
(mathématicien)
(IIIe siècle av. J.-C.), mathématicien grec, auteur du plus célèbre ouvrage
de lhistoire des mathématiques, les Éléments. Euclide se distingue
également en théorie des nombres, démontrant notamment que lensemble des nombres
premiers est infini. Il est aussi le premier à pratiquer la division avec le reste,
appelée aujourdhui division euclidienne.
Une vie mystérieuse
On ne sait pratiquement rien sur lorigine et la vie dEuclide. Ses nombreux écrits didactiques indiquent quil enseigne les mathématiques, mais ses maîtres demeurent inconnus. Il semblerait quApollonios de Perga ait longuement étudié avec les disciples dEuclide à Alexandrie, ce qui laisse à penser quEuclide aurait lui-même enseigné dans cette ville dÉgypte hellénisée. Par ailleurs, si lon se fie aux dires du philosophe Proclus de Lycie, qui commente le premier livre des Éléments au Ve siècle de notre ère, lexistence dEuclide serait légèrement antérieure à Archimède et à Ératosthène.
À laide de ces maigres indices, on peut proposer une reconstitution plausible mais non prouvée : comme bien dautres savants, Euclide pourrait avoir été invité à Alexandrie par Ptolémée Ier, lors de lédification de la célèbre bibliothèque. En quelque sorte, il apparaîtrait comme le fondateur de lécole mathématique dAlexandrie, préparant ainsi la voie aux travaux dArchimède.
Une uvre fondamentale
Ensemble de ses écrits
En comparant les uvres dEuclide citées par les Anciens avec celles retranscrites sous son nom dans divers manuscrits grecs, latins ou arabes, on peut dresser une liste de ses écrits vraisemblables, encore conservés à lheure actuelle :
les Éléments, synthèse de résultats mathématiques, divisée en treize livres, illustrent de manière remarquable la puissance de la méthode axiomatique. Les quatre premiers livres traitent de géométrie plane; le cinquième expose la théorie des proportions; le sixième est consacré à ces rapports dans la géométrie plane; les livres VII, VIII et IX abordent larithmétique; le livre X étudie les nombres irrationnels et les trois derniers sintéressent à la géométrie dans lespace;
les Données, un ouvrage
sur lanalyse géométrique;
Optique et Catoptrique, consacrés respectivement à
létude géométrique de la lumière directe et à celle de la lumière réfléchie;
les Phénomènes, court traité dastronomie sphérique;
la Division du canon, qui expose la théorie mathématique des
intervalles musicaux.
Certains ouvrages, en particulier la Catoptrique et la Division du canon, ne constituent sans doute que des abrégés des originaux euclidiens. Luvre forme en fait une «encyclopédie» qui couvre lensemble des sciences mathématiques distinguées par les Anciens (arithmétique, géométrie, astronomie, musique, optique, mécanique, etc.). Composée de synthèses de base dans les différentes spécialités, elle était sans doute destinée à lenseignement. Cependant, la prise en considération des traités perdus, décrits par des contemporains dEuclide, prouve que ce dernier ne se contenta pas de traiter la géométrie discipline la plus représentée dans ce corpus à un niveau élémentaire. Ainsi, les Éléments des coniques ou les Porismes, qui nont pas été retrouvés, présentaient certainement un caractère plus complexe et moins didactique.
Les Éléments
La gloire dEuclide demeure indiscutablement attachée au succès de ses Éléments : labondance des traductions et commentaires, le nombre de manuscrits conservés, et limportance des rééditions jusquau début du XXe siècle témoignent de lénorme influence que cette uvre magistrale a pu avoir sur lhistoire des mathématiques. Au fil des siècles, louvrage a exercé ainsi une double fonction, constituant aussi bien une monographie de mathématiques quun modèle de raisonnement.
Un exposé structuré
Le terme «élément» désigne les résultats fondamentaux acquis en mathématiques, pouvant correspondre à des solutions effectives de problèmes, généralement géométriques, ou à des théorèmes intervenant ensuite dans dautres démonstrations plus complexes.
Plutôt que de dresser une simple liste de résultats impliquant un apprentissage fastidieux, Euclide préfère structurer ses propositions en sous-ensembles ayant leur finalité propre. Par exemple, le livre premier des Éléments souvre par la construction dun triangle équilatéral et sachève sur le théorème de Pythagore. Dans les livres suivants, les résultats simples de géométrie plane sont présentés, puis appliqués à la construction des polygones réguliers, notamment le pentagone et le pentadécagone. De la même manière, lexposé de géométrie dans lespace se termine par la construction des cinq polyèdres réguliers inscriptibles dans une sphère. Peu dobjets mathématiques sont introduits de manière formelle dans les Éléments, excepté le nombre entier et la figure, plane ou solide, décrite par ses caractéristiques (sommets, côtés, faces, angles). En effet, la géométrie grecque ne se présente pas comme une théorie de lespace et de ses transformations, mais comme une science des figures, auxquelles sont attribués trois paramètres : une position, une forme (triangulaire, carrée, etc.) et une grandeur.
Un ouvrage logique
Les Éléments forment un ouvrage où larticulation des propositions exposées est purement déductive, et constituent à ce titre un éminent exemple dexposé scientifique, dont sinspireront nombre de mathématiciens, mais aussi de philosophes et de théologiens. Euclide y distingue deux types de propositions : dune part, les principes posés comme hypothèses, dautre part, les propositions démontrées à laide de ces principes. Parmi ces derniers, Euclide différencie les définitions relatives à la signification des termes, et les postulats géométriques, appelés aussi axiomes, qui représentent des notions communes évidentes, mais pouvant être niées sans contradiction. Sur les cinq postulats proposés par Euclide, le plus célèbre énonce que par tout point du plan ne passe quune droite parallèle à une droite donnée. Ce postulat, nommé encore postulat dEuclide, caractérise la géométrie dite euclidienne, par opposition aux autres géométries, dites non-euclidiennes, développées au XIXe siècle et où cet axiome sera remplacé par un autre (aucune parallèle, ou plusieurs parallèles), lensemble formant un système tout aussi cohérent.
Source : Encyclopédie Microsoft Encarta® 99
Mise à jour
29 oct. 2005
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