Le portfolio étudiant

par Charles de Mestral, Cégep du Vieux Montréal.

Le portfolio est une présentation, maintenant possible sur support numérique, de la démarche éducative d'un étudiant ainsi qu'une sélection représentative de ses meilleurs travaux. 

Le portfolio classique était celui de l'étudiant en arts visuels qui se présentait à l'École des Beaux Arts avec le recueil de ses dessins et tableaux. Le portfolio étudiant se signale, actuellement, comme un élément central du processus éducatif. Depuis quelques années, on découvre l'intérêt et la commodité pratique de réunir les meilleurs travaux d'un étudiant en vue de l'inscription universitaire. Les moyens numériques fournissent un support multimédia approprié à cette fin.

Par le suite, dans le contexte de l'enseignement par objectifs ou habiletés, on a reconnu le portfolio comme pôle central du processus éducatif. Essentiellement, l'étudiant est le responsable autonome de son portfolio. Si la principale motivation est la réussite de l'admission à l'université ou l'insertion professionnelle, le fait d'y recourir incite à prendre en main, de façon réfléchie, sa propre démarche éducative.

Ce qui ne veut pas dire que l'on se rend indépendant du cadre pédagogique institutionnel, au contraire. Mais produire à la fois pour les yeux de ses premiers correcteurs, les enseignants, et pour des yeux extérieurs - amis, parents, professeurs d'université ou employeurs éventuels - est une motivation importante qui ajoute au sens existentiel de la démarche éducative.

À ce titre, le fait de situer le portfolio sur l'Internet, bien que n'étant pas une nécessité, fait sentir le regard d'autres personnes, amis ou parents, en premier lieu, mais ensuite celui de n'importe quel usager du réseau internétique international, réunissant des internautes potentiels francophones ou francophiles du Sénégal à Madras. On profite ainsi de la nature intrinsèque de l'Internet qui se révèle un puissant média de communication entre des individus et des groupes ayant des intérêts communs. Il agit comme une sorte de téléphone communautaire, à l'encontre des médias monopolistiques, tels que la télévision.

Plusieurs institutions ont intégré le portfolio étudiant dans le parcours éducatif. Au programme Arts et lettres du Cégep François-Xavier-Garneau à Québec (Canada), l'étudiant constitue un "cartable électronique" sur l'Internet à travers ses années d'études.1

La Nova Scotia Community College (NSCC, Collège communautaire [d'enseignement professionnel] de la Nouvelle Écosse, au Canada), a fait un pas de plus en en faisant l'axe principal d'études dans tous les programmes de l'institution qui se définit, essentiellement, comme un "collège-portfolio".2

À l'intention de ses étudiants, cette institution affirme ce qui suit. 

"Les principaux aspects de l'apprentissage par portfolio sont :

" * L'étudiant lui-même. Il s'agit de se présenter tel que l'on est dans la vie de tous les jours.

" * Il s'agit d'un processus. On produit un cartable, un CD, un vidéo, un autre médium quelconque, mais l'accent est mis, dans l'apprentissage par portfolio, sur l'expérience vécue de la démarche.

" * Le processus est sans fin. Pour des raisons académiques, nous aurons à décider si l'étudiant doit compléter le portfolio avant la diplomation. Cependant, l'apprentissage par portfolio ne se termine jamais, il se transforme à travers les étapes de la vie. C'est cela, le processus d'apprentissage continu.

" * On ne vit pas son portfolio tout seul. Le collège communautaire réunit un ensemble de personnes-ressources compétentes, y compris des créateurs de portfolio. Elles sont passées par là et y sont encore. De plus, elles sont là pour fournir de l'assistance, des conseils et de l'aide à la réflexion... "

(Traduction de Charles de Mestral)

En résumé, le portfolio étudiant revêt diverses formes. On peut s'en tenir à la production d'un CD représentatif aux fins de l'admission à l'université ou bien y accorder une importance centrale dans le processus éducatif. Quoi qu'il en soit, l'intérêt et la dynamique incitative de cette démarche relève de deux fondements incontournables: l'autonomie éducative de l'étudiant et son intention de communiquer au delà du cadre institutionnel.

 

Mode d'emploi

On peut constituer un portfolio comme le recueil de ses meilleurs travaux sur un CD. On peut également en faire un site Web. Le mode d'emploi suivant propose un modèle mixte simple, sur CD, en format de haute qualité et/ou en format de site Web, de qualité réduite, selon les exigences de la transmission par l'Internet.  

Divers formats, logiciels ou "coquilles" prédéterminés existent pour encadrer la démarche. Nous proposons un outil simple qui a l'avantage actuel d'être très largement utilisé et disponible, à savoir le logiciel WORD pour la constitution des pages de texte, soit en code internet HTML, soit en format texte standard (.doc). On peut y relier des documents en formats divers: graphiques, sonores et audiovisuels. D'autres logiciels de création de pages et sites Web existent. WORD a tout simplement l'avantage d'être largement disponible.

