Les Forces armées révolutionnaires de Colombie – Armée du peuple

 

par Marie-Christelle Beaulieu.

 

Les origines

L’origine des Forces armées révolutionnaires de Colombie – Armée du peuple (FARC-EP) remonte aux années 1950, dans le contexte de l’ « autodéfense paysanne » organisée par le Parti communiste colombien. L’échec de la République indépendante de Marquetalia en 1964 fut l’élément déclencheur qui précipita la naissance de l’organisation. Le mouvement fut véritablement créé en 1966 par Manuel Marulanda Velez, qui en dirige toujours les opérations aujourd’hui. Les FARC sont un mouvement d'inspiration marxiste ayant pour principal objectif de former un « contre-gouvernement », une force à égalité avec le gouvernement en place.

L’organisation

Le mouvement des FARC est construit selon une dynamique militaire : c’est une véritable armée commandée et encadrée par des militaires. L’organisation compte entre 18 000 et 20 000 combattants1, principalement des paysans, opérant sur une soixantaine de fronts. Aujourd’hui, les FARC sont implantées presque partout sur le territoire colombien. On estime les ressources financières du mouvement à 140 millions de dollars par an2.

Moyens d’action

Les FARC comptent sur deux principales sources de financement : le contrôle de la culture de la drogue (et l’imposition d’une taxe sur la production de coca) et les enlèvements contre rançon. Cette dernière méthode, en plus d’être fructueuse, constitue également une monnaie d’échange pour les FARC. En effet, l’enlèvement de personnalités leur permet de négocier leurs revendications en sachant qu’ils possèdent un argument de poids pour faire fléchir le gouvernement. L’une des actions les plus notables des FARC ces dernières années fut d’ailleurs l’enlèvement de l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, Ingrid Betancourt, en février 2002.

Les principaux moyens d’action des FARC, outre les enlèvements contre rançon, comprennent des offensives contre des cibles militaires, des actions contre les banques d’État et les commissariats (utiles pour se procurer des armes et de l’argent), des attaques contre des objectifs économiques (notamment contre les installations pétrolières) et la guérilla urbaine. 

Le cas de l’Union patriotique

En 1985, les FARC formèrent un parti politique, l’Union patriotique (UP), pour faire suite à l’accord de cessez-le-feu signé avec le gouvernement de Belisario Betancur en 1984. Cet accord stipulait notamment que le pouvoir s’engageait à instaurer des réformes sociales, politiques et économiques, alors que les FARC s’organisaient politiquement. Aux élections de 1986, l’UP fit élire 350 conseillers municipaux, 23 députés et 6 sénateurs3. Cette victoire politique allait être suivie d’une terrible vague d’assassinats de dirigeants, de cadres et de militants du parti : 4 000 personnes perdirent la vie4. Cet événement contribua à relancer la violence dont firent preuve les FARC subséquemment.

L’évolution

Le mouvement des FARC est encore très fort aujourd’hui en Colombie. Les positions totalement opposées du gouvernement et de l’organisation terroriste (le pouvoir ne veut rien concéder aux FARC ; les FARC ne veulent rien savoir d’un compromis) font en sorte que les actes violents déchirent toujours la Colombie. L’issue de ce combat entre les deux puissances internes reste donc à venir.

© CVM, 2004

 

Notes

1 : Le Monde Diplomatique : 50 ans de guerre en Colombie.

2 BALENCIE, Jean-Marc et Arnaud de la Grange. Mondes Rebelles, Paris, Michalon, 2001. pp. 122-124.

3 : Le Monde Diplomatique : 50 ans de guerre en Colombie.

4 Idem.

 

Bibliographie complémentaire :

Le site : Forces Armées Révolutionnaires de Colombie.