Philippe Bériault

22 avril 1998

 

Le doute modéré

Les hommes possèdent la capacité de penser, de raisonner et de douter. C'est à dire qu'ils savent remettre en question des principes établies. Mais cette formidable capacité de comprendre et de douter de ce qui les entoure s'accompagne aussi d'un côté négatif. Par l'exercice de leurs pensées, les hommes se rendent compte qu'il ne peut être sûr de la majorité de ce qu'il conclut . Un problème survient donc : qu'est- t - il possible d'avoir la certitude et que devons nous faire en présence d'une éventuelle incertitude ? Selon Montaigne, l'homme ne peut se fier ni a ses sens ni à sa raison pour découvrir la vérité et suggère donc de suspendre son jugement.

Selon moi, l'homme doit douter de la plupart des choses qui l'entourent mais doit en douter modérément et ne doit pas toujours suspendre son jugement, car la raison n'est pas complètement inutile, nos sens sont efficaces et de douter trop et ne rien faire peut rendre malade.

Premièrement, pour ce qui est du doute face à la capacité de nos sens. L'important est de savoir que nos sens nous renseigne en temps normal des informations indéniables. Si par exemple je sens une sensation de douleur en présence d'une flamme, je suis sûr qu'elle peut être dommageable pour mon corps comme des lésions ou des rougeurs. Dans le cas ou notre corps nous informe d'un malaise de ce genre il serait alors inconscient de suspendre son jugement et de ne rien faire. Heureusement que notre corps se protégera automatiquement sans l'usage de la raison car les dommageables peuvent être irréparables. D'autre part, la totalité de nos activités quotidienne nécessite le fonctionnement parfait de nos sens, et la présence d'un problème est facilement perceptible. Il est donc claire que nos sens sont efficaces.

Deuxièmement, la raison comporte ses failles mais ne doit pas être suspendue. Peut-être bien que la raison amène les philosophes à des conclusions contradictoires mais il n'y a pas une infinité de possibilités au raisonnement de ceux-ci. La plupart du temps ils peuvent comporter que cinq possibilités: pour, plus ou moins pour, pour et contre, plus ou moins contre et contre. Il est vrai qu'il est difficile de considérer une philosophie comme la vérité absolue mais on doit choisir une d'eux sinon autant rester coucher chez soi et ne rien faire.

Troisièmement, il ne faut pas douter de l'utilité des actions du quotidien. De douter de la moindres de nos actions amèneraient sûrement à la folie. Comment pourrait- t- on vivre sainement si la moindre action demande une réflexion et ensuite un suspend du jugement? On suspendrait son jugement parce qu'on ne peut être absolument sûre, si que l'on fait à réellement du sens et est la meilleure chose à faire ? Suspendre son jugement amène à ne jamais rien faire, et c'est inutile dans le quotidien. En effet, il faut la plupart du temps essayer quelque chose pour savoir si en effet cette potion était réellement avantageuse.

Pour conclure, je pense qu'il est inutile de douter de nos sens car ils sont des outils indispensables et très fiables pour nous informer de ce qui nous entourent. De plus, la raison de l'homme n'est peut-être pas parfaite mais pas inutile et de douter du quotidien amène à rien faire car on ne peut savoir ce qui est réellement la meilleure action à accomplir. Il faudrait peut-être réfléchir si cette faculté de penser qui nous a été offert est réellement avantageuse pour nous.