Bons baisers du Sénégal
Index des nouvelles du stage de mai 2010
Après une année de financement et de levées de fond, nous avons
enfin atteint notre objectif ultime: notre stage en soins infirmiers au
Sénégal ! Après une course folle à Paris et un total de 20 heures de
voyagement, les Sénégalais nous réservaient un accueil chaleureux et
bruyant. D’étudiantes montréalaises, nous sommes devenues des
étrangères toubab (signifiant touristes blancs), populaires malgré
l’heure tardive à laquelle nous sommes arrivées.
Au Sénégal, les rues sablonneuses sont bondées de marchands, d’enfants
et d’animaux (chèvres, chats, poules et chevaux). À cinq reprises
durant la journée, des appels à la prière se font entendre par le biais
du muezzin, tout s’arrête alors pour les musulmans pratiquants de la
ville (94 % de la population au Sénégal).
Nous avons profité de notre présence pour visiter les marchés, les
quartiers et les fabriques de tissu. Nous avons eu la chance de visiter
l’île de Gorée, la plus à l’ouest de l’Afrique. Jusqu’en avril 1848,
elle a constitué la porte principale pour l’envoi des esclaves
africains aux Amériques. À notre arrivée sur l’île, des rangs d’enfants
érigeaient des drapeaux sénégalais et canadiens au rythme des tam-tam.
Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que l’honorable
gouverneure générale, Michaëlle Jean, était sur le bateau officiel de
la délégation canadienne juste derrière nous. Il faut savoir que le
Canada représente un modèle de démocratie réussi pour le Sénégal.
Malgré son horaire chargé, madame Jean a pris quelques minutes pour
échanger sur notre expérience de voyage et nous offrir une photo en sa
compagnie, au grand bonheur de nos deux professeures accompagnatrices
d’origine haïtienne.
Nous sommes très heureuses d’être ici et de prendre part à la vie
africaine. La suite la semaine prochaine avec la présentation d’un
village sénégalais.
Julie-Anne Robitaille, Cindy Tessier-Trudeau
Finissantes en Soins infirmiers
Après quelques jours à Dakar, nous nous dirigeons vers Thiès, une ville typiquement africaine et moins touristique. A l’école d’infirmière de Maty, Michel, un charmant professeur sénégalais, nous attend pour un cours sur la famille, les traditions et le paludisme. En somme, un cours très intéressant. Le lendemain, nous sommes prêtes à nous séparer pour nous rendre dans nos villages respectifs.
Keur Moussa...
Au soleil couchant, nous sommes accueillies par les religieuses, très enthousiastes de notre arrivée. Une petite maison sur leur terrain nous est offerte pour notre séjour. Le même soir, nous rencontrons notre cuisinière Clarice, qui nous concocte de succulents plats qui suffiraient à nourrir une famille africaine en entier malgré le fait que nous ne soyions que deux. Le matin venu, nous allons chercher notre pain chez Christophe, qui est aussi le gardien du terrain, pour ensuite nous diriger au dispensaire qui est à deux minutes à pied de notre maison.
Chaque matin, une centaine de villageois viennent dans l’espoir de guérir leurs malaises souvent inconnus, en général pour une toux, une mycose, un malaise gastrique, des plaies et brûlures. La journée du mercredi est dédiée aux femmes enceintes pour les examens prénataux.
Notre expérience acquise au Québec ainsi que le savoir des infirmières du dispensaire permettent d’apporter des soins appropriés ainsi qu’un bel échange de connaissances.
Sophie Bruneau et Caroline Savard
Finissantes en Soins infirmiers
Je suis présentement assise à la table chez les frères qui m’hébergent, les frères de Koudiadiene. Deux de mes consœurs jouent aux cartes avec père Jean-Paul. On écoute du Jack Johnson. Soirée typique quoi!
C’est la première fois dans ma vie que je baigne dans un milieu où la religion est omniprésente. Avant mon arrivée, j’avais quelques préjugés découlant de mon athéisme.
Après une semaine de stage et de vie ici, je me rends compte de l’ouverture d’esprit des religieux, de leur rôle essentiel et de leur implication envers la communauté. Que ce soit pour régler des conflits de couples, accompagner des familles en difficultés ou encourager le développement, ils donnent le maximum d’eux-mêmes pour aider les habitants.
