Cathy Seyer

1997

 

Notre sphère de croyances est-elle parfaite?

La croyance est un état mental que l’être humain possède. Qu’elle soit consciente ou inconsciente, elle consiste à considérer que quelque chose est vrai. On en vient à faire un ensemble de nos croyances et à former notre sphère de croyances qui est constamment en évolution. Cependant, on peut se demander si nos croyances sont totalement vraies. Au fond, même après plusieurs modifications, notre sphère de croyance peut-elle être parfaite?

Dans ce texte, j’essaierai de montrer que notre sphère de croyances est imparfaite. L’ensemble de nos croyances ne peut être rationnellement justifiée et être totalement véridique.

Nous pouvons établir nos croyances à partir de plusieurs méthodes. La plupart de celles-ci sont sujettes à des erreurs. Selon Peirce, la méthode scientifique est supérieure aux autres. Cette méthode peut être rationnellement justifiée mais, elle n’est pas à l’abri des révisions puisqu’elle fait constamment des progrès. Du côté médical, le progrès est énorme : plusieurs maladies, qui ne pouvaient être soignées il y a quelques années, peuvent l’être aujourd’hui. Mais, c’est à cause de ces progrès que même la science, qui est supposée être supérieure aux autres, ne peut être véridique. Si on se place dans le contexte où une affirmation est faite, celle-ci est vraie. Par contre, nous pouvons nous apercevoir que l’évolution apporte une toute nouvelle version de cette même affirmation.

Même après avoir développé son esprit critique et après avoir fait plusieurs modifications dans notre sphère de croyance, il est impossible d’arriver au moment où notre sphère n’a plus besoin de modifications, qu’elle est infaillible. Selon Pierre Blackburn, notre sphère peut être modifiée à cause de nouvelles expériences, de nouvelles observations, de nouvelles théories ou de nouvelles réflexions. Tout au long de notre vie, tout cela s'ajoute les uns aux autres car on ne cesse de faire de nouvelles expériences qui changent notre perception des choses. Ensuite, il est impossible de faire toutes les modifications nécessaires car, comme le dit si bien M. Blackburn, nous avons nos limites personnelles. Chaque personne n’a pas toutes les connaissances requise pour arriver à des conclusions efficaces.

Selon Charles S. Peirce, le problème de la croyance fait immédiatement surgir le problème du doute. Car, si je crois en quelque chose et que quelqu’un d’autre croit le contraire, c’est qu’il doit avoir une bonne raison d’en douter. Il ne faut pas oublier que le doute vient de la raison. La raison sert à distinguer le bien du mal en fonction de nos propres valeurs. Mais, les valeurs varient selon chaque personne. D’après moi, l’amour est quelque chose de fondamentale et, pour quelqu’un d’autre, c’est tout à fait le contraire. Cette perception des choses peut faire varier nos croyances et nous faire penser qu’elles sont véridiques, tandis qu’elles ne le sont pas. Puis, la raison en elle même peut varier. Je peux agir de tel manière parce que j’ai mes raison , tandis qu’une autre personne agit d’une autre manière car elle a ses raisons. Étant donné que nos croyances ne sont pas basées sur quelque chose de stable, elles ne peuvent être véridiques.

Nous nous sommes interrogés sur la véracité de notre sphère de croyances. Nous avons vu que notre sphère ne peut pas être parfaite. En premier lieu, ce que l’on croit qui est vrai aujourd’hui, peut ne pas l’être dans trente ans. En deuxième lieu, nous ne cessons de faire des modifications. Enfin, nos croyances ne sont pas basées sur quelque chose de solide. Pour aller plus loin, il faudrait se demander si nous pouvons améliorer nos croyances.

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