TRAVAILLER AVEC UN INTERPRÈTE
L’interprète visuel fournit un effort d’attention soutenu pour écouter, comprendre, traduire et réexprimer les échanges. La qualité acoustique de la salle, les bruits parasites, le débit et l’accent des interlocuteurs, les interactions spontanées, la complexité du discours sont des facteurs qui alourdissent le travail d’interprétation. L’interprète qui travaille en LSQ ou en pidgin utilise en continu ses membres supérieurs. L’interprète oral, lui, est contraint de ne pas bouger la tête et à articuler de façon plus soutenue. Ses mâchoires sont davantage sollicitées. Des études ont montré que la charge cognitive et la charge physique impliquées par l’interprétation exposent les interprètes aux blessures musculosquelettiques.
L’interprète a besoin de votre collaboration pour réaliser son travail dans les meilleures conditions et ainsi diminuer les risques de blessures musculosquelettiques.
Comment aider l’interprète?
- En favorisant une courte pause de 5 minutes après chaque période de 60 minutes de cours. Ces temps de récupération sont nécessaires à l’interprète pour permettre le maintien de sa concentration et réduire l’impact du travail répétitif sur les membres supérieurs. Il importe que ces temps de pause en soient de véritables : il ne suffit pas de laisser sortir l’interprète tout en continuant le cours, car c’est l’étudiant sourd qui s’en trouvera pénalisé. Voici des solutions de rechange qui gardent tous les étudiants en classe : proposer une lecture individuelle, la résolution d’un problème, la rédaction d’une réflexion personnelle, le visionnement d’un document sous-titré, etc.
- En conservant un rythme de parole moyen en tout temps.
- En gérant les tours de paroles des étudiants qui désirent intervenir. Ainsi, l’interprète peut se concentrer sur une seule intervention, ce qui lui permet d’assurer une transmission fidèle des messages. Il est aussi en mesure de préciser à l’étudiant sourd de qui proviennent les diverses interactions.
- En maintenant un environnement calme dans la classe permettant à l’interprète d’entendre clairement.
- En utilisant des termes précis. Lors d’explications au tableau, il est utile que l’interprète entende les termes précis que vous pointez au lieu des mots tels « ça », « cela», « ceci » et « là ». Comme l’interprète fait dos au tableau, il ne peut voir ce que vous pointez.
- En rendant accessible à l’interprète tout document pouvant aider à sa préparation. Un interprète qui connaît le contenu d’un cours donne une meilleure prestation et travaille avec un niveau de stress moindre.
- En avisant l’interprète de tout changement dans la planification du cours. La projection de vidéos ou de films nécessite une préparation particulière de la part de l’interprète. Certains documents audiovisuels comportent un grand nombre de données présentées souvent très rapidement que l’interprète doit pouvoir intégrer au préalable. Lors d’une projection audiovisuelle, il convient de régler l’éclairage de façon à ce que l’étudiant puisse voir l’interprète.
- En choisissant de présenter des documents audiovisuels sous-titrés et en réclamant leur achat par la bibliothèque de votre collège.
Pour plus d'information, consultez le dépliant L'interprète a besoin de vous et de pauses (PDF).