La sœur qui tient le dispensaire où je fais mon stage, sœur Louise, ainsi que les frères, ont même mis sur pied des programmes de fabrication de savons, de micro-jardins et de préparation de farine afin de permettre aux femmes d’avoir un revenu et de subvenir aux besoins de leur famille en attendant la saison des pluies.
C’est grâce à tous ces moyens implantés par les religieux que pour la première fois dans ma vie je reconnais leur importance et me permet de dire: «Dieu merci!»
Dominique Gohier
Étudiante en Soins Infirmiers
Index des nouvelles du stage d'avril 2009
Le grand départ a eu lieu le 14 avril à 17 h 25 : 24 heures de voyage, 12 heures de vol, 10 heures d'escale à Paris, 3 continents, 2 déjeuners, 2 dîners, 3 soupers et, à peine quelques heures de sommeil plus tard, nous sommes enfin au Sénégal.
Il fait beau et chaud, et c'est le chaos total à l'aéroport pour récupérer nos bagages. Les gens font déjà la file pour nous vendre toutes sortes de trucs et nous nous faisons regarder curieusement partout où nous allons.
Ceux qui ont déjà visité des villages à Cuba ou en République dominicaine ne seraient pas trop dépaysés par le paysage qui s’offre à nous sur le chemin de l'hôtel. Sinon, ils recevraient probablement tout un choc! Il y a en effet plus de bâtiments et de structures à moitié construits que de nids de poules à Montréal! Les chemins, mises à part les grandes routes, sont en sable, et les immeubles délabrés en côtoient d’autres très beaux, construits en belles pierres.
Aujourd'hui, nous sommes allées au marché, et là encore nous avons eu droit à tout un choc: dès la sortie de l'autobus, nous nous sommes fait assaillir comme des morceaux de viande par des piranhas! Les gens nous suivaient et nous attendaient à l’extérieur de la banque pour nous vendre tout ce qu'ils pouvaient, que ce soit des produits d'artisanat ou des oiseaux en cage, que nous avons achetés pour les libérer!
De retour dans l'autobus, nous avons su ce que ressentent des poissons dans un aquarium: les gens cognaient sur les fenêtres et nous regardaient en scandant «toubab» (ce qui signifie «blanc»)!
Mais autrement, les Sénégalais sont des gens extrêmement accueillants et serviables. À l'auberge, le propriétaire nous demande ce que nous aimerions manger et le cuisine à point. Notre chauffeur nous emmène partout, peu importe l'heure. Tout le monde nous salue et nous sommes bien reçus partout.
En conclusion, le Sénégal est un très beau pays qui véhicule de belles valeurs ! En direct (un peu différé…) du Sénégal,
Geneviève Ouellette
Finissante en Soins infirmiers
Au cours de consultations prénatales données au dispensaire de Keur Moussa, petit village situé à l'ouest de Thiès, nous notons plusieurs cas d'infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). Les tests de dépistage sont effectués par des laborantins (équivalent du technicien en laboratoire au Québec), dans un modeste laboratoire situé au dispensaire.
Le dépistage du VIH se fait à l'aide d'un test appelé Elisa. Sur réception d’un résultat positif, les clients sont dirigés vers des hôpitaux des villes avoisinantes pour débuter une trithérapie. Cependant, l’accès au traitement est parfois compromis en raison de la précarité des moyens financiers des clients.
Les ITSS les plus recensées au dispensaire sont la gonorrhée et la chlamydia. Le dépistage se fait au moyen d’une analyse d'urine. Si la présence de bactéries est détectée dans l'échantillon d'urine, l'infection urinaire sera traitée. Sinon, on traitera l’ITS avec des antibiotiques à large spectre, soit du Flagyl, de la doxocycilline ou de la cloxacilline, selon ce qui est disponible. La syphilis est pour sa part détectée grâce à un test nommé BW, mais se rencontre rarement dans cette région.
La difficulté majeure rencontrée au dispensaire consiste à sensibiliser les gens aux ITSS et à leur enseigner sans les offusquer les principes de base d'hygiène et de protection, l'utilisation des préservatifs n'étant pas toujours encouragée par la religion. Les préservatifs sont vendus 150 CFA (0,25$ en devise canadienne) en pharmacie et dans les petits marchés.
