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L'IMPACT CHEZ LA MÈRE |
Karl Medeiros et sa maman
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Fermez les yeux et imaginez-vous dans la peau d'une femme qui a désiré son enfant pendant des mois et qui, peu de temps après l'accouchement, se fait dire par le médecin que l'enfant qu'elle tient dans ses bras n'est pas celui tant désiré.
Donner naissance à un enfant ayant une trisomie 21 demande à faire le deuil de l'enfant que nous avions imaginé. Personne ne souhaite avoir un enfant avec une déficience. Au contraire, le premier souhait qu'on fait, c'est qu'il soit en santé, qu'il ait le nez de la mère, le visage du père, etc. Mais voilà que la vie en a décidé autrement et la mère se retrouve face à une situation à laquelle elle n'était point préparée.
Cette situation engendre plusieurs émotions chez la mère qui seront vécues différemment selon le bagage personnel de la personne ainsi que le soutien dont elle dispose. Dans un premier temps, la mère fait face à une terrible souffrance. Tous les rêves reliés à son enfant qu'elle avait fait, lui semble maintenant impossible. C'est comme si une partie de sa vie venait de s'écrouler et qu'elle n'arrivait plus à trouver un endroit où s'accrocher. Cette souffrance va même amener certaines mères à vouloir la mort de l'enfant afin de diminuer cette douleur qui ne laisse plus aucune place dans leur vie. Cette pensée, loin de diminuer l'anxiété de la mère, vient déposer sur ses épaules une souffrance supplémentaire: celui de ne pas être à la hauteur.
Ce sentiment d'impuissance face à ce qui lui arrive la fait douter de ses capacités comme mère et de ses capacités à s'occuper d'un enfant ayant une trisomie 21. Elle se demande comment elle pourra parvenir à gérer toutes ces nouvelles responsabilités qui viennent avec l'enfant. Souvent, le parent aura tendance à ne regarder que l'avenir en se demandant comment l'enfant sera lorsqu'il aura 9 ans, quelles seront les difficultés de l'adolescence et la vie adulte? Tant de questions qui resteront sans réponse et qui viendront renforcir ce sentiment d'impuissance vécu par la mère.
Une autre émotion vécue par la mère est la culpabilité. La mère peut se rendre personnellement responsable de la naissance de l'enfant. La société lui demande de produire un enfant "normal" donc, si l'enfant est différent qui en est responsable? On arrive vite à la conclusion que c'est la mère car c'est elle qui l'a porté mais ce qu'on oublie, c'est tout le poids de la culpabilité qu'on lui impose. Et c'est cette culpabilité qui pourra engendrer des comportements de surprotection. Par exemple, la mère va se sentir tellement responsable qu'elle n'aura aucune confiance en d'autres gens pour faire garder l'enfant.
Est-ce que toutes ces émotions négatives persisteront? Malheureusement, certaines mères ne réussiront pas à s'adapter face à la réalité de leur enfant. Par contre, plusieurs mères parviendront à reprendre le contrôle sur leur vie et d'apprécier cette nouvelle réalité qui leur est permis de vivre. Comment? Une des première chose importante, est de prendre conscience des émotions qui l'habitent et les partager avec des personnes significatives autour d'elle. En nommant les émotions, elle sera en mesure de mieux comprendre leur impact et de travailler à le diminuer.
Elle doit aussi apprendre à apprécier le moment présent qui lui est donné avec l'enfant. Regarder que l'avenir et tous les problèmes qui pourraient en découler, ne sera pas d'une très grande utilité. Comme on dit souvent: "on traversera le pont lorsqu'on y sera rendu". Elle n'a pas non plus à laisser tomber ses rêves qu'elle avait avant la naissance de l'enfant. Elle doit se réapproprier certains de ses rêves et apprendre à s'ouvrir à tout ce que l'enfant peut lui apporter de nouveau. Finalement, elle doit apprendre à faire ce qu'elle fait de mieux: être mère.
ÉTAPES DE DEUIL
La durée de chacune de ces étapes varie d'une personne à une autre et certaines personnes peuvent rester bloquées à une étape tout au long de leur vie. On parle alors d'inadaptation.
Par Jean-François Martin