par Mylène Beauparlant, Véronique Lachapelle-Pépin, Karine Boudreault
(Exercice pédagogique, sans but lucratif)
E) Qu'est-ce les journalistes et les médias en ont fait?
A) Ogm
Un plaisir et besoin de la vie est celui de manger! Lorsque vous vous promenez dans les rayons des supermarchés et que vous prenez une boîte de conserve vous pouvez y lire à l'endos les ingrédients. Vous croyez que tout ce que contient cette petite boîte d'aluminium est inscrit sans faute. Eh bien, tout cela est faux. En effet, les commerçants omettent souvent quelques détails importants tels que la contenance de certains aliments et particulièrement d’OGM (organismes génétiquement modifiés). Cette identification, ou si vous préférez, cet étiquetage n’est pas encore autorisé et obligé par le gouvernement canadien. Dans l’incertitude complète, les scientifiques ne sont pas en mesure de nous assurer les bienfaits ou les méfaits de ces produits transformés génétiquement. Une quantité importante d’argent se joue dans cette industrie. Sommes-nous peut-être les cobayes de ces modifications biotechnologiques?
En France, ce débat est en vigueur depuis longtemps et l’étiquetage est maintenant obligatoire. Pendant ce temps que fait notre gouvernement? Où en sont rendues les études? Que disent les médias?
Tout commença en 1973 avec les premières manipulations transgéniques; une greffe d'un gène étranger dans une bactérie. En Belgique (1986), les scientifiques poussent leurs recherches jusqu'à essayer pour la première fois (en 1983 c'étaient les premières plantes) de cultiver une semence dans un champ. En 1992, les États-Unis et l'Europe se voient autorisés a commercialisation des ogm. Alors que 2 ans plus tard, la tomate Flavr Savr peut être mise sur le marché au États-Unis. En 1996, l''Europe assiste à l'arrivée du premier organisme génétiquement modifié constitué d'un gène pouvant résister à un herbicide soit, le soya de Monsanto. Puis, le maïs BT - produit de la compagnie Novartis - apparaît sur le marché. Ensuite, débutent les discussions sur le protocole de la biodiversité (sous l'administration de l'ONU). En février 1999, les négociations pour la biodiversité en Colombie consignent un échec (pendant le sommet de Carthagène). La panique s'installe, lorsqu'une étude (parution en octobre 1999 dans The Lancet) réalisée en Écosse par le Rowett Institute, sort de l'ombre. Cette dernière conclut que la pomme de terre donne des effets nocifs sur les rats. L'inquiétude s'empare du Royaume-Uni, puis de l'Europe. On vote pour l'étiquetage obligatoire des ogm au Parlement européen (été1999). En janvier 2000, à Montréal, 139 pays signent pour le protocole de la biodiversité. Seul le Canada et les États-Unis repoussent la décision dans deux ans pour obliger l'étiquetage des ogm. En avril 2000, tous les produits formés d'ogm en Europe (dans une proportion de 1%) seront obligatoirement étiquetés.
Un ogm est un organisme dont on a transformé le bagage génétique. Soit, on lui a introduit un gène comme, par exemple, la pomme de terre transgénique qui a un gène d'une bactérie pour tuer les doryphores, soit, on lui a inversé une séquence d'ADN (acide désoxyribonnucléique) ou un gène (la tomate Flavr Savr a son mûrissement retardé).
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Selon le biologiste, Alain Beauregard, avec ces transformations, " on risque de perdre le bagage génétique des plantes d’origine, car le pollen des ces plantes ogm contaminera les champs des autres cultivateurs ". En effet, le vent et la pluie transportent le pollen de ces plantes qui fécondent d'autres plantes non-transgéniques.C'est alors que le contrôle se perdra complètement. Les voisins de ces champs ne pourront pas vendre leurs produits en affirmant qu'ils ne sont pas transformés génétiquement.
