Jonathan Bourget

2 mars 1998

 

L’argumentation de Criton

Vers la fin de sa vie, Socrate se fait emprisonner pour sa trop grande perspicacité. Son emprisonnement, bien qu’il soit injuste et sans fondement, lui coûtera la vie. Un de ses élèves qui l’aimait particulièrement vint le rencontrer un matin dans sa prison pour le convaincre de s’évader avant qu’ils le tuent. Mais il échouera sa tâche par ses mauvais arguments.

Pour commencer, il faut dire que cet élève qui voulait sauver Socrate s'appele Criton. Mais la question est: veut-il réellement sauver Socrate lui-même ou veut-il sauver tout l’entourage de Socrate. Lors de leur rencontre, Criton donne à Socrate trois arguments pour qu’il s’enfuie: ce sera un grand malheur, car tu m’es irremplaçable, on peut payer ton évasion, car elle nécessite peu d’argent et tu dois assumer son instinct de survie et de père de famille. Alors que le premier argument de Criton n’est qu’un altruisme de sa part, le deuxième, une insulte à la véritable valeur de Socrate, ce n’est seulement le dernier argument de Criton qui est le plus crédible.

Premièrement, Criton dit dans sa troisième idée que Socrate est la victime d’une injustice et qu’il serait triste de perdre un si grand maître pour cela. Cette idée est relativement bonne, mais Criton le soutiendra avec deux arguments qui ne feront que l’affaiblir. Il dit à Socrate que de ne pas s’évader serait de seconder ses ennemis et que ce serait irresponsable vis-à-vis de ses enfants. Ses arguments ne sont pas que moyennement bon, mais totalement médiocres. Premièrement, le premier argument est erroné parce que c’est justement lorsque tu commets une injustice pour te délivrer d’une autre injustice que tu deviens aussi coupable que ton assaillant, d’où rien ne sert de combattre le mal par le mal de peur de devenir soi-même malin. Deuxièmement, parce que le deuxième ne concerne pas Socrate lui-même, mais ses enfants. C’est comme si quelqu’un te disait:  " Ne te suicide pas parce qu’il va y avoir du monde qui vont être triste en lisant le journal. " Socrate défait cet argument de deux manières en disant mes enfants ce n’est pas moi et en soulignant que les enfants étaient mieux de grandir avec l’idée d’un père juste victime d’une injustice que d’avoir un père injuste à leur côté. Et finalement Criton élimine tout ses espoirs de convaincre Socrate avec son idée en mettant deux arguments qui n’ont pas de liens ensembles.

Pour conclure, il n’y a rien d’autre à dire sur la valeur et la justesse des arguments ou plutôt des sophistes de Criton qui doit faire encore un petit bout de chemin avant de devenir un maître de la philosophie comme Socrate.