Par Genviève Forest
(Exercice pédagogique, sans but lucratif)

(A) Le Mythe des Motards et Roland Barthes
(B) Sentiments de peur et d'admiration envers les motards
( C) Les méchants des bandes dessinées, ceux des dessins animés et les motards
(D) Le besoin d'appartenance des jeunes
Le mythologue Roland Barthes décrit le mythe, selon le Petit Robert, comme une image simplifiée, souvent illusoire que les groupes humains élaborent ou acceptent au sujet d’un individu ou d’un fait et qui joue un rôle déterminant dans leurs comportements ou leurs appréciations. En étudiant bien cette définition, on se rend compte qu’il y a beaucoup de mythes dans notre société. Le mythe des Motards est un bon exemple du mythe médiatique. Le mythe des motards est en grande partie développée par les médias. Ces bandes criminalisées reçoivent l’attention de plusieurs grâce à l’importance que son mythe lui accorde.
B) Sentiment de peur et d’admiration au sujet des motards
Lorsqu’on vous dit le mot Motards, Hells Angels, Rock Machine ou bandes criminalisées, à quoi pensez-vous ? Au point de départ, ces bandes sont au centre du marché au noir, de la prostitution, du trafic de drogues et de la vente illégale d’armes. Il est donc normal que plusieurs citoyens associent les motards au pouvoir, à l’intimidation, à la méchanceté, à la dureté, à la violence et à l’arrogance. Plusieurs ont peur de ces brutes. Une grande partie de notre population croit qu’ils sont responsables de la violence et du déroutement de certains jeunes vers la drogue et la criminalité. Plusieurs les détestent, mais aussi contradictoire que cela puisse paraître, plusieurs les admirent. Il est très rare qu’on puisse entendre des citoyens avouer clairement qu’ils sont en admiration devant ces bandes criminalisées, mais si on se mettait à analyser leurs actions et leurs opinions, on réaliserait qu’ils les admirent. Lorsqu’il est question des motards à la radio ou à la télévision, les gens portent une grande attention à ce qui se dit et ils ne veulent jamais manquer la suite des événement. Ils suivent les faits comme s’ils écoutaient un téléroman. Ils associent donc les motards au pouvoir, à l’audace, à la virilité, à la liberté et au courage.

