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Après l'envolée depuis l'Aéroport de
Dorval et la découverte, sept heures plus tard, d'un Paris
encore somnolent, la rencontre avec ma copine Claude fut des
plus conviviales. Alors, commença à travers Paris
une traversée très mouvementée. De la rue
Mouffetard au Jardin des plantes; du Quartier Latin aux Quais
de la Seine; de la Mosquée au Centre Georges-Pompidou,
toujours en quête d'images, nous ne cessons de croquer
des scènes de rue à l'aide de nos appareils photo
tandis qu'un radieux soleil dialogue avec les façades
des vieilles maisons. Paris était si familier et si étranger
à la fois. Les vieilles pierres étaient rassurantes
comme elles l'étaient trente ans auparavant mais les nouveaux
bâtiments, quoique déroutant le regard, apportaient
du sang frais à cette belle métropole.
C'était une journée pleine de surprises mémorables!
J'étais enchanté d'avoir revu Paris même
si mon arrêt dans la Ville Lumière ne représentait
qu'une escale. Et quand Claude me laissa devant le terminal 2
de l'Aéroport Charles-de Gaulle pour la deuxième
partie de mon voyage, j'étais complètement exténué.
L'accueil des employés d'Air Mauritius fit honneur
à sa réputation de cordialité. Les onze
heures et quelques de la traversée, entre l'Aéroport
de Charles-deGaulle et celui de Plaisance, passèrent comme
un envoûtement. Durant la nuit, l'appareil avait franchi
des milliers de kilomètres et la lumière qui entrait
par les hublots en ce matin était d'une vigueur et d'une
qualité bien différentes de ce qu'on a l'habitude
de voir. Vers deux heures de l'après-midi, l'avion commença
sa descente. La plupart des passagers regardaient par les hublots.
Un étrange silence tomba sur nous. On avait subitement
l'impression d'être des acteurs attendant le lever de rideau
d'une pièce grandiose!
L'appareil s'immobilisa tandis qu'une hôtesse nous annonçait
les conditions climatiques: "Il fait 31 degrés Celsius
..... ". Ces quelques mots me firent oublier la blanche
froidure du lointain Canada. En sortant de l'avion, la luxuriante
végétation m'assaillit tandis que la vision du
ruban blanc et turquoise que formaient la plage et la mer m'accueillit,
comme une mère son enfant prodigue. Ma gorge se noua.
Ma vision s'embrouilla. Après vingt-huit ans d'exil, j'étais
revenu à la maison! |