Projet Sénégal en Santé

Stage international en Haïti

Gardons le cap sur la santé!

Présentation du stage en Haïti au printemps 2016

Pour plus d'information sur le stage qui aura lieu ce printemps en haïti, veuillez consulter la présentation du projet (PDF)

Nou Rivé (Arrivée en terre Haïtienne)

Après un an de travail acharné et de multiples activités de financement, nous avons laissé, dans la nuit du 5 novembre 2014, la métropole en route vers Haïti. Nous avons profité de notre escale de 24 heures à Miami pour visiter South Beach. Ce n’est que le lendemain que nous sommes arrivés sur la terre promise. Les premiers sentiments qui nous sont venus à l’esprit en foulant le sol haïtien sont ceux de fierté et d’accomplissement envers notre groupe. Enfin, nous avions réussi à atteindre le but que nous nous étions fixé il y a de cela un an.

Tout d’abord, nous nous sommes émerveillées devant les magnifiques paysages : les verdures tropicales, les montagnes majestueuses et la chaleur accablante. La population est très chaleureuse, quoique déstabilisée par la présence de «Blancs» dans leur coin de pays. D’un autre côté, nous nous sentions désemparées devant la pauvreté des infrastructures, des routes et de tous les déchets qui jonchaient le sol. Or, ce n’est pas surprenant sachant qu’Haïti est le pays d’Amérique où il y a le plus de gens vivant sous le seuil de la pauvreté. C’est déstabilisant lorsqu’on est une future infirmière visionnaire qui veut aider le monde, mais c’est la réalité à laquelle nous sommes confrontées. On ne peut que l’accepter et essayer toutefois de contribuer du mieux que l’on peut. Devant l’ampleur de la tâche, nous gardons espoir : le peuple haïtien est déterminé à bâtir un avenir meilleur pour les générations à venir.

Depuis notre arrivée, nous nous sommes senties chez nous. Toutes les personnes que nous avons croisées nous ont offert leur hospitalité. D’emblée, elle nous proposent leur aide, comme lors de cette soirée mémorable du 7 novembre 2014. C’était notre deuxième journée dans la perle des Antilles et nous avons eu la chance d’aller souper en République Dominicaine, le pays voisin. Pour entrer au pays, nous devons traverser le pont qui surplombe la rivière du Massacre. Après le souper, à notre retour, nous apprenions que le pont de la frontière est fermé. La seule façon de retourner en Haïti est de franchir à pied ladite rivière. À ce moment, nous croyions que le pire était derrière nous. Cependant, contre toutes attentes sur le chemin du retour, nous sentons une odeur de fumée. Le moteur de la caravane avait surchauffé. Nous nous sommes retrouvées sur le bord de la route; 8 canadiennes en plein milieu de la campagne haïtienne, sous le ciel étoilé et la pleine lune. Vaut mieux en rire qu’en pleurer! Et c’est ce que nous avons fait sur le chemin du retour, dans la boîte du «pick-up» de l’ami d’Andryse, qui encore une fois, venait sauver la mise.

Min tout bagay yo te fini an byen! (Mais tout est bien qui fini bien)

Chloé et Virginie
Finissantes en Soins infirmiers

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Séjour

Le vendredi, c’était déjà le temps de débuter les stages. Accueillis ce matin-là par la coordonnatrice des soins infirmiers à l’Hôpital de la Convention Baptiste d’Haïti (HCBH), nous avons reçu une visite guidée en plus de bénéficier d’une formation sur le système de santé en Haïti. Le lendemain, direction différente, nous sommes rendus au dispensaire de Robillard. Quelle ne fut pas notre surprise de trouver des enfants de la paroisse nous attendant sur le perron de l’église, placés en rangée et vêtus de leurs plus beaux habits. Ils étaient là, nous a-t-on dit, depuis six heures du matin et ils étaient déjà neuf heures! Les enfants se sont alors mis à nous chanter des chansons de leurs merveilleuses voix et on voyait bien qu'ils s'étaient préparés depuis longtemps. Émues jusqu'aux larmes, mais heureuses, nous ne savions pas quoi dire devant un tel accueil. Alors que nous pensions, la vue brouillée par les larmes, que nous avions déjà tout vu, quelques enfants ont descendu les marches et sont venus nous porter des feuilles de palmier sur lesquels avaient été tissés à la main de fleurs avec un ruban. Le souvenir de cet accueil aura marqué notre séjour et nous n'oublierons certainement pas.