D’où peut bien venir ce mythe des motards? Pensons d’abord à ce qu’est un motard. C’est un méchant qui fait de mauvaises actions, souvent accompagnées de violence armée. En se référant au passé, à qui peut-on les associer ? Le mythe des motards découle des méchants des bandes dessinées, des dessins animés et du cinéma en général. Pensons, par exemple, aux cow-boys dans les dessins animés. Ils sont rebelles, libres et ils ont du pouvoir. Ils combattent avec leurs fusils et ils se servent de leur cheval pour se déplacer. Comme on le fait avec les cow-boys, on associe les motards à la rébellion, à la liberté et au pouvoir. Le motard se sert de ses armes de la même façon et son moyen de transport n’est plus le cheval, mais la moto. Les personnes qui regardaient les dessins animés ou qui lisaient les bandes dessinées où se trouvaient des méchants, n’aimaient pas ces mauvais, ils préféraient les bons, mais ils arrivaient tout de même à admirer les méchants. Il n’est pas rare de trouver des enfants ou des adolescents qui préfèrent le méchant au bon dans un film. Les méchants dans les bandes dessinées ou dans les dessins animés sont souvent invincibles. Les gens croient souvent que les motards sont invincibles. On a gardé le concept du cheval, on l’a transformé en moto, on a conservé l’utilisation de l’arme, mais on l’a améliorée et on a gardé cette identification de méchant.
Cette image de l’homme dur avec son arme et sa moto s’est médiatisée énormément. On en entend parler partout. Les médias ne restent plus à relater les faits importants, ils véhiculent maintenant des informations superflues, comme le mariage d’un tel motard ou la rencontre amicale d’un tel avec un tel, et en grossissent leur importance. La population est maintenant à la quête de ces informations qui sont en fait si banales. Le phénomène des motards est devenu un mythe médiatique. On a pris le concept des méchants, on l’a transféré aux motards tout en gardant des caractéristiques initiales et en les transformant un peu, on utilise le nouveau concept et on y rattache des valeurs telles le pouvoir, la dureté, le courage, la virilité, l’audace et la méchanceté. Les médias ont fait de ce concept, un mythe. Ce mythe est une forme de consommation. Les gens veulent toujours en savoir plus sur ces bandes criminalisées. Pour répondre à la forte demande, les médias trouvent des informations pour divertir leur public, non plus pour l’informer. Reprenons l’exemple du mariage d’un Hells. Les médias avaient suivi cet événement comme s’il s’agissait d’un événement capital. On en entendait parler partout. Cet exemple démontre que les médias nous véhiculent aussi un côté positif des motards qui nous pousse à les admirer. Lors de ce mariage, les membres de la bande ont été présentés comme étant civilisés et disciples de l’amour. On les a présentés dans ce lieu sacré qu’est l’église et on a ensuite présenté la belle et grande fête qui suivait le mariage, où quelques personnalités du monde du spectacle étaient présentes. La présence de ces vedettes venait accentuer l’aspect spectaculaire et important de l’événement. Ces événements ont associé ces bandes au monde du spectacle, mais ont aussi guidé la population vers une forme de respect et vers une plus grande acceptation des motards.
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D) Le besoin d'appartenance des jeunes
Le mythe des motards peut avoir plusieurs influences sur le comportement de certains individus. Plusieurs jeunes, à l’adolescence, sont en quête de liberté, de pouvoir et de sentiment d’appartenance. Les bandes criminalisées semblent être une belle option qui leurs est proposée, car à ces groupes sont associés ce même pouvoir, cette liberté et ce sentiment d’appartenance. Ces jeunes sentent le besoin d’être reconnus et ces bandes répondent encore une fois à ce critère, car on en parle partout, on véhicule l’image de leur pouvoir et les jeunes sentent également l’admiration qu’ils pourraient recevoir s’ils appartenaient à une de ces bandes. Parce que ce concept est devenu un mythe médiatique et que l’image qui y est associée a été embellie, plusieurs pourraient être attirés vers une réalité qui est en fait différente et moins positive que celle répandue. Ce mythe encourage donc la violence et la criminalité.
Le mythe des motards présente les bandes comme étant invincibles donc, les journalistes, le gouvernement et les citoyens osent bien moins dénoncer ou arrêter ces rebelles. Ils ont peur de leur pouvoir car les médias les présentent comme étant invincibles. Une réelle organisation et une dénonciation contre les motards de la part des journalistes et des médias permettraient à la population de vaincre sa peur et de dénoncer les mauvais. Le mythe ne fait qu’accentuer le pouvoir des motards sur la population, qui devient réellement plus grand, car la population vient à croire en cet immense pouvoir exagéré qui devient donc réel.

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Il est vrai de dire que si on regarde les motards en tant qu’organisations criminelles on peut leurs attribuer un grand pouvoir. Grâce à une grosse organisation, ils réussissent à tuer et à trafiquer. Par contre, si on analysait chaque membre individuellement, on pourrait réaliser qu’en tant qu’individus, ils sont très faibles. Ces membres ont besoin d’appartenir à un groupe et de tuer pour se sentir quelqu’un. Seuls, ils ne sont rien. Souvent les personnes qui entrent dans ces groupes sont assez jeunes. Ils font partie de cette portion de jeunes pour qui leur propre identité n’est pas suffisante pour être estimée, ils se joignent donc à des groupes pour enfin se sentir puissants, car seuls, ils n’arrivaient pas à avoir confiance en eux. Ils sont donc un groupe de faibles avec un faible estime d’eux-mêmes qui, mis ensemble, se sentent puissants. Les chefs de ces bandes sont conscients de ce phénomène. Pour motiver les nouveaux membres, ils leurs promettent de leurs offrir un plus haut grade ou de créer une nouvelle division pour eux. C’est avec ces promesses, ces promesses de pouvoir, que les nouveaux membres sont motivés. Ils sont fiers d’eux-mêmes lorsqu’ils accomplissent les ordres des supérieurs. Ils se croient donc forts, mais en fait, ils ne font qu’obéir à des directives. Leur sentiment de pouvoir est une illusion. Il est seulement réel lorsqu’il concerne des actions de groupes. Mais c’est le pouvoir des actions et non pas le pouvoir des membres.