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Le cégep

Métiers d'art

Maryse Chartrand

Pourquoi as-tu choisi le programme Verre, offert en collaboration avec Espace VERRE?  

Le verre me fascine. Sa nature dense fait l’éloge de l’apesanteur. Il se dit solide alors qu’il est fluide. Il se dit matière alors qu’il est lumière. Tout comme le vivant, il trouve son harmonie dans les contradictions qui le composent. Aucun autre matériau ne possède de tels attributs.

Qu’est-ce que le programme t’a apporté que tu ne soupçonnais pas? 

J'ai commencé ma formation avec le désir de travailler de mes mains. Je voulais sortir de ma tête, être dans le concret. Je ne réalisais pas que cela aboutirait  sur une nouvelle carrière.  C'est vraiment de l'ordre de la découverte d'une passion.

En quoi la formation a-t-elle changée ta vie?

Avec Espace verre, je trouve que ma formation a été très complète et de très haut niveau.

Quel a été ton parcours à la fin de tes études ?

La première année après ma graduation, j'ai surtout établi les bases de ma pratique : fonder une compagnie, voir à sa structure financière, monter un petit atelier, créer un site Web, produire et distribuer mon travail dans quelques galeries montréalaises. Les deux années subséquentes, j'ai été membre du programme Fusion, un incubateur d'entreprises en verre soufflé. À travers ce programme, j'ai beaucoup progressé dans ma démarche en verre soufflé. C'est aussi lors de ces deux années que s'est précisée la nature de ma pratique. Je fais davantage des pièces pour les galeries. J'ai participé à plusieurs expositions et je suis maintenant représentée à travers le Canada. Dans l'année qui vient, je vais déménager mes pénates en région, à Sutton. Mon atelier est présentement en construction.

Comme toi, de nombreux diplômés en métiers d’art travailleront à leur compte. As-tu des conseils à leur donner ?

Je crois qu'il est important de réaliser qu'il faut être multidisciplinaire. Le temps passé en atelier n'occupe pas la part du lion de mon temps. Pas encore, du moins. Il y a beaucoup à faire pour établir sa pratique. On doit être artiste, artisan, machiniste, rédacteur, comptable, gestionnaire, entrepreneur, etc. C'est beaucoup, mais c'est faisable. Il faut choisir ses batailles. Si on n'est pas fort dans un domaine, alors il faut trouver les ressources pour nous aider.

Parle-nous d’une œuvre ou d’un projet que tu as réalisé(e) et dont tu es particulièrement fière.

Présentement, je suis particulièrement fière de la progression de mon travail en verre soufflé. Mon travail, qui était basé sur une recherche esthétique, vient de basculer dans une expression très personnelle.
Ce que dégage et dit mon tout récent travail me touche. Voie lactée a été la pièce charnière de ce point tournant.

Photo : Voie lactée par Maryse Chartrand

Parle-nous de ta démarche artistique.

Ma démarche artistique est étroitement liée à la matière. C’est en travaillant le verre que mes pièces évoluent. Je pars avec une intention, mais surtout avec l’attente fébrile d’une découverte qui propulsera encore plus loin l’idée initiale. Je tiens à ce que le verre m’indique le chemin. Cette démarche empirique était d'une nature surtout esthétique jusqu'à tout récemment. C'est avec la pièce Voie lactée que j'ai pris conscience que le message au coeur de mon travail parlait d'une quête très profonde en moi. Mes formes de plus en plus encastrées dans du verre clair donnent l’impression de flotter dans l’espace, évoquant ainsi un sentiment d’apesanteur, de profondeur et de calme. Les voiles diaphanes qui y dansent rappellent le mouvement immuable des courants de la mer, l’infini de l’espace, le silence de la nuit. Figer ces formations éphémères est pour moi une manière de suspendre la course folle du temps. C’est suggérer un moment de trêve ou tout s’arrête enfin.

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