Nicolas Lamy

05/04/98

 

Sans titre

Les hommes plus ou moins instruits se sont, depuis des temps bien reculés, questionnés sur la condition humaine. Des questions portant sur le but de la vie de l'homme. Dans le texte présenté, Aristote voit la question sous l'angle du bonheur en demandant comment le bonheur est le but de toutes choses, et, en faits, qu'est-ce que le bonheur? Je verrai comment Aristote suit un raisonnement que je partage, mais que la conclusion diverge. La quête de l'homme selon Aristote, c'est d'atteindre le bonheur. Cependant, comme dans chaque art il y a un bon différent, chaque action, un bien différent, il en résulte qu'il y a plusieurs moyens d'atteindre le bonheur. Parcontre, le bonheur recherché, selon le texte, c'est le bonheur suprême. Celui se défini comme un bonheur qui ne se vise pas dans le but d'en atteindre un autre, mais bien pour lui-même. L'auteur note aussi que dans la quête du bonheur, une vertu est recherchée dans le but de vivre le bonheur par son moyen, mais qu'on ne cherche pas le bonheur pour vivre une vertu. Il poursuit en tentant de déterminer ce qu'est ce bonheur pour l'homme. Il affirme que chaque métier ayant un but productif, la vie de l'homme se doit peut-être d'en avoir. Mais qu'est-ce qui pourrait être particulier au genre humain? pas l'accroissement et la nutrition, dit-il, le règne végétal le partage; pas un but des sens, les animaux le partage; ainsi ce serait un but de la raison. Donc le but de l'existence serait une activité de l'âme dirigée par la raison. Il termine en disant que un moment de bonheur ne rend pas un homme heureux pour autant.

De mon coté, je commencerai en disant qu'Aristote ne répond pas vraiment à la question du but de la vie humaine. Peut-être détermine-t-il avec exactitude ce qu'est le bonheur et la recherche du bonheur ultime, mais il ne donne pas la raison de l'existence de l'homme. En effet, si ses dires sont exacts, l'homme épanoui atteint le bonheur suprême, après une démarche de la raison. Mais une fois cet état atteint, que fait-il? Il se complait dans son état jouissif pour toujours? Voilà qui nous ramène à la case départ : qu'elle est le but d'atteindre le bonheur suprême? Voilà qui se révèle bien embêtant... N'importe qu'elle théorie portant sur le but de l'existence mène à ce cul-de-sac absurde, et ne font que continuer les tourments du philosophe. Un autre point que je voit pas de la même manière qu'Aristote est son opinion sur les moments de bonheur.

Pour ma part je crois qu'il ne peut y avoir de bonheur total et infini, mais que le seul bonheur auquel il est possible d'accéder, c'est que de simple moment de bonheur, plus ou moins long, de plus ou moins grande intensité, mais des moments seulement. J'imagine déjà que quelqu'un pourrait répliquer que si je vivrais une des situations qui me plonge dans un moment de bonheur, mais que celle-ci durerait pour l'éternité, mon bonheur le serait tout autant. Et je dirais, c'est faux. Car une personne plongé dans un état plaisant pout toujours viendrait à le banaliser, à le prendre pour acquis, et ainsi perdrait le sentiment de bonheur. C'est ainsi que je peut dire que le bonheur suprême est passager, tel une drogue auquel on acquiert une tolérance. Et c'est ainsi que je voit la conclusion qu'Aristote a fait de sa réflexion sur le bonheur suprême, le but de la vie. Un but qui en faits n'en est pas un, et une situation qui se nit elle-même.

Ainsi nous ne nous sommes pas même le moins du monde approché de trouver réponse à la question qui tourmente les esprits depuis longtemps. A la lumière de ce qui a été dit, je croit que se poser la question est futile, tellement la réponse est hors de notre portée, mais aussi elle s'impose, car sans cette question, notre propre présence est remise en question.