Conclusion : la convergence

Gestion du savoir - Knowledge Management

Le savoir: Ressource obsolète clé du 21e siècle.*

On veut de + en + de têtes, pas des gros bras!
En ce début du 21e siècle, moins du quart de la population active sont des travailleurs manuels et 15 % travaillent dans le secteur manufacturier. Les travailleurs non manuels sont maintenant majoritaires et se concentrent dans les services. Mais dans l'ensemble des pays industrialisés, seul les travailleurs du savoir qui composent le tiers de la main-d'oeuvre active connaissent une croissance.

Définition de travailleur du savoir
Selon l'Office de la langue française (OLF) du Québec, un travailleur du savoir est une « personne spécialisée dans la recherche, l'analyse, la gestion et la diffusion de l'information pertinente à la prise de décision ou à la gestion des connaissances et qui utilise des systèmes informatiques développés à ces fins.». Majoritaire au troisième millénaire, il se classe dans la catégorie des travailleurs du secteur quaternaire.

Information, connaissance et savoir
L'information est linéaire et statique et elle provient des documents écrits ou numériques (bases de données ou livres). Elle doit être contextualisée pour en connaître le sens. Un humain doit faire interagir l'information et la pondérer pour lui donner un sens et prendre une décision. L'appropriation contextualisée de l'information devient de la connaissance et l'utilisation pertinente de la connaissance devient du savoir nous permettant d'induire, de déduire, de prévoir ou de
conclure, d'être actif ou attentif et enfin de savoir être.

Déplacement futur de la prise de décision
Bientôt, de plus en plus de connaissances seront produites par des logiciels comme les agents intelligents ou par des réseaux de neurones. Mais les travailleurs du savoir demeureront les producteurs et les intégrateurs du savoir. Présentement, les professionnels (médecins, avocats, ingénieurs, informaticiens, comptables) prennent les décisions les décisions liées à leur domaine. Mais de plus en plus de décisions impliquent plusieurs domaines et devront être prise par les travailleurs du savoir.

De l'école à la terre, à l'usine, au bureau et à l'ordinateur personnel à la maison
Il y a 40 ans, deux économistes américains utilisaient pour la première fois les termes travailleurs et industrie du savoir. Cette société du savoir changera complètement la structure sociale de la planète en ce début du 21e siècle. Historiquement, durant dix à vingt ans, dans une institution d'enseignement, l'homme allait se meubler le cerveau à crédit. Une fois sur le marché du travail, il acquérait de l'expérience mais il n'avait pas à retourner à l'école. Vers la fin du 20e siècle, les premiers retours à l'école furent constatés. Au 21 siècle, l'école sera homniprésente avant et pendant toute la période productive de la vie du citoyen. Dans la société du savoir, la quête de nouvelles connaissances exige l'habitude quotidienne d'une formation continue obligatoire. Lire les journaux, les revues et les abonnements à des bulletins de nouvelles spécialisée, regarder les émissions de télé liées au travail et écouter la radio, assister à des séminaires, des colloques, des foires et des expositions deviendront des activités qui accapareront de plus en plus de temps de travail.

Deviendrons-nous tous des travailleurs autonomes?
Mais tout ce temps consacré quotidiennement à la mise à jour des connaissances ne peut pas être rémunéré par un seul employeur et ne pourra pas être facturé à un seul client. Très peu d'employeur auront les moyens de se payer l'exclusivité de la capitalisation du savoir de tous leurs employés. Une organisation peut difficilement exiger l'exclusivité du savoir d'un individu. En tout temps, ce travailleur peut vendre son savoir à un concurrent. L'avenir nous dira sans doute comment les organisations vont s'adapter à ce nouveau mode de fonctionnement.

Organisation apprenante
Pour qu'une entreprise détienne un avantage compétitif et se qualifie d'entreprise apprenante, elle doit implanter un processus continu de transformation de l'information en savoir collectif en quatre étapes:

  1. recueillir, classifier et stocker l'information et les connaissances individuelles;
  2. sensibiliser l'organisation à l'existence et aux avantages de s'approprier l'information et les connaissances individuelles transformées elles-mêmes en information;
  3. encourager l'organisation à interpréter l'information et à stocker les conclusions collectives qui deviennent elles-mêmes de nouvelles informations;
  4. utiliser ces informations afin de modifier ses comportements, processus, produits et services et accroître ainsi ses avantages compétitifs.