Après la découverte des milieux, il était temps de débuter nos stages. Celles qui étaient à l'hôpital eurent l'occasion de prendre en charge des patients de l'urgence et de participer activement aux consultations des médecins. Celles qui étaient en dispensaire eurent l'occasion de mieux connaître la population au travers des nombreuses cliniques mobiles plusieurs fois par semaine et de séances d'enseignements auprès de la population. En plus de participer elles aussi activement aux consultations médicales elles ont pratiqué beaucoup de soins pré et post nataux.

Que ce soit en milieu hospitalier ou au dispensaire, quelque chose nous a toutes frappées: le manque de ressources ce qui influençait grandement la manière dont les soins étaient dispensés. Par contre c'est avec joie et étonnement que nous avons observé et vécu la relation infirmière-médecin qui est bien plus harmonieuse et empreinte de confiance. Sans oublier que le travail d'équipe occupe une grande place en milieu de soins.

En dispensaire nous avons pu observer un phénomène du milieu rural qui influençait beaucoup les soins: l'absence de loisirs pour cette population poussait les ménages, souvent confiné à la maison dès le coucher du soleil vers 17 ou 18 heures, à «faire des bébés». C'est ainsi que trois d'entre nous ont eu l'occasion de rencontrer des femmes qui en était à leur 7e, 10e, 15e grossesse dans ce milieu où la contraception est très mal perçue, surtout par les hommes.

Nous avons aussi eu l'occasion de visiter la maison d'un Ougan, représentant de la religion voudouisante qui, dit-on, serait celle de 99 % des Haïtiens (ceux qui croient et pratiquent, ceux qui y croient sans pratiquer). Cette visite s'était faite dans le cadre d'une discussion sur la culture haïtienne en compagnie du prêtre, du Ougan , du médecin et une infirmière. En tant qu'étudiantes infirmières nous sommes habituées de trouver une logique à la plupart des choses nous entourant. C'est pourquoi cela a été un apprentissage pour nous, non seulement de travailler avec des gens ayant des croyances opposées aux nôtres, mais aussi de s'y adapter. D'ailleurs, malgré cette diversité de croyances, nous avons pu constater qu'une collaboration en matière de soins de santé s'était créée entre la médecine moderne et la médecine traditionnelle. Aussi, l'enseignement fait partie des tâches primordiales de l'infirmière, surtout en milieu rural, là où les rites et les croyances au surnaturel prennent une très grande place dans la mentalité des gens.

Le samedi 15 novembre, nous sommes parties à Milot pour visiter deux très beaux lieux historiques : Le palais Sans Soucis, construit au début du XIXe siècle en Haïti par Henri Christophe, premier roi d'Haïti, et la citadelle Laferrière, perchée sur une très haute montagne, construite à la même époque et œuvre de ce même roi, pour défendre la partie nord de l'île d'Haïti contre un éventuel retour des Français. Nous avons pu constater durant ce séjour qu’Haïti est un pays ayant bien des trésors à offrir et on ne peut que gagner à les découvrir!

Ange Lisa et Jasmine
Finissantes en Soins infirmiers

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Au revoir Haïti, Merci! Ayiti n’alé, Mèsi!

Le grand départ approchait à grands pas, mais il nous restait encore du pain sur la planche. Le jeudi 20 novembre nous avons eu l’occasion de travailler les six stagiaires ensemble, avec une équipe de l’Angleterre ainsi qu’avec l’équipe de l’Hôpital Convention Baptiste d’Haïti, afin de réaliser une clinique mobile dans la communauté de Ti charite. À notre arrivée, une salle bien remplie de femmes et d’enfants nous attendait déjà. Nous avons participé aux consultations prénatales et pédiatriques, administré des vaccins et distribué des médicaments. Malgré le grand nombre de personnes que nous avons pu aider, nous avons tout de même eu un petit pincement à nos cœurs d’infirmières puisqu’il n’a pas été possible de passer tout le monde en consultation.

Le samedi suivant, nous étions excités à l’idée d’aller rencontrer des femmes qui souhