(Exercice pédagogique, sans but lucratif)

LE DRAME DU TIMOR ORIENTAL

Par: Alexandre Lalanne , Karin Mérinat , Marlyne Naud .

 

A) Historique du conflit

B) Conflit oublié

C) Problématique de la crise

D) Faits choquants!

E) Conspiration?

 

A)Historique du conflit

Le Timor est une petite île située entre l’Australie et l’archipel indonésien. Durant les 23 dernières années, les conflits qui s’y sont perpétués sont passés dans l’ombre, ne retenant nullement l’attention des médias. Quelques articles en bas de page ça et là dans les journaux, les seuls vrais documents que nous ayons repérés à ce sujet se trouvaient dans Le monde diplomatique, journal lu presque exclusivement par des intellectuels. Quand avons nous entendu parler du Timor avant cette année? A vrai dire, pratiquement jamais.

Le Timor est une ancienne colonie du Portugal où vivent 800 mille habitants. La moitié de cette île, le Timor Oriental, fut envahie en 1950 par les Indonésiens; il s’ensuivit évidemment l’établissement d’un régime où la population fut terrorisée et privée de ses droits pendant de nombreuse années.

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B) Conflit oublié:

En 1975, les Timorais parviennent à organiser un référendum où l’indépendance du Timor est votée. La même année, l’armée Indonésienne envahit l’île. Des milliers de personnes perdent la vie dans ce massacre et depuis ce temps, 20 000 soldats harcèlent brutalement cette population majoritairement Catholique (à 90%).

Il y a quelques années, Josée Ramos-Horta, indépendantiste de gauche, crie pour son pays et fait tout ce qui est en son pouvoir pour attirer l’attention de la communauté internationale afin d’obtenir de l’appui dans cette lutte pour l’indépendance. On lui décernera même le prix Nobel de la paix pour son travail incroyable dont le but est de dénoncer les atrocités commises contre son peuple. Toutefois, alors que le monde entier est tourné sur les problèmes Yougoslaves, le Timor reste presque dans l’anonymat.

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C) Problématique de la crise:

En 1998, lorsque Jusuf Habibi monte au pouvoir en Indonésie, il surprend tout le monde en déclarant qu’il accordera l’indépendance au Timor. Mais ce semblant de générosité cache anguille sous roche, car il demande aux Timorais de renoncer en échange à leur autonomie politique et économique. Des milices armées sèment la terreur dans la population et le massacre continue de plus belle.

Un nouveau bain de sang. Que fait l’ONU pendant ce temps? Où sont les médias durant ces 23 années de guerre civile meurtrière? On pourrait définir la situation comme un génocide ignoré, mais la vraie question est la suivante : Pourquoi n’est-on pas intervenu au Timor pendant tout ce temps, alors que les droits de l’homme ont été et sont toujours totalement ignorés? Pourquoi n’a-t-on fait aucune médiatisation de ce conflit?

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D) Faits choquants:

Nous avons trouvé plusieurs réponses à ces questions.

Il faut d’abord comprendre que l’Indonésie est un pays très populeux et, par conséquent, très pesant dans la balance de l’économie mondiale en raison de l’immensité de son marché potentiel pour l’exportation Nord-Américaine et Européenne. C’est pourquoi personne n’a vraiment intérêt à se mettre l’Indonésie à dos, car celle-ci pourrait très bien décider d’adopter une politique protectionniste et se fermer ainsi complètement aux investissements étrangers et aux exportations. Or, lorsqu’ils ont écho de ce conflit, les Etats-Unis, bien plus soucieux d’entretenir leurs alliances économiques que de se lancer à la défense d’un petit peuple isolé, prennent la décision d’éviter toute médiatisation du conflit le plus longtemps possible.