Malheureusement, les gens attendent souvent l’apparition de complications majeures avant de consulter. La polygamie, qui rend parfois difficile le traitement de toutes les personnes infectées, contribue aussi au défi que constitue cette lutte à l’échelle du pays. Malgré tout, une diminution des cas d’ITSS recensés est enregistrée depuis quelques années.
Cécile Poteau et Véronique Brière
Finissantes au programme de Soins infirmiers
Notre stage terminal en soins infirmiers, qui a lieu au Sénégal, nous confronte aux maladies endémiques propres à la région. Le paludisme (ou malaria) est une de celles que nous rencontrons le plus fréquemment.
La maladie, qui entraîne la mortalité dans 2 à 20 % des cas, est causée par un parasite, le plasmodium, dont on recense quatre types : ovale, vivax, malariae et falciparum. Le parasite étant transmis à l’humain par un moustique, l’anophèle, la maladie affecte des gens provenant de toutes les couches de la société.
C’est la femelle anophèle qui transmet le microbe, au moyen de sa salive, au moment où elle administre des piqûres. Cela se produit habituellement entre le crépuscule et l’aube. Une fois dans le sang, le parasite voyage jusqu’au foie, où il demeure de 7 à 10 jours. Il s’y multiplie et se transforme sans que l’individu infecté manifeste de symptômes.
Le plasmodium retourne par la suite dans la circulation sanguine pour infecter les globules rouges, entraînant le développement de fièvre, de vomissements, de fatigue, de céphalées, de jaunisse, de douleurs musculaires et d’anémie. Lorsque le diagnostic est rapidement établi, au moyen d’un test appelé « goutte épaisse », les traitements disponibles permettent généralement la guérison. Non traitée, la maladie peut par contre entraîner de graves conséquences, pouvant aller, tel que mentionné, jusqu’au décès de la personne infectée.
Il existe plusieurs moyens de se protéger du paludisme : prise d’antipaludéens lors de la visite de zones endémiques, utilisation d’une moustiquaire de lit et d’insecticides, climatisation, élimination des eaux stagnantes et port de pantalons et de chandails à manches longues. Mais, disons-le franchement, les 45 degrés Celsius auxquels nous sommes soumis ces jours-ci nous incitent plutôt fortement à écarter cette dernière option…
Geneviève Morel et Nicolas Bouffard
Finissants en Soins infirmiers
Au cours de notre stage en milieu rural au Sénégal, nous avons à maintes reprises croisé un ennemi peu commode: la teigne. Il s'agit d'un champignon qui s'attaque neuf fois sur dix aux enfants. On reconnaît les sujets atteints par la présence de taches rouges de formes arrondies et par une perte de cheveux localisée que l’on observe lors de l’examen physique. D'autres symptômes, tels que la peau qui desquame, des croûtes et parfois même du pus, peuvent apparaître. On la retrouve principalement au cuir chevelu ou sur la barbe.
La teigne se manifeste souvent en milieu rural, car la promiscuité des gens et leur contact avec des animaux contaminés favorisent la propagation de cette maladie. La durée et les coûts engendrés par le traitement rendent la teigne particulièrement dramatique pour ces habitants. Antifongiques, antibiotiques, antihistaminiques et un déparasitant peuvent être nécessaires, en plus de pansements, selon le degré de gravité. Chez un peuple pour qui consulter un médecin ou une infirmière constitue une très grande dépense, le suivi pour le traitement de la teigne est très onéreux. Les coûts sont payés en partie par le dispensaire, qui puise son argent parmi des dons reçus. Malheureusement, le manque de médicaments est très fréquent.
Nous avons eu la chance de faire partie du groupe de sixième session en Soins infirmiers qui est parti au Sénégal cette année. Nous avons apporté avec nous plusieurs valises de médicaments et de pansements que nous avons remises aux dispensaires qui nous ont accueillis.
Nous vous remercions chaleureusement de nous avoir encouragés lors de nos multiples activités de financement.
Véronique Boissé et Isabelle Bastien
Finissantes en Soins infirmiers
Régi par la licence GNU Free Documentation License
Sénégal en santé 2011