Delphine Abadie

17/02/98

 

Mais, le temps existe-t-il ?

Selon Sénèque dans sa Lettre à Lucilius, le temps est un élément fuyant, que l'on nous prend, qui nous échappe, que l'on perd par négligence. Pourtant, seul le temps est à nous. Il est le seul bien dont nous sommes totalement possesseur. Il suffit de se revendiquer possesseur de, finalement, soi-même c'est-à-dire du temps.

À mon avis, le temps est abstrait et nous ne pouvons ni le posséder, ni en être possédé: il est une invention de l'homme, de la société.   Qu'est-ce que le temps si ce n'est une suite d'heures, de journées, d'années. Or, ces derniers sont des moyens que l'homme utilise pour nommer un concept abstrait. Le temps est défini par nos sens uniquement par une succession d'ensoleillement et d'obscurité, soit le jour et la nuit. Par exemple, un homme, habitué à la vie normale, perdra vite la " notion du temps " si on l'enferme dans une caverne n'ayant pour éclairage que la flamme d'une bougie. Le temps ne peut donc ni nous échapper, ni nous contraindre puisque l'invention ne peut régir la vie de l'inventeur. Ce n'est pas le temps qui nous coule entre les doigts, mais les heures, puisque celles-ci sont une portion d'un tout, la journée, et que la journée est divisée par des règles, des devoirs et des obligations qu'une société nous a dictés. Si l'histoire n'avait pas décidé qu'une journée a 24 heures, une année 365 jours, un siècle 100 ans, la conception que l'homme aurait du temps serait totalement différente. Si l'horloge n'existait pas, le temps ne serait pas symbolisé par cet objet, utilitaire à notre époque uniquement car la société cherche à établir une norme qui rendrait l'homme et son usage du temps identique à celui de son voisin.

Chacun fait usage de son temps comme il lui semble bon. Sénèque disait de se saisir de chaque heure, de s'emparer du jour présent. Carpe Diem. C'est la seule façon, à mon avis, d'affronter le temps, puisque l'infinité d'instants qui précèdent et succéderont à l'instant présent, finiront par former la vie qui, finalement, est beaucoup plus que du temps qui a passé.