Si on vise la diffusion sur l'Internet, deux principes doivent être respectés : 1 - la constitution de documents en format léger, dont la qualité est nécessairement moindre, afin d'assurer la transmission rapide par le réseau; 2 - le choix de formats standards dont la majorité des usagers possèdent les logiciels nécessaires à l'ouverture, ce qui évolue rapidement, faut-il le dire. Si on ne vise pas l'internet, mais un portfolio sur CD, on a l'avantage d'enregistrer des documents en format de qualité supérieure. Rien n'empêche de constituer un portfolio version Internet et une version haute qualité sur CD, le premier se produisant rapidement à partir du deuxième.

À l'origine, la particularité du code HTML (encodage propre aux pages web) était de fournir un code universel, standard et multimédia. L'emploi actuel d'autres formats (textes, images, sons, vidéos) n'est souhaitable que si les lecteurs potentiels possèdent les logiciels nécessaires au décodage de ces formats divers.

 

Étapes (format page web, sur serveur ou sur CD) 

1. Sur un espace-mémoire du disque rigide, enregistrer un "nouveau dossier" nommé portfolio de Jean(nne) Un(e)tel(le). Ce dossier contiendra tous les éléments du portfolio. Pour la constitution d'un site Web, il n'aura qu'à être transféré sur le serveur du fournisseur Internet.

2. Dans ce dossier, enregistrer sa "page d'accueil" créée à son goût par WORD ou un logiciel de création de pagesWeb. Pour le format site Web (réel ou sur CD) enregistrer cette page sous format page Web (page HTML) avec le nom de fichier " index.htm ". (Il n'est plus absolument nécessaire de le faire sous forme de code HTML, comme on l'a expliqué plus haut.)

3. Sur la page d'accueil, créer des liens "locaux" ou "relatifs" vers les diverses pages Web, pages de texte ou documents graphiques, sonores ou audiovisuels, du portfolio. Afin de créer des liens, voir dans WORD, sur la barre de menus supérieure: Insertion/ Lien hypertexte/ et inscrire le nom du fichier (pas encore son adresse http://,  "URL ", voir point 7, plus bas) dans la fenêtre à cette fin. Attention : les noms de ces fichiers doivent contenir l'extension-suffixe qui identifie le type de document (ex : page deux.htm, musique.wav, image.jpg, video.mpg, etc.)

4. La page d'accueil peut être décorée avec des images en insertion (faire: Insertion/ Images...). Aussi, on peut en modifier l'arrière-plan (voir : Format/ Arrière-plan...) Attention : la couleur ou les images de l'arrière-plan ne doivent pas empêcher la lecture facile de la page. De plus, à l'affichage chez l'usager, l'apparence de la page peut différer de l'apparence chez le producteur, qui ne dispose pas nécessairement de la même largeur d'écran, des mêmes logiciels, etc. Aussi, l'arrière-plan est techniquement indépendant du texte, comme la tapisserie derrière un tableau sur un mur. Les mots de la page ne tomberont pas toujours au même endroit par rapport à une image d'arrière-plan.

5. Les éléments décoratifs d'une page se situent normalement dans un dossier relié à la page (intitulée, par exemple, " page_fichiers ", par rapport à la page nommée "page.htm"). Il faut créer et, ensuite, enregistrer ces éléments décoratifs dans ce dossier avant de les insérer à la page

6. Il est possible de créer des "liens internes" permettant au lecteur de se déplacer sur une même page, par exemple, à partir de la table des matières au début de la page. Ces liens se font vers des "signets" identifiant un emplacement à la page. Dans WORD, dans un premier temps, il faut créer et nommer un signet (faire, à la barre des menus supérieure: Insertion/ Signet). Dans un 2e temps, il faut créer le lien vers ce signet par Insertion/ Lien hypertexte/ en indiquant "l'emplacement dans le fichier" du nom du signet, créé préalablement.

7. On peut également situer des liens hypertexte vers des adresses extérieures sur le réseau international (appelées URL. Par exemple : http://www.cvm.qc.ca.) 

8. Les documents graphiques doivent être traités d'avance dans un logiciel comme Photoshop et enregistrés en format léger, pour une version Internet ( ex : .jpg qualité "compact") si on veut un site Web fonctionnel, efficace et rapide. Les documents sonores  .wav sont relativement lourds en qualité CD (10 Meg par minute.) Il est préférable d'en baisser la qualité, par exemple: échantillonnage à 11K, en monophonie, pour diffusion par Internet, ou dans un format Internet, ex RealMedia, WindowsMedia. Les documents vidéos sont lourds et peuvent être en formats divers. Pour l'Internet, il faut un format léger, par exemple: .mpg, ou bien .mov (QuickTime) compression Sorensen, version1.

 

Ressources

Voir, pour des ressources en ligne sur le portfolio, une page avec la collaboration de Robert Bibeau :  http://ntic.org/guider/textes/portfolio.html.

 

© CVM, 2004

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1 : Voir le site du programme Arts et lettres du cégep FX-Garneau.

2 : Voir le site du Nova Scotia Community College.