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Formation régulière

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Langues de travail et modes de communication

La surdité n'est pas un état homogène. Les différents types de surdité entraînent des besoins particuliers en matière de communication. En conséquence, les services d'interprétation varient selon les besoins de l'étudiant sourd. Il y a deux grands modes d'interprétation.

A) L'interprétation français-LSQ ou anglais-ASL

Ce mode d'interprétation est employé avec les personnes sourdes qui s'expriment en LSQ (langue des signes québécoise) ou en ASL (American Sign Language). Ces langues de signes sont des langues à part entière, comparables aux langues parlées (allemand, russe, anglais, etc.). Ce ne sont pas des langues internationales, car la langue des signes québécoise diffère de la langue des signes américaine, de la langue des signes italienne ou française.

L'interprète reformule le message dans la langue d'arrivée en respectant ses caractéristiques linguistiques et culturelles. Comme la langue distincte du français, la langue des signes québécoise possède ses propres règles syntaxiques. Le verbe, par exemple, se trouve fréquemment en fin de phrase.

Ce ne sont pas les mots qui sont interprétés, mais bien le sens du message. Pour bien accomplir son travail, l'interprète doit donc attendre d'avoir compris une unité de sens avant d'interpréter. C'est pour cela qu'il y a un léger décalage entre le destinateur et l'interprète.  

B) L'interprétation orale

Ce second mode d'interprétation est requis par les personnes sourdes et malentendantes qui s'expriment en français (ou en anglais pour le secteur anglophone) et qui ont accès aux messages grâce à la lecture labiale.

Il n'est pas facile de lire sur les lèvres, car plusieurs sons du français sont difficiles à identifier. En effet, certains sons en français, comme le «P», le «B» et le «M», ont la même configuration labiale. Les mots «bateau» et «manteau», par exemple, peuvent difficilement être distingués sur les lèvres. Par ailleurs, d'autres sons demeurent tout simplement invisibles, comme le «R», le «G» dur et le «K». Sur les lèvres, les mots «rue», «grue», «cru» sont perçus comme un «U». Pour arriver à comprendre un message par la lecture labiale, il faut donc déployer un important effort d'analyse des repères visuels en relation au contexte de la phrase.

C'est la tâche des interprètes oraux de rendre le message le plus lisible possible. L'interprète oral analyse les messages et modifie leur forme pour assurer une lecture optimale sur les lèvres. Par exemple, le mot «gens» est avantageusement remplacé par «personne» qui est plus visible. Il peut aussi utiliser des gestes naturels et augmenter son expressivité corporelle (avec le visage, les épaules, etc.) pour appuyer le sens du message.