*** de coordination : « mais », « ou » (sans accent, exprimant alors un choix plutôt qu'un lieu) « donc », « or », « ni » et « car ». À ces mots plus usités****, on peut ajouter : « cependant », « toutefois », « néanmoins », ces trois derniers exprimant chacun une restriction et donnant un peu de variété, dans un texte soutenu, par rapport à l'éternel et pourtant contournable « mais »...

On trouvera un tableau présentant la liste des conjonctions et des locutions conjonctives dans le Multidictionnaire à l'entrée « conjonction ». Et les plus curieux pourront chercher Ornicar sur Internet...

Si une conjonction est mal utilisée dans une phrase, l'erreur est alors codée S4 selon la grille de correction.
________
* Constructions syntaxiques.
** Techniques qui facilitent la mémorisation.
*** Mots invariables qui unissent deux mots ou deux propositions.
**** Usuels, d'emploi courant.

Capsule no 94

De l'élision dans quelques mots fréquemment utilisés

L'élision consiste à remplacer « une voyelle finale d'un mot (a, e, i) par une apostrophe devant un mot commençant par une voyelle ou un h muet. » (Multidictionnaire>

Mais, on a malheureusement souvent tendance à élider plus qu'il ne le faut. Par exemple, « presque » et « quelque » ne s'élident jamais, sauf dans « presqu'île » et dans « quelqu'un » ou « quelqu'une » ; alors, on écrira « presque aussitôt » et « quelque habilement que vous lui expliquiez... » où « quelque » signifie « si ».

Quoique », « puisque » et « lorsque », quant à eux, ne s'élident que devant les pronoms et les articles ; « quoiqu'il advienne », « puisqu'on doit écrire », « lorsqu'un élève étudie » ; mais, autrement, il faut toujours garder le « e » final : « quoique encore jeune », « lorsque autrefois », « puisque admirer quelqu'un est louable », etc.

Enfin, « si » ne s'élide que devant « il » : « s'il vient » ; mais « si on y va ».

C'est ainsi... et il faut le savoir !

Cette erreur est codée O1 dans la grille de correction.

Source partielle : Evrard, Frank, Les vraies difficultés de la langue française.

Capsule no 95

« Si » n'aime pas les « —rais »

« Si j'aurais su, j'aurais pas venu ! » comme le déclarait si naïvement et comiquement P'tit Gibus dans La Guerre des boutons, film de Yves Robert. Heureusement, ces erreurs ne se produisent presque exclusivement qu'à l'oral...

La conjonction « si », utilisée dans une subordonnée hypothétique, c'est-à-dire lorsqu'on exprime une condition, ne peut pas être suivie d'un conditionnel. Il faut alors utiliser l'imparfait ou le plus-que-parfait de l'indicatif, le conditionnel passé ou présent étant réservé à la principale. On dira donc, correctement, « Si j'avais su, je ne serais pas venu ! » ; « Si tu étudiais, tu réussirais mieux ! »

Pour s'en rappeler, un moyen mnémotechnique simple peut être utilisé : « Les poissons-scies n'aiment pas les poissons-raies » qui signifie concrètement : après « si » pas de « —rais ». 

Cette erreur est codée V3 dans la grille de correction.

Source partielle : Evrard, Frank, Les vraies difficultés de la langue française, le Multidictionnaire et Antidote.

Capsule no 96

— Ces cahiers, comment ça coûte ?
— Deux piastres chaque !

« Comment » utilisé dans cette question, est inapproprié parce que c’est un adverbe de manière : « comment allez-vous ? » Il ne peut donc être employé à la place de « combien » qui, lui, signifie quelle quantité, quel nombre. En langage correct, on devrait plutôt formuler ainsi la question : « Ces cahiers, combien coûtent-t-ils ? »

Quant à la réponse, soulignons que le mot « piastre » est un archaïsme auquel on devrait substituer le terme juste pour parler de la monnaie qui a cours ici actuellement, soit le mot « dollar ». Enfin, « chaque » est un adjectif indéfini et, à ce titre, il est normalement suivi d’un nom : « chaque cahier ». On devrait donc plutôt utiliser le pronom indéfini « chacun » qui, parce qu’il est un pronom, peut justement remplacer un nom. La réponse devrait donc être formulée ainsi : « Deux dollars chacun ! »

Ces erreurs d’adverbes sont codées S5 dans la grille de correction. Quant à l’archaïsme, on l’identifiera par le code.

Capsule no 97

Accorde-t-on l’adjectif dans « d’égal à égal » et « seul à seul » ?

Quand l’usage est flottant, c’est toujours embêtant !

Non, ce n’est pas là un alexandrin, avec rime intérieure en plus, composé par un grammairien en mal de formules…

Effectivement, l’usage veut que, selon le Multidictionnaire, dans ces expressions figées, l’adjectif « égal » soit invariable et que « seul » puisse s’accorder ou rester invariable ! Elles se parlèrent, seule à seule, d’égal à égal. Cela peut sembler quelque peu étrange et c’est pourquoi, selon certains auteurs, on pourrait tout aussi bien écrire : elles se parlèrent d’égale à égale, seule à seule, ou encore d’égales à égales et seules à seules, si elles constituaient deux groupes de femmes en discussion. Comment s’y retrouver alors ?

