Quelques notes sur Rousseau
Rousseau élève une véhémente protestation contre le progrès des sciences et l’accumulation des richesses, contre une société oppressive et des institutions arbitraires. Il stigmatise la dénaturation croissante de l’homme et prévient ses contemporains que, faute de retourner à la simplicité naturelle, ils courront inévitablement à leur ruine.
Il propose tour à tour de réformer les mœurs, les
institutions politiques et sociales, le droit(i
),
l’éducation(ii
), et même la religion.
Si l’homme aujourd’hui occupe une place centrale dans notre conception du monde, c’est en grande partie à Rousseau qu’on le doit. Ainsi que l’a dit Kant "Rousseau est le Newton du monde moral". (Gagnebin, Université de Genève)
"J’étais né avec quelque talent, cependant j’ai passé ma jeunesse dans une heureuse obscurité, dont je ne cherchais point à sortir (...) J’approchais de ma 40è année, et j’avais, au lieu d’une fortune que j’ai toujours méprisée, et d’un nom qu’on m’a fait payer si cher, le repos et des amis, les deux seuls biens dont mon coeur soit avide. Une misérable question d’Académie m’agitant l’esprit malgré moi me jeta dans un métier pour lequel je n’étais point fait; un succès inattendu m’y montra des attraits qui me séduisirent. Des foules d’adversaires m’attaquèrent sans m’entendre, avec une étourderie qui me donna de l’humeur et avec un orgueil qui m’en inspira peut-être. Je me défendis, et de dispute en dispute je me sentis engagé dans la carrière, presque sans y avoir pensé. Je me trouvai devenu pour ainsi dire auteur à l’âge où on cesse de l’être, et homme de lettres par mon mépris même pour cet état. Dès là je fus dans le public quelque chose: mais aussi le repos et les amis disparurent. Quels maux ne souffris-je point?" (À Mgr de Beaumont)
Faisant allusion à la lecture de la question de l’Académie et à l’illumination qui s’en suivit, il écrit dans ses Confessions:
"À l’instant de cette lecture je vis un autre univers et je devins un autre homme. (...) si j’avais pu écrire le quart de ce que j’ai vu et senti sous cet arbre, avec quelle clarté j’aurais pu voir toutes les contradictions du système social, avec quelle force j’aurais exposé tous les abus de nos institutions, avec quelle simplicité j’aurais démontré que l’homme est bon naturellement et que c’est par les institutions seules que les hommes deviennent méchants."
L'homme rousseauiste:
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Copyright Claude
Collin 99
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