Trousse méthodologiqe du 103

Petit guide de la grille d'évaluation du texte argumentatif philosophique

1.1 La forme
Le premier critère évalue de façon purement quantitative le respect de la forme ou de la nature de l'épreuve. Il ne s'agit donc nullement ici de porter d'ores et déjà un jugement sur la qualité de chacune des parties du discours, mais seulement d'être capable d'identifier la présence des éléments clés du texte argumentatif, soit:

a) une introduction comprenant le sujet lui-même (le thème), le problème posé (incluant la définition des concepts importants - souvent les termes mêmes du problème-), la thèse (la prise de position à l'égard du problème) ;
b) un développement comprenant au moins 2 arguments (dont un peut être une réfutation d'objection) ;
c) une conclusion

La seule présence de ces 6 éléments (sujet, problème, thèse, 2 arguments, une conclusion), dans la mesure évidemment où ils sont facilement repérables, représente 20 %, calculés de la manière suivante : 6x10=60/3=20.


1.2 La cohérence
Le deuxième critère de la grille évalue la cohérence du texte, c'est-à-dire à la fois la qualité des liens entre les idées principales et la congruence des grandes parties du discours (introduction, développement, conclusion). Ce critère mesure également ce que l'on peut appeler la pertinence de l'argumentation. On s'assurera donc que le texte argumentatif comporte et mette en évidence les articulations suivantes :

a) le lien entre le sujet et le problème formulé (ou la problématique)
b) le lien entre le problème et la thèse
c) le lien entre la thèse et les arguments (pertinence)
d) le lien entre les arguments (s'ils sont en inférence à soutien unique, i.e. en chaîne, ou en inférence liée (interdépendants) et, le cas échéant, avec l'objection réfutée
e) le lien de la conclusion avec l'ensemble du texte, notamment avec la thèse

Ce critère représente 30 %. Il peut être évalué globalement ou de manière détaillée. L'essentiel étant de tenir compte de ce qu'il recouvre et d'être en mesure de justifier au besoin la note accordée en fonction des différents liens formant l'armature du texte.


1.3 Le contenu
En raison de son importance et de sa nature même, le contenu est sans doute le critère le plus difficile à évaluer. C'est aussi celui qui prête le plus à interprétation et celui où le jugement qualitatif (subjectif dans le bon sens) du correcteur est le plus sollicité. Il va sans dire qu'il s'agit ici du noeud philosophique de l'épreuve, à toutes fins utiles inséparable du contenu du cours lui-même, donc de l'enseignement du professeur. Toutefois, un certain nombre de sous-critères peuvent être formulés qui viennent baliser et expliciter ce que l'on entend par le contenu du discours. Fondamentalement, il est question des points suivants:

a) Qualité de la problématique (compréhension philosophique de la question et de ses enjeux, maîtrise des concepts clés, de leur définition)
b) Clarté de la thèse formulée
c) Valeur des arguments, incluant le cas échéant l'objection réfutée (notions d'acceptabilité et de suffisance)
d) Qualité de l'information (notamment les références aux textes philosophiques)
e) Intelligence philosophique (généralisation et abstraction, originalité et réflexion personnelle)

Ce critère représente 50 %. Encore une fois, selon les styles de chacun, il est possible de l'évaluer de manière globale et plus intuitive ou de façon détaillée.



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