Saint François d’Assise

Le défenseur des pauvres et des déshérités

 Frédéric Thibault (Sciences humaines)

Giovanni Francesco Bernardone est né en 1182 à Assise, en Ombrie, au cœur de l'Italie du bas Moyen Âge.  Son père, Pietro de Bernardone et sa mère, Dame Pica, faisaient partie de la bourgeoisie féodale car Pietro était marchand de draps.  À cette époque c'est Frédéric Ier qui règne sur l'Italie jusqu'en 1190 ; puis lui succédera Frédéric II, en place jusqu'à la mort de saint François.  Il est important de mentionner que durant sa vie, c'est l'Église et la noblesse qui domine dans cette région et dans toute l'Europe.  Donc, les paysans et les femmes étaient les grands exclus et ce sont ces exclus que supportera François jusqu'à sa mort.  Nous pouvons peut-être faire une analogie avec son maître spirituel qu'était Jésus de Nazareth  car, lui aussi, était au service des pauvres.. Bien sûr, après la crucifixion de Jésus, naîtra le christianisme qui domine toute l'Europe du Moyen Âge.

L'activité économique en ce temps, en Italie, était le commerce international.  Produits alimentaires, matières premières pour l'industrie du textile, armes et métaux, Les Italiens faisaient le commerce de tout.  C'est dans cet esprit que saint François est formé par le curé de l'église San Giorgio à Assise.  Il reçoit un enseignement traditionnel, qui est, selon des historiens, peu adapté au nouveau monde que saint François est sur le point de découvrir.

Donc à vingt ans, en 1202, après avoir été dorloté par ses parents, vivant relativement bien, sans tracas, il lui a été permis de rêver à la chevalerie durant toute son enfance.  L'occasion était belle de devenir un héros quand la guerre entre Pérouse et Assise éclata.  Il combattit et fut fait prisonnier.  C'est peut-être à ce moment qu'il commença à réfléchir sur le sens de la vie et le pourquoi des choses.  Ayant été libéré quelque temps plus tard, il commence à ne plus voir les choses comme avant.  Son père est devenu pour lui un symbole de vanité et de mercantilisme poussé.  Les choses ne seront plus jamais pareil.  Ainsi, en 1206 il a une révélation, une voix annonciatrice l'appelle: "Va François, répare ma maison qui croule." Son esprit de rébellion et la découverte de la misère des gens l'ont probablement prédisposé à une révélation divine.

Toute sa vie sera illuminée de sainteté à partir du 24 février 1209.  Il a enfin compris son destin et il comprend alors le sens des conseils que Jésus donnait à ses apôtres:  vie errante dans la pauvreté pour être libre et prêcher à toute créature - il parlait même aux oiseaux - la bonne nouvelle de la Rédemption par le Christ.  Sa vie sainte est lancée.  La même année, il fonde, superficiellement, l'Ordre des Frères Mineurs avec douze amis, comme Jésus. Hasard ou destin?

Pendant huit ans, il se promène à travers l'Italie pour annoncer la bonne nouvelle en faisant vœu de pauvreté pour lui et ses acolytes.  Enfin, en 1217, une organisation à part entière, de dizaines de fidèles, est conçue et ceux-ci se regroupent sous l'Ordre des Frères Mineurs et autour de son fondateur, saint François d'Assise. 

En 1219, il pousse sa foi jusqu'en Égypte, où il espère convertir un sultan, sans succès.  Il en revient très malade.  Le 29 novembre 1223, il rédige les premières règles de l'Ordre: Régula Bullata.  La même année, le pape Honorius III approuve leur ordre et leurs règles.  En 1224, il écrit le Cantique du frère Soleil (Cantico di Frate Sole).  La même année encore, il reçoit les stigmates, souffrances horribles réservées aux personnes très pieuses.  C'est le début de la fin pour ce saint homme.  Peu avant sa mort, il rédige un dernier texte: Testament.  Il est décédé le 3 octobre 1226, à l'âge de 44 ans, d'une maladie inconnue, à Portioncule, petit village près d'Assise.  Aujourd'hui, nous pouvons affirmer que son père ne l'a jamais approuvé; il l'a même renié.  Par contre, sa mère croyait profondément en lui et en sa possible sainteté.  Également nous pouvons constater, suite à des recherches, que les papes Honorius III et Innocent III l'ont toujours supporté dans tout ce qu'il faisait.

En conclusion, ce n'est pas facile de devenir un saint dans la religion chrétienne. Saint-François d'Assise a toujours lutté, jusqu'à la fin, contre les injustices sociales.  Bravo saint François!  Je peux peut-être ouvrir le débat en mentionnant qu'il existe encore, selon moi, des personnes qui pratiquent la charité chrétienne, tout près de nous, à Montréal.  Pensez à “Pops”, le père Emmett Jones du Bon Dieu dans la rue.  Il est toujours possible d'être bon, même si la vie ne nous fait pas de cadeaux.

Le passé composé, vol1 no1 (avril 2000)

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