*Ce texte est inspiré des articles suivants:
François Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO Bulletin du 16 nov. 2001, LE TRAVAILLEUR DES TEMPS MODERNES : L'HOMME DE SAVOIR
« Knowledge workers are the new capitalists », The Economist, eBusiness Forum, 1ier novembre 2001,
Isabelle Poulin, documentaliste, responsable du service SISTech, CEFRIO, Bulletin SISTech, 28 septembre 2001, UN TRAVAILLEUR DU SAVOIR PEUT APPRENDRE MIEUX ET PLUS VITE QUE SES COMPÉTITEURS

PLUS DU TIERS DES ORGANISATIONS N'ONT PAS UNE CULTURE
FAVORISANT LE PARTAGE D'INFORMATION

Selon un sondage en ligne réalisé par KM magazine et par la firme IDC, la rétention d'expertise est la principale raison pour laquelle les organisations adoptent une initiative de gestion des connaissances et le manque de temps des employés est le plus grand frein au développement de telles initiatives. CEFRIO

Une critique du KM


Une communauté de pratique

Définition
Une communauté de pratique est en fait un groupe organisé de personnes échangeant sur un sujet, un domaine de connaissance particulier. Elle vise à capturer le savoir tacite ou expérientiel par l'utilisation d'un forum virtuel commun de collaboration. Elles répondent au besoin en gestion des
connaissances de faire sortir, de partager, de conserver et d'utiliser adéquatement cette partie intangible du savoir. L'enjeu en matière de gestion des connaissances est de taille puisque ce savoir correspond à 70 % de l'avoir intellectuel des organisations. L'autre 30 %, que l'on nomme le savoir explicite,est déjà répertorié en matière de processus, de pratiques de gestion, d'information sur les clients.

Groupe conseil
Une communauté de pratique est plus qu'une équipe de projet, elle est un groupe de travail qui transcende les directions, les projets et la distance géographique. Elle anéantit les silos fonctionnels souvent présents dans les organisations et crée des liens transversaux entre les diverses directions. Ses effets se situent non seulement au niveau de l'organisation mais également au niveau des individus. En effet, d'un point de vue organisationnel, cette interaction, cette libre circulation du
savoir crée un nouveau savoir collectif qui en fin de compte mène à l'innovation, alors qu'au niveau des individus, ce partage du savoir mène au perfectionnement et à l'accroissement personnels.

Origine
Les communautés de pratique sont nées des recherches de Lave et Wenger's, deux chercheurs américains, qui en 1991 dans leur « theory of Communities of Practice » définissaient une nouvelle
approche de partage des connaissances. Au fil des ans, les communautés de pratique ont évolué pour devenir de véritables instruments au service de la gestion des connaissances. Elles permettent de capturer, de partager et d'appliquer les actifs de savoir des organisations. Elles sont, selon plusieurs consultants, l'assise de toutes stratégies en gestion des connaissances. D'ailleurs, Bill Ives, directeur exécutif chez la firme de consultation Accenture, affirmait dans un récent article de la revue Knowledge Management Magazine : « les communautés de pratique et la gestion des connaissances vont main dans la main ».

Source: LE LIEN ENTRE LES COMMUNAUTÉS DE PRATIQUE ET LA GESTION DES CONNAISSANCES Bulletin SISTech, 5 octobre 2001, © CEFRIO
(1) Projet sous la direction de Marcel Gilbert, directeur développement de projets, CEFRIO, marcel.gilbert@cefrio.qc.ca
Rédacteur : François Dubeau, analyste-conseil en veille stratégique, CEFRIO
Sources :
Philip J. Gill, Something in Common, Knowledge Management Magazine
http://www.destinationcrm.com/km/dcrm_km_article.asp?id=982
Modes de travail et de collaboration à l'ère d'Internet, description du projet
http://www.cefrio.qc.ca/projets/proj_30.cfm
2,5 millions $ en recherche action, Le CEFRIO lance trois projets majeurs
http://www.cefrio.qc.ca/Communiques/commun_29.cfm


L'APPORT HUMAIN :
L'ÉLÉMENT CLÉ D'UNE VÉRITABLE STRATÉGIE
DE GESTION DE L'INFORMATION
Rédactrice : Catherine Lamy, analyste conseil en veille stratégique, Bulletin Systech du 2 mai 2001
Source : Thomas Davenport, The National Post, 15 mai 2001

On n'a jamais tant parlé d'information, ou plutôt de technologies de l'information (TI). La puissance novatrice des technologies et leurs développements spectaculaires ont en effet occulté une question pourtant fondamentale : que faire de toutes ces données et surtout, comment les transformer en savoirs et en connaissances véritablement utiles pour l'entreprise.

