Vinton Cerf

Source de cet article: Chroniques de Cybérie 5 juin 2001

Sur la question de la qualité et de la fiabilité de l'infrastructure d'Internet, Vinton Cerf un des «pères» d'Internet) confiait récemment au service de nouvelles Newsbytes avoir certaines appréhensions. Le problème, selon lui, est que dès qu'on utilise l'expression «infrastructure», on établit une connotation de fiabilité, de sécurité, et le public ne s'attend pas à ce qu'elle soit faillible. Or, l'infrastructure d'Internet est fragile, beaucoup plus que ne peut l'être celle du réseau téléphonique ou de distribution de l'énergie, ce qui confère au public un faux sens de sécurité. Cerf estime que les interventions gouvernementales dans le champ de réglementation d'Internet visent à rendre plus fiable l'infrastructure Internet, mais il met en garde contre des exigences imposées par les législateurs qui seraient, sur le plan technique, impossibles à mettre en oeuvre. En outre, tant et aussi longtemps qu'Internet demeurera vulnérable au «hacking», au craquage et autres formes de cybercriminalité, l'avenir semble précaire.

Malgré ses inquiétudes sur l'Internet terrestre et sa fiabilité, Cerf travaille depuis 1998 sur le concept d'un Internet planétaire, projet qui verra sa première manifestation en 2003 alors que la NASA enverra sur Mars deux robots baladeurs pour procéder à des explorations géologiques. Les scientifiques communiqueront avec ces explorateurs robotiques grâce à un nouveau mode de communication, les régions IPN (InterPlaNet), exploitant une technologie stockage/retransmission semblable à celle de certains satellites à basse orbite (lire à cet égard «Low Earth Orbiting Satellites and Internet-Based Messaging Services», Garriott, INET '96). Faute de communiquer en temps réel, on communiquera en «temps suffisamment réel».

Cette technologie aura recours à des protocoles différents de l'Internet terrestre et tiendra compte des difficultés inhérentes aux
communications dans l'espace. Par exemple, sur la planète Terre, les distances sont moins... astronomiques, les délais de
transmission sont courts, les transferts s'effectuent sur des canaux relativement exempts de brouillage. Dans l'espace, tout est
différent : une communication aller/retour entre la Terre et Mars peut prendre 40 minutes, les émetteurs fonctionnent à faible
puissance, les transmissions sont parfois intermittentes. L'IPN vise donc à trouver une solution efficace et à faible coût à ces difficultés (explications techniques sur le site InterPlaNetary Internet Project). Les recherches de l'InterPlaNetary Internet Project auxquelles participe Vinton Cerf peuvent nous sembler ésotériques et fort éloignées de nos préoccupations immédiates. On n'a cependant qu'à faire le tour des technologies mises au point pour l'exploration spatiale et qui, un jour, se sont retrouvées dans notre quotidien, pour voir la portée éventuelle de ces recherches.
ISOC : INET 2001
http://www.isoc.org/inet2001/
ISOC : INET 2001 - Final Program
http://www.isoc.org/inet2001/final.shtml
Newsbytes : "Infrastructure" Is An Empty
Word Without Reliability - Cerf
http://www.newsbytes.com/news/01/165997.html
NASA : NASA Plans to send rover twins to mars in 2003
http://www.jpl.nasa.gov/releases/2000/mars2003rovers.html
ISOC : INET'96 - Low Earth Orbiting Satellites
and Internet-Based Messaging Services
http://www.isoc.org/isoc/whatis/conferences/inet/96/proceedings/g1/g1_1.htm
InterPlaNetary Internet Project
http://www.ipnsig.org/

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