La tendance générale, avec les simplifications de l’orthographe, est d’aller justement dans la direction d’une règle simplifiée. On pourrait opter, donc, pour la formule la moins compliquée et dire, comme déjà Grevisse jadis, que « ces locutions peuvent être considérées comme des groupes figés, dans lesquels chaque adjectif reste invariable. » Le Bon Usage, § 388, 2e. Mais cela tend malencontreusement à effacer et le féminin et le pluriel, ce qui n’est pas toujours souhaitable…

Alors, finalement, rappelons que, bien que cette particularité ne soit pas directement traitée dans le Vadémécum de l’orthographe recommandée, on pourrait appliquer la norme qui veut qu’« aucune des deux graphies [ni l’ancienne ni la nouvelle] ne peut être tenue pour fautive ».

Ces erreurs pourraient être codées A1 dans la grille de correction.

Capsule no 98 

« Plus tôt » ou « plutôt » 

Pour éviter les erreurs avec ces homophones (mots qui se prononcent de la même façon mais qui s’écrivent différemment), il suffit de réfléchir au sens qu’on leur donne lorsqu’on écrit.

« Plus tôt », en deux mots, est le contraire de « plus tard » et il signifie avant : tu arriveras plus tôt que moi, ou, par substitution, plus tard que moi.

Quant à « plutôt », en un seul mot, toujours avec l’accent circonflexe mais sans le « s », c’est un adverbe qui indique une préférence : « Il se ferait plutôt hacher que de céder. » (Zola)

Enfin, il ne faut confondre ces homophones avec l’autre Pluto, ce chien sympathique, ami de Mickey Mouse, ainsi nommé, en 1931, en l’honneur de la découverte récente de la planète Pluton…

Ces erreurs sont codées O1, dans la grille de correction, avec un H encerclé pour signifier qu’il s’agit bel et bien d’une erreur d’homophonie.

 Capsule no 99

« L’auteur a bien de la misère à supporter sa peine. »

Cette expression typique est caractérisée par un niveau de langue familier qui s’utilise peut-être à l’oral, dans un certain contexte, mais difficilement dans une analyse littéraire. C’est qu’il faut toujours adopter le niveau de langue approprié au contexte dans lequel le discours est produit.

Ainsi, « bien de la misère » est une tournure de niveau familier, propre au Québec, qui pourrait être formulée, en langue plus soutenue, par « beaucoup de difficulté ». Le sens usuel du mot « misère », c’est « indigence » ou « pauvreté ».

Quant à « supporter sa peine », c’est correct ! Parce que « supporter », ici, n’est pas utilisé dans son sens provenant de l’anglais, c’est-à-dire celui de « soutenir » ou d’« encourager », mais bien dans son sens français d’« endurer » et de « subir ».

Cette erreur de niveau de langue est codée L3, dans la grille de correction.

Capsule no 100

« Bon sang, déjà cent ! Sans doute, on s’en sent fier ! »

Voilà une autre série d’homophones, et ceux-là, on s’entend, sont très nombreux (c’en, s’en, sans, sang, cent, sens et sent) !

Réglons tout d’abord le cas des deux derniers : ils sont tout simplement des formes du verbe sentir : je sens, tu sens, il sent, conjugués au présent de l’indicatif et qui peuvent être remplacés par sentais ou sentait : ça sent la coupe ! ou, si l’on veut, ça sentait la coupe ! Ou encore, il s’agit du même verbe, mais à l’impératif présent : sens cette coupe ! ou sens cette soupe !

Le couple c’en et s’en se ressemble beaucoup : c’en est assez ! ou c’est assez de cela ! ; ou, à la forme pronominale réfléchie : il s’en fiche qui peut se dire ainsi : il se fiche de cela !

Quant à sans, il exprime un manque, une privation : vivre sans amour ; alors que cent indique un grand nombre : vivre cent ans en amour !

Il reste sang dont le sens est évident : c’est ce liquide rouge qui circule dans les veines et les artères, comme dans transfusion de sang.

Ces erreurs sont codées O1, dans la grille de correction, avec un H encerclé pour signifier qu’il s’agit bel et bien d’une erreur d’homophonie.

Capsule no 101

« Je n’ai pas trouvé » et « on n’avait pas besoin ! »

À l’écrit, malheureusement, très souvent, une partie de la négation « ne… pas… » est escamotée parce que l’on reproduit la forme orale contractée de celle-ci où le « ne » ou le « n’ », adverbe de négation, est soit tout simplement disparu, soit intégré à la liaison que l’on fait avec le pronom qui le précède. Ainsi, on lira trop souvent « j’ai pas trouvé » ou « on avait pas besoin ». Peut-être que dans la langue parlée cela est acceptable ; mais dans la langue soutenue d’une rédaction, c’est erroné. Il faut écrire : « Je n’ai pas trouvé ce film très intéressant… » ou « on n’avait pas besoin de chanter ! »

Ces erreurs peuvent être codées S5, dans la grille de correction.