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Trois courants de pensée, comme autant de grandes intuitions fondamentales ont marqué l'anthropologie philosophique de l'époque hellénique: le matérialisme radical représenté par Leucippe et son disciple Démocrite ; le spiritualisme radical illustré par Platon ; et le spiritualisme modéré d' Aristote .

Ces trois courants se présentent comme des prolongements des autres éléments de la culture de cette époque (qui s'étend de 460 jusqu'à 300 à peu près avant J. C.) plus particulièrement des sciences physiques, de l'astronomie et des mythes encore présents à cette époque.

L'anthropologie de Démocrite prolonge la physique de Leucippe; la vision de l'homme de Platon s'enracine dans une vision dualiste de l'univers; l'unité psychophysique d'Aristote constitue une application de l'hylémorphisme, (hulê=matière, morphê=forme) cette physique des corps et du changement.

Ce qu'il y a de remarquable dans ces grandes philosophies, c'est que leur point de départ réside dans des observations de la vie quotidienne que l'on interprète avec beaucoup d'imagination puisque les instruments d'observation sont pratiquement inexistants. On cherche d'une part à expliquer les données de l'observation qui nous présentent le monde à la fois comme un (l'univers) et multiple (la diversité des êtres dans cet univers); et d'autre part, le changement qui affecte ces êtres.

Héraclite expliquait la diversité des êtres au sein de l'être par la lutte des contraires pendant que Parménide n'y voyait qu'apparence puisque l'être est et que du néant rien ne peut sortir.

Leucippe apporta une explication originale soutenant qu'il n'y avait que l'être et le vide. Le monde est un en ce qu'il est fait de particules insécables (atomes) et multiple en raison de la forme, la position et la disposition de ces atomes infiniment petits. Le changement s'explique par le mouvement de ces atomes prédéterminés mais susceptibles de déplacements…(cf le texte de Lucrèce et de Colin Ronan)

Dans une telle perspective, l'homme peut très bien s'expliquer si l'on admet que l'âme est constituée d'atomes plus fins, plus subtiles, plus lisses, quoique atomes matériels tout de même.

Les conséquences de cette position sont les suivantes: le spirituel n'existe pas indépendamment de la matière; il n'existe pas d'âme immortelle, Dieu n'existe pas. L'homme meurt quand ces atomes se répandent dans l'univers. Comme on peut le voir, il s'agit d'une conception mécaniste de l'univers et de l'homme.

Cette façon de concevoir l'homme comme une réalité purement matérielle prendra plusieurs formes au cours de l'histoire, surtout à partir du XVIIIe s. en raison du développement de la méthode scientifique, jusqu'au formes plus modernes comme le matérialisme dialectique et historique de Marx , le Béhaviorisme de Watson , l'existentialisme athée.

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Copyright Claude Collin 99copy3.gif (2372 bytes)Mise à jour 25 févr. 2006
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