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Bilan de travail
2003-2004
L'année qui s'achève a été marquée
par des débats houleux au département et au collège,
sur le plan local comme sur le plan national. Un long débat sur
les statuts départementaux, de décembre à mars,
a mobilisé une grande part des énergies et a monopolisé à toutes
fins utiles quatre assemblées du département. Amorcé par
la question de la conformité de certains articles de nos statuts
avec la convention collective (notamment ceux concernant la composition
du comité de sélection et la place statutaire de la coordination
au sein de divers comités permanents), le véritable enjeu
de ce débat résidait fondamentalement dans la question
de la démocratie départementale examinée à la
lumière des rôles et responsabilités respectifs de
l'Assemblée et de la coordination. Dès le mois de janvier,
un comité ad hoc de révision des statuts (formé de
R. Dansereau, L. Godbout et M. Godon) a préparé un document
de propositions visant pour l'essentiel à rendre conforme à la
lettre de la convention la formation du comité de sélection
par l'élection directe de ses membres par l'assemblée.
Ce document fut déposé en février et adopté par
la majorité des membres du département. Un cahier de propositions à portée
plus vaste fut également soumis à l'assemblée par
L. Mailloux et G. Pelland. La plupart de ces propositions avaient pour
but, selon l'intention de leurs auteurs, de reconfigurer le partage des
responsabilités entre la coordination et l'assemblée au
profit de celle-ci. Elles furent longuement, souvent péniblement
débattues lors de plusieurs assemblées pour être
finalement rejetées en bloc, la vaste majorité des professeurs
du département n'ayant pas retenu l'argumentaire qui sous-tendait
ces propositions. Il est à espérer que cette «crise
des statuts» aura eu au moins le mérite de confirmer l'unité et
la vitalité de la démocratie participative au sein du département
et qu'elle aura su nous rendre à la fois plus critiques, plus
vigilants et zélés dans son exercice difficile.
Sur le plan national, le tableau est mitigé. L'automne a été l'occasion
de célébrer, avec un franc succès, les 35 ans de
philosophie dans les collèges lors de la Journée internationale
du 21 novembre, événement auquel le département
et le cégep furent étroitement associés; cependant
qu'à l'hiver l'annonce du Forum sur l'avenir de l'enseignement
collégial faisait et fait toujours planer les menaces d'une énième
réforme de structure au terme de laquelle, sinon l'ordre collégial
lui-même, au moins la formation générale actuelle
et au premier chef la philosophie pourraient être profondément
remises en question. Le département a su se mobiliser à divers
niveaux pour répondre à ces menaces en mettant d'abord
sur pied un comité sur l'avenir de l'enseignement de la philosophie
(sorte d'observatoire sur cette question au département et première
ligne de défense), en participant activement aussi aux réunions
syndicales (Conseils syndicaux, Assemblées générales,
Intersyndicale du 12 mai) de même qu'aux réunions du CEEP.
Dans toutes ces instances, au cours des derniers mois, des positions
fortes et claires se sont élaborées en vue de contrer les
fossoyeurs des cégeps tels que nous les connaissons et de réaffirmer
la valeur et l'importance du réseau collégial où cohabitent
formation préuniversitaire et formation technique soudées
par une même formation générale, solide et cohérente,
composée des quatre disciplines actuelles. Cette bataille ne fait
que commencer et nous occupera, hélas, probablement tout au long
de l'année qui vient. Parallèlement à ces débats cruciaux, et malgré eux
pourrait-on dire, le travail s'est déroulé presque normalement
conformément aux priorités annoncées dans le plan annuel
2003-04.
Le comité de pédagogie s'est acquitté de sa mission principale,
soit l'évaluation des plans de cours du département, en plus
de s'assurer de leur harmonisation avec la nouvelle PEA qui entre en vigueur à partir
du mois d'août 2004. Les mesures d'aide à l'apprentissage (confiées désormais à la
supervision du comité d'aide à l'apprentissage) visant l'ensemble
des élèves (CAP et tutorat par les pairs) et certains programmes
ciblés (Philo comme il faut) ont continué d'être appliquées
et de porter fruit. Le plan de réussite 2004-09 du collège a
pris acte du bilan positif de ces mesures et les reconduit en amputant toutefois
le CAP d'un dégrèvement de .20 ETC. Il y aura lieu d'ailleurs
de réexaminer la formule du centre d'aide actuel. La problématique des abandons en formation générale a
fait l'objet d'enquêtes et de réflexions au sein du Comité de
la formation générale. Les coordonnateurs des départements
concernés se sont penchés studieusement sur ce problème
et en sont venus à la conclusion unanime que les causes de l'abandon
tiennent en partie à la nature même des cours de FG, récurrents
et pour cette raison plus faciles à abandonner, en partie à des
facteurs exogènes sur lesquels nous n'avons pas de prise. Le coordonnateur
de secteur doit produire un rapport final sur la question qui nous sera présenté au
comité au début de l'année prochaine. Sur le plan des activités d'animation de la vie départementale,
nous avons pu compter sur la publication de quelques numéros d'Info-philo
et de trois numéros de La Chouette, dont le dernier (juin) consacré à un
hommage à notre collègue Victor Sheitoyan qui nous quitte pour
la retraite. Mentionnons également le démarrage du projet interdisciplinaire
Syllabus, lequel intègre désormais Encéphi, sous la houlette
de Martin Godon. Par ailleurs, cinq Cafés philosophiques ont été tenus
au cours de l'année, d'abord au Balafré puis au 2e étage
du Magellan. L'affluence de ces rencontres de discussion semble connaître
une légère remontée et il serait dommage de cesser cette
activité qui en sera bientôt à son 4ème anniversaire.
En espérant que le Café pourra entamer une cinquième saison
avec l'ajout de sang neuf à l'organisation et à l'animation. En terminant, soulignons encore
une fois le départ à la retraite
de notre éminent collègue Victor Sheitoyan à qui le département
doit beaucoup de son dynamisme, de son rayonnement, de son âme en un
mot. Il nous manquera. Personne n'est irremplaçable a-t-on coutume de
dire. Dans son cas, il est permis d'en douter.
La coordination
René Dansereau
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