Pendant cette période, alors que la résistance Timoraise isolée tente de lutter du mieux qu’elle peut contre l’armée qui persécute tous les habitants, ce sont les Etats-Unis mêmes qui entraînent les soldats Indonésiens et qui fournissent le pays en armes. Le Canada n’en a pas moins à se reprocher : il constitue le deuxième principal fournisseur d‘armes. Comme la quasi-totalité des conflits du 20e siècle, le problème de l’indépendance du Timor est donc un bon moyen pour les Occidentaux d’écouler des stocks d’armements et de vendre une expertise militaire. Quant aux pauvres victimes Timoriennes? A l’ère de l’utra-libéralisme, il faut d’abord faire rouler l’économie!

Noam Chomsky est l’un des seuls auteurs à avoir dénoncé la participation des Américains dans les événements du Timor. Il nous apprend d’ailleurs que le sous-sol de ce pays regorge d’une grande richesse : de gigantesques nappes de pétroles, jusqu’à ce jour pratiquement inexploitées.

Puis tout à coup, après un si long silence, la situation change complètement. Les médias se tournent vers le Timor, on dénonce enfin le conflit. Les Etats-Unis et l’ONU se sensibilisent soudain à cette situation jusque là ignorée. L’ONU organise un nouveau référendum au Timor. Malgré les pressions très intimidantes de groupes militaires et paramilitaires indonésiens, le vote est en faveur de l’indépendance à plus de 90%. S’ensuivent de nombreuses actions de répression indonésiennes : destruction de villages, assassinats, viols collectifs, ne sont que quelques uns des moyens employés pour " raisonner " les Timorais.

Par la toute puissance des médias, l’opinion internationale est rapidement sensibilisée à ce massacre grâce à une grande quantité d’images-choc. Le conflit jusque là oublié devient en moins d’un mois le conflit numéro un de l’heure. L’ONU envisage rapidement des mesures afin de protéger les droits des Timorais. Le vote est en faveur d’une intervention. Tout à coup, du jour au lendemain, l’Indonésie - alliée économique est devenue l’Indonésie – ennemi des défenseurs des droits de l’homme.

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E) Conspiration?

A l’heure où nous écrivons ce texte, l’opération pour la libération du Timor est en cours et les Américains, en sont évidemment d'importants participants. Quel est le sens de tout cela?

Il n’est encore possible de tirer aucune conclusion qui soit absolument certaine, mais le gros bon sens semble parler de lui même pour quiconque connissant un peu les bases de la politique étrangère Américaine appelée REAL POLITICS. Ce concept politique consiste à faire passer le bien-être économique des Américains avant toute forme de préoccupation pour les droits de l’homme des autres habitants du monde. Pendant ce temps, les médias, eux, aux services des actionnaires issus de la classe dirigeante, répandent partout l’idée que l’Occident fait tout ce qui est en son pouvoir pour aider les plus démunis. Une telle ligne d’action, élaborée dans les années vingt, est en vigueur aux Etats-Unis depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Sachant que cette politique est toujours appliquée aujourd’hui, il est tentant et même très logique d’affirmer que les dirigeants Américains ont encouragé les médias à mettre ce conflit en lumière afin d’établir de meilleure disposition pour s’associer économiquement à ce pays et ainsi avoir directement accès aux réserves de pétrole. Aucune preuve à ce sujet n’a été émise à ce jour, du moins à notre connaissance, mais c’est une déduction plausible et pleine de sens à notre avis.

Le Timor, une fois libéré de la persécution Indonésienne, sera-t-il le prochain pays que l’Occident drainera de ses ressources? Seul l’avenir nous le dira. En attendant, nous pouvons seulement continuer à rechercher les preuves noir sur blanc d’un tel complot. Si vous voulez en connaître plus sur les dessous de la politique étrangère Américaine, je vous conseille un excellent ouvrage nommé Les dessous la politique de l’oncle Sam, de Noam Chomsky, professeur de au Massachussets Institute of Technology, à Boston. Il ne faut jamais oublier de garder un œil critique face aux médias et de se demander Qui ??? prend vraiment les décisions au sujet du contenu qui nous est diffusé et surtout dans quel intérêt véritable il nous est révélé.

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