Selon Thomas Davenport, l'auteur de l'article, l'« obsession technologique » a ainsi distrait les dirigeants qui, trop occupés à implanter des systèmes de plus en plus performants, ont négligé de s'interroger sur le fait que cette « quincaillerie » réponde ou non aux besoins de l'organisation.
Et pourtant, aucun économiste n'a pu jusqu'à présent établir une corrélation entre des investissements technologiques massifs et les bénéfices financiers qui en résultent. Et pourtant, des
sondages auprès de gestionnaires indiquent que ceux-ci ont l'impression que l'information à laquelle ils ont accès aujourd'hui, une fois ces technologies coûteuses en opération, n'est pas de qualité supérieure à celle qu'ils recevaient avant leur implantation.

Au-delà de la gestion de données « insignifiantes » en elles-mêmes pour l'entreprise, comment donc instaurer un système de gestion de l'information qui, lui, fera sens? La réponse de Davenport : en réhabilitant l'intervention humaine qui, en fait, est l'élément clé de la création d'un bon environnement
informationnel. Il faut tenter de comprendre comment l'information circule dans l'entreprise, cerner les besoins informationnels précis de ses différents membres et mettre au jour ce qui motive ceux-ci à partager, ou au contraire à garder pour eux, l'information dont ils disposent. Les développements
de la gestion des connaissances (« knowledge management »), dont Davenport est d'ailleurs l'un des pionniers, s'inscrivent on le voit de façon directe dans cette lignée.

D'un point de vue plus pratique, l'auteur présente les composantes qui peuvent intervenir lors de l'élaboration d'un plan de gestion de l'information :

- L'utilisation d'une « carte informationnelle » (« information map »), un outil simple et peu coûteux, qui indique aux membres de l'organisation où trouver chaque type d'information. Si cette cartographie paraît nécessiter beaucoup de travail, la recherche d'informations non répertoriées par les employés en exige par contre encore davantage.

- Le recours aux bibliothécaires dont les compétences en recherche, analyse et synthèse de l'information et l'expertise dans la compréhension des besoins informationnels des usagers, en font des spécialistes tout désignés pour contribuer à un tel projet.

- L'adoption de la forme journalistique - communiqués clairs et relativement brefs - ou de la forme narrative - la preuve étant faite depuis longtemps que les gens aiment bien se faire raconter des histoires - dans la transmission d'informations corporatives.

- L'utilisation de l'« ethnographie informationnelle », basée sur l'observation des membres de l'entreprise, dans le but de dégager comment, et à quels escients, ils utilisent l'information.

La technologie peut intervenir, et avec grand succès, dans le processus de gestion de l'information - et notamment dans sa transmission et sa conservation - mais elle ne peut cependant suffire à la tâche. Il en revient toujours à l'humain, et c'est tout à fait réjouissant, d'avoir le dernier mot.


Pratiques, analyse, enjeux et prospective
Etude - RH Info - Mai 2001 - 100 pages
Sommaire de l'étude

L'économie du savoir est aujourd'hui une clé de développement pour l'entreprise. Le " Knowledge Management " (KM) est une démarche de gestion et de management des connaissances qui permet à une entreprise de structurer son activité et sa stratégie en tenant compte :

De la maîtrise de ses expertises et de ses savoir-faire
De la capitalisation des expériences et des potentiels
De la gestion et de l'ouverture des compétences individuelles et collectives
De la culture de sa mémoire et de l'histoire
Du rôle croissant des NTIC
De l'organisation d'un système de renseignement interne et externe

RHinfo propose une étude approfondie dont l'objectif est de constituer un véritable support d'orientation et de décision pour les entreprises impliquées dans un projet de KM, ou les organisations pour lesquelles cette démarche s'inscrit dans une réflexion stratégique.

Nous avons contacté par approche directe 140 entreprises représentatives en France, afin de réaliser une Monographie complète sur ce sujet et faire l'état des lieux des pratiques en cours.
Nous appuyant sur deux axes fondamentaux résultant de la Monographie, nous avons ensuite travaillé directement avec les entreprises présentant les démarches les plus intéressantes (Benchmark) eu égard à la matière de notre étude, pour identifier et analyser les facteurs conditionnant la démarche de KM. Nous vous proposons enfin une analyse prospective établie sous un angle stratégique, qui vous permettra de vous orienter dans votre propre démarche et d'ouvrir quelques perspectives d'avenir.

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