
Quelques propos intéressants sur la condition humaine et les problèmes qu'elle soulève, par Jean Hamburger:
Jean Hamburger, in "Un jour, un homme...", Flammarion, 1981 p.218 ss
En dehors de ses uvres
scientifiques, Jean Hamburger est l'auteur de LA PUISSANCE ET LA FRAGILITÉ (1972),
L'HOMME ET LES HOMMES (1975), DEMAIN LES AUTRES (1979); livres qui partent des données
biologiques et médicales pour aborder les problèmes de la condition humaine.
M. Hamburger rappelle ici la position de Konrad Lorenz et refuse ce qu'il considère comme une acceptation de la fatalité biologique.
Partant d'une observation attentive du comportement des sociétés animales, Lorenz croit apercevoir les dangers que l'espèce humaine encourt en refusant la hiérarchie, l'inégalité et la sélection, et aussi en s'évertuant à trouver des solutions de sécurité, de bien-être et de non-souffrance. Il écrit : nous savons avec quelle rapidité le comportement social peut se dégrader lorsque la sélection naturelle cesse d'intervenir. Les sentiments d'humanité que nous devons avoir pour chacun en particulier s'opposent aux intérêts de l'espèce humaine en général. La pitié que nous éprouvons envers les asociaux... nous empêche de protéger les êtres normaux.
La doctrine morale et politique qui se dégage de cette prise de position, appelle à une plus grande obéissance aux lois naturelles, quels que soient les dommages qu'en subissent nos aspirations morales.
(la guerre est un phénomène naturel, l'égoïsme de la possession un impératif millénaire, la tendance à dominer son semblable est un instinct qui date de 3 ou 4 millions d'années)
"Le mal du monde vient de ce que l'homme n'accepte pas la fatalité biologique de sa vie sociale." Etc.
Or, le destin de l'homme diffère du destin de l'oie sauvage. L'histoire de l'homme est celle de la naissance d'un monde inconnu jusqu'alors, un univers spirituel, dotant pour la première fois une espèce vivante des moyens de comprendre, de se souvenir, d'imaginer, de créer, d'agir.
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Copyright Claude
Collin 99
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