Gregor Mendel, moine et savant

 Danick Tremblay (Sciences Humaines)

Cheveux, yeux, nez, toutes ces caractéristiques nous sont transmises par les gènes de nos parents. On appelle cela l’hérédité. C’est-à-dire que tout être que nous sommes et que nous serons est transcrit dans le nouvel ADN de l’être que créent deux génomes sexuels dans la  conception d’un enfant. Les cours de cégeps que j’ai suivis, biologie et psychologie, entre autres, ont abordé le sujet de l’hérédité et un nom ressort chaque fois: celui de Johann Gregor Mendel. Mais à quelle époque a-t-il vécu? Qui était-il? Que nous va-t-il réellement légué pour que l’on puisse encore parler de lui aujourd’hui ? Voilà les questions que nous entendons explorer dans ce texte.

Mieux connu sous le nom de Gregor Mendel, son véritable nom de baptême est Johann Mendel. Il prit le nom de Gregor lorsqu’il fut ordonné prêtre en 1848. Né à Heinzendorf-sur-Odrau en Autriche, son père était un ancien soldat des guerres napoléoniennes. Vivant suffisamment bien, Mendel put faire des études à l’université de Vienne de 1851 à 1853.

Mendel se retira dans un monastère, puis devint prêtre à Brunn en Tchécoslovaquie où il commença ses expériences sur les pois en 1856. Pourquoi prit-il les pois? Parce que c’est une plante qui se reproduit  et qui grandit rapidement. Donc, Mendel, à partir de manipulations croisa deux familles de pois différentes pour en créer une nouvelle. Le croisement donna un hybride. Il se rendit compte que cet hybride avait des caractéristiques des deux plants parents. Une de ses caractéristiques était que tous les pois des plants hybrides étaient de couleur verte. Or, les plants parents étaient de couleurs différentes, l’un vert et l’autre jaune. Lors de la deuxième génération du plant hybride, une proportion de 3 / 1 des plants étaient verts (soit 3 verts pour 1 jaune ). C’est à partir de cela que Mendel émit ses premières hypothèses sur les facteurs dominants et récessifs. Il observa également d’autres caractéristiques visibles à l’œil nu, soit la couleur des fleurs, la longueur des plants, la forme des feuilles etc. Il recueillit ainsi une foule de données et publia un mémoire sur l’hybridation en 1864 qui passa malheureusement sous silence.

Il y a quatre notions que l’on peut tirer des expériences de Mendel: 1- Les variations de caractères héréditaires s’expliquent par les formes différentes que peuvent prendre les gènes. 2- Pour chaque caractère, tout organisme hérite de deux gènes, un de chaque parent. 3- Si les deux allèles diffèrent, l’un deux, l’allèle dominant, définira le caractère qui ressortira. 4- Il y a ségrégation des deux gènes de chaque caractère au cours de la formation des gamètes. (Ce qui veut dire que les gènes dominants et récessifs sont séparés en deux lors de la formation des spermatozoïdes et des ovules chez l’humain qui, comme on le sait, contiennent chacun 23 chromosomes qui sont les différentes caractéristiques de chacun des parents).

Mendel a donc ouvert les portes de la génétique moderne. En effet après plusieurs années, grâce à la découverte des traits dominants et récessifs, on peut comprendre pourquoi on a les cheveux bruns, blonds ou roux. On a défini ce qu’était un gène seulement après la mort de Mendel. C’est tout de même à ce dernier que l’on attribue les premières définitions de gène, même si ce dernier parlait de facteurs et non de gène. Mendel avait passé plus de 25 ans à étudier les pois, mais de son vivant ces travaux ne furent pas reconnus. Ce n’est que 16 ans après sa mort que d’autres chercheurs ont redécouvert ce que Mendel avait déjà découvert.

Johann Gregor Mendel mérite donc d’être intronisé dans l’histoire de l’humanité comme étant un précurseur dans le domaine des sciences. Nous sommes rendus à créer des nouvelles espèces par la génétique comme les tomates, les pommes de terres et une foule d’autres variétés de plantes. Les recherches de Mendel on fait bien du chemin depuis 1856. Montréal vient d’ailleurs d’être l’hôte d’un congrès mondial sur la modification génétique de certains aliments où l’on s’interrogeait, notamment, si il est juste de mettre ces produits en vente libre sur le marché mondial. Peut-être en avons-nous déjà mangé? Qui sait ?

Le passé composé, Vol.1, no2 (avril 2000)

© CVM, 2004