Catherine Boily

Avril 1998

 

Tolérer la cruauté? Jamais!


La cruauté est très présente chez certains êtres humains. Ils font preuve de sadisme et en retirent souvent du plaisir.  Le marquis de Sade affirmait que les personnes souffrant de perversions n'avaient rien à y voir et qu'elles ne faisaient que les subir.  Selon lui, les penchants pervers sont déterminés par la nature et il faut donc les tolérer. Cependant, on peut se demander s'ils sont réellement conséquences de la nature.  Dans l'affirmative, doit-on les accepter et jusqu'à quel point?

 Dans ce texte, je démontrerai que la cruauté n'est pas naturelle et que par le fait même, il ne faut pas l'accepter. Il est possible qu'elle soit explicable, mais jamais acceptable.

 Tout d'abord, la cruauté n'est pas innée.  Tout nouveau-né a des caractéristiques physiques déterminées et même quelques caractères psychologiques, mais la cruauté n'en fait pas partie.  Qu'est-ce qui fait alors qu'une personne sera sadique et une autre non?  Aujourd'hui, après de multiples années de recherche, les psychologues et leurs confrères s'entendent, à quelques exceptions près, sur la même explication.   Ils croient que l'enfance joue un grand rôle dans le développement de la personnalité.  Par la même occasion, les comportements anormaux seraient le résultat de traumatismes infantiles.  Les grands psychopathes ont souvent fait l'objet de longues études.  Des points communs ont alors été constatés.  La plupart d'entre eux avaient eu une enfance difficile: rejet de la mère, violence sexuelle, etc.  La cruauté de ces criminels n'est donc pas présente à leur naissance, mais bel et bien le fruit d'une enfance anormale.

Ensuite, la cruauté est sans fondement et il ne faut donc pas l'accepter. D'accord, les gens peuvent devenir, pour des raisons qu'ils ne contrôlent pas, sadiques.  Par contre, cela ne les excuse point lorsqu'ils commettent des actes affreux.  Un couple ayant des tendances sexuelles sadiques a le droit de faire ce qu'il veut.  Ils sont des adultes consentants et on ne peut rien y faire.  Malheureusement, les gestes cruels sont plus souvent faits aux dépends de gens non consentants.  Ceux-ci deviennent des victimes souffrant pour le plaisir d'autrui.  Peut-être que l'agresseur n'y voit aucun mal et ne fait que rechercher son plaisir.  On peut tenter de comprendre pourquoi il a agi ainsi.  Souvent, on trouve des explications dans ce qu'il a subi plus tôt dans sa vie.  On peut alors essayer de le soigner.  Cependant, il est crucial de faire la différence entre comprendre pourquoi une personne pose des gestes inacceptables et les tolérer.   La cruauté ne devient admissible en aucun cas...

Nous nous sommes demandés si la cruauté pouvait être naturelle et si oui, devrions-nous l'accepter?  Nous avons vu que la réponse à ces deux questions est non.  Premièrement, la psychologie prouve que les comportements comme la cruauté sont un résultat d'événements graves et anormaux s'étant produits pendant l'enfance.  Ces comportements sont donc des acquis.  Deuxièmement, ces comportements pathologiques peuvent être expliqués, mais il ne faut pas les accepter pour autant car des gens en sont victimes.  Ne faudrait-il pas accorder autant d'importance à la prévention de ces comportements qu'à leur tolérance?