Le 26 février 1998
Platon ou l'homme de Cromagnon ?
Suite à la lecture de "Le Banquet", je suis d'accord avec ces étapes dont Platon nous fait part. Il nous faut d'abord apprendre à aimer la beauté extérieure, voilà le chemin qui mène vers l'apprentissage de l'amour pur, celui de l'invisible, c'est-à-dire la beauté de l'âme. Malheureusement, la majorité des êtres humains n'arrivent pas à cette dernière étape.
Mystérieusement (et malheureusement ), par l'or, la parure, les beautés chargées de chairs, de couleurs et de cent autres artifices périssables, nous pourrions presque croire que Platon a vécu à notre époque ; époque d'une société ayant apprise à consommer et tristement oublier d'aimer. On en arrive à confondre l'amour en un "trip" du moment présent et par le fait même oublier le moment qui suit, alors que l'amour véritable, même en son moment présent, devient alors une éternité en soi.
D'ailleurs, comme on nous a appris à consommer, "un je t'aime sur l'oreiller" ne veut pas dire je t'aime, ça veut dire : j'aime ça ! Cette fausse idée de "l'amour véritable", nous viendrait-elle de ce que, consommateur que nous sommes, partout où se posent nos yeux, on nous vend l'image tout en nous laissant croire que c'est ça le véritable amour. Cette vision de l'amour, débutant son chemin à notre il et s'échouant à la rétine, n'atteindra jamais le fond de notre âme.
En conclusion, il nous faudrait comme le disait Platon, à partir de nos sens, se dépasser soi-même pour vivre l'amour véritable. Sinon, cet amour ne se limitera qu'à une beauté qui n'égale qu'un paquet de peau sur des os. Et vive l'homme de cromagnon!