La problématique pour l'instant c'est l'absence d'études complètes et impartiales sur ce débat de société. "On ne connaît pas les effets à long terme sur la santé des gens. Pire encore, il nous est impossible de les connaître car les études devraient être aussi longues que la période pendant laquelle les ogm font effet : c’est l’éternité ", Alain Beauregard, biologiste. Nous plongeons, donc, dans l'incertitude pour un très long moment. De plus, pour plusieurs autres raisons ces études
qui pourraient tout de même être faites ne le sont pas. À cause du manque de budget là où de grosses sommes sont rapportées (le chiffre d'affaires de la section agriculture chez Monsanto en 1993; 1,9 milliards et en 1997; 3,1 milliards soit 22% de plus que l'année auparavant et 45% des profits totaux de toute la compagnie), ou les études sont financées par des pro-biodiversité. Les consommateurs ont le droit de savoir si ce qu'ils mangent tous les jours est bon ou non pour leur santé. Pour le citoyen moyen, s'informer sur ce sujet c'est bien difficile. Au Canada, les journalistes parlent de ce débat depuis peu et les études qu'ils nous présentent ne reflètent pas toujours la réalité. Pourquoi sommes-nous informés de la sorte? Est-ce que le travail des journalistes est fait correctement dans les règles de l'art? Pourquoi les médias cnadiens ont-ils négligé un dossier bien couvert en Europe? Nous essayerons de répondre à ces questions dans la partie suivante de ce texte.
E) Qu'est-ce les journalistes et les médias en ont fait ?
" La vérité est largement l’affaire d’explication et d’analyse "(1), c’est justement cela qui est en cause dans les problèmes des ogm. Plusieurs articles ont été écrites dans Le Monde et Le Devoir sur les effets nocifs du maïs Bt que subissaient les monarques. Ces textes font preuve d'une analyse
qui explique que les pesticides peuvent eux-aussi détruire les larves des papillons et que les examens isolés en laboratoire ne sont pas exactement semblables aux tests en champs.
Par contre, d’autre part, le peuple n’est pas toujours correctement informé par les médias parce qu’ils nous communiquent les mêmes informations sans rien développer. On constate, par exemple, que cela s’explique en partie par le fait qu’il y a deux fois moins de journalistes qu'avant pour réaliser le même travail... (3) Cela explique peut-être que le genre d’analyses citées plus haut (quoi que peu élaborées) n'apparaissent pas dans tous les articles. Par exemple, la Presse Canadienne a diffusé, lors de la conférence de Montréal, presque les mêmes informations jour après jour. On aurait pu faire des entrevues avec diverses personnalités sur les lieux et faire des recherches plus exhaustives. Quoi de mieux que des spécialistes pour nous parler des études réalisées sur le sujet? Ce journalisme de surface, qui apparaît dans les études, n’est pas toujours le reflet d'une analyse profonde.
Par ailleurs, en parlant de la tendance médiatique vers le sensationalisme, on signale que " Le danger, bien sûr, c’est que pour intéresser, on trafique les faits, qu’on les exagère ou qu’on les déforme "(1). Souvent, nous nous demandons si tout ce qu'on raconte sur les ogm et sur les études, ne sont pas que des affirmations un peu exagérées dans le but de nous intéresser à
lire davantage les journaux. Lorsque quelqu'un a des craintes sur un sujet comme celui là, il veut avoir le plus possible d'informations. C'est alors, qu'il développe un intérêt nouveau à cette lecture. Les médias aiment bien jouer avec cela. Ils affirment qu'ils veulent seulement nous informer. Au Canada, ils n'ont pas parlé des ogm avant un certain temps, pendant qu'en Europe c'était l'état de panique. Ils nous disent sans arrêt qu'aucune étude est réalisée sur le sujet et tout d'un coup, un article choc apparaît sur les monarques en danger. Tout cela dans le but de créer un intérêt chez les lecteurs. Alors, nous croyons que l'intérêt passant devant l'information pure est un problème pour l'objectivité.
Par exemple, une caricature en tant que telle a une valeur humoristique. De plus, le caricaturiste veut attirer l'attention des lecteurs sur un sujet. Mais, alors, la nouvelle n'est pas révélée à son sens propre. Elle est, plutôt, prise à la légère. Il faut se demander si ces tactiques font des médias des sources valables d’information.
" Or, loin avant toutes les autres qualités, c’est l’honnêteté (...) " (1). Est-ce que les journalistes ont été honnêtes avec la démonstration des études sur les ogm? Nous entendons par l’honnêteté, la volonté de véracité des informations que diffusées par eux, car ils ont une grande influence sur notre opinion. Plusieurs situations où l’honnêteté du journalisme médiatisé a été remise en cause, se sont produites au cours des années. Il faut distinguer entre les journalistes et les médias qui les emploient. Les conditions matérielles fournies aux journalistes peuvent affecter ‘’l’objectivité’’ des articles écrits par des journalistes qui se considèrent ‘’honnêtes’’.
Dans certains cas les journalistes ne sont pas bien informés ou ils ont mal utilisé leurs personnes-ressources. Par exemple, au Royaume-Uni une étude réalisée par Arpad Pusztai du Rowett Institute, sur l’effet nocif des pommes de terre transgéniques sur les rats, a produit une controverse. Cette étude a été réalisée sur 6 rats alimentés par les pommes de terres en questions, 6 autres rats injectés par la protéines faite par le légume transformé et finalement 6 derniers qui mangent des pommes de terre normales. Les rats nourris aux ogm ont leurs systèmes immunitaires faibles et certaines anomalies. Cette étude a été, ensuite, publiée en février 1999, dans le The Guardian. Quelque temps plus tard, le laboratoire a congédié le scientifique en question. L'institut où il travaillait était financé par Monsanto, un géant dans la production et la vente de produits transgéniques. Par la suite, une autre revue (The Lancet) publie les résultats, malgré le fait que dans le milieu les gens commencent à raconter que les méthodes employés ne seraient pas franches. L'homme en question n'aurait pas utilisé les pommes de terres mentionnées dans son protocole. Un peu plus tard, il avoua avoir arrangé les résultats finaux. Alors, pourquoi les journalistes ont quand même publié cette étude? Est-ce que les journalistes auraient pu prendre en considération ce détail lors de la publication? N'auraient-ils pas dû vérifier correctement les informations et faire une recherche sur la crédibilité du scientifique? Les journalistes ont-ils la possibilité matérielle d’effectuer ces vérifications?
Voilà un cas où on constate la vulnérabilité des journalistes et des médias vis à vis de leurs sources d’information. Cependant, cette tendance peut jouer dans les deux sens, pour et contre les ogm, les industries ayant de puissants moyens de diffusion d’informations reflétant leur point de vue.
Les journalistes et les médias sont soumis à " (…) l’influence que les sources d’information exercent ou tentent d’exercer, sur la couverture de l’actualité. " (2) Tout journaliste a besoin, pour se documenter, de sources d’informations crédibles. Mais les sources disent rarement la vérité, rien que la vérité et toute la vérité! C’est là le travail du journaliste et la responsabilité des médias..Quelques fois, nous pouvons remettre en doute la crédibilité des sources, surtout lorsque la majeur partie des textes repose sur des sondages commandés par des organisations ayant un intérêt particulier dans une question. En effet, dernièrement, le journal Le Devoir a publié une étude sur la biotechnologie. À l'intérieur d'un article intitulé "La science avant l'éthique, croient les Canadiens", le journaliste affirmait diverses éléments sur les ogm à l'aide d’un sondage commandée par Industrie Canada qui a à cœur le développement industriel. C'est comme demander au gros méchant loup, combien de jeunes filles sont mangées par année! Quelque temps plus tard, un autre article: "OGM : 95% des Canadiens veulent savoir ce qu'ils bouffent", toujours publié dans le même quotidien, contredisait complètement l'autre sondage. Qui, le lecteur, doit-il écouter et croire? Qui détient la vraie information?
F) Conclusion
En n’obligeant pas les commerçants à préciser dans l’étiquetage les produits qui contiennent des OGM, le gouvernement joue sérieusement avec notre santé. En effet, nous ne savons rien des effets à long terme de ces organismes. Après tout, la France a rendu obligatoire cet étiquetage, alors pourquoi pas nous ? En continuant de fermer les yeux sur cette situation, nous ne faisons que confirmer au gouvernement qu’il peut nous mentir et que nous acceptons d’être les cobayes des OGM.
" L’influence sociale des médias "
(2), est fortement lié à ce que les citoyens pensent. Il faut que les journalistes reconnaissent que leurs opinions et leurs manières de les présenter et des divulguer influencent le regard des gens sur les problèmes de société. Les médias ont la responsabilité de fournir aux journalistes les conditions matérielles permettant un travail valable. Trop souvent, les médias canadiens reflètent un point de vue industriel qui tient peu compte des besoins des citoyens.
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http://www.cab.qc.ca/biobulle.htm |
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www.monde-diplomatique.fr |
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Références |
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1) Revue Notre-Dame, décembre 1993, no.11, Florian Sauvageau, "L'idéal de la vérité reste très présent dans le journalisme" . |
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2) Les journalistes, les médias et leurs sources, J.Charron, J.Lemieux, F.Sauvageau, Edition Gatean Morin, 1991 |
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3) Recto-Verso, novembre-décembre 1997, no. 269, Mario Grenier, Conditions de travail des journalistes. |