Pascale Lavoie Scott

1997

 

Qui est donc le sage ?

Dans l’Apologie de Socrate, Socrate se retrouve devant le juge pour expliquer ce que lui a valu tant de calomnie. Il en vient à donner une explication pour justifier l’affirmation qu’il a faite de lui-même en se déclarant le plus sage des hommes d’Athènes. En ce sens, est-ce que l’homme sage est celui qui a reconnu que la sagesse n’était rien et du même coup, celui qui se déclare sage de son ignorance?

Dans l’Apologie, Socrate démontrera la vérité de cette affirmation. Lorsque la pythie dira à Khairéphon que Socrate est le plus sage des hommes, celui-ci se questionnera à savoir pourquoi serait-il plus sage que tous les autres, et pour ce faire il ira voir des hommes très bien considérés en tant que sages et se rendra à l’évidence qu’ils ne le sont pas : étant tellement sûrs d’eux, ces hommes qui prétendent tout savoir provoqueront toute cette calomnie de par leur frustration envers Socrate. Cet homme tenta de leur expliquer qu’ils n’étaient en réalité pas plus sages que les autres et que lui l’était davantage pour de simples raisons. Un, la sagesse n’est rien, donc il n’y croit pas et ne s’y contraint pas et deux, le sage est celui qui prétend ne rien savoir. Sur ces deux principes, Socrate établira en fait que tout homme est sage s’il pense de cette façon.

En premier lieu, l’ignorance ne fait qu’agrandir le champ d’apprentissage. En effet, si nous savions tout, il ne servirait à rien d’apprendre. Je crois qu’être convié à l’ignorance nous permet d’avoir la chance d’avoir toujours plus a découvrir et, pour en venir à mon prochain argument, développer une fervente volonté de s’émanciper au sein de la connaissance. Avoir un regard émerveillé face à toute cette matière à comprendre n’est-il pas justement une marque de sagesse ? J’irais pour un oui, car le sage est peut-être celui qui ne s’est pas mis de contraintes et qui n’a pas cessé d’être surpris au fil de ses découvertes toujours grandissantes. De plus, si un homme se prétend sage sans marge à la critique personnelle de sa condition, c’est qu’en réalité il ne l’est pas. Effectivement, le sage n’a pas besoin de prétendre son statut et de s’écraser sur son titre, car celui-ci doit, selon moi, remettre continuellement son être en question et ne jamais croire sans rémission en quelque chose, ce pourquoi je serais d’accord avec Socrate lorsqu’il affirme que la sagesse n’est rien.

Bref, l’ignorance est nécessaire à un apprentissage continu, tout sage n’a pas de titre, il ne fait que ne pas croire à la sagesse et ne pas se contenter de sa connaissance. En fait, je suis d’accord avec l’énoncé de Socrate et j’espère continuer mon apprentissage encore longtemps.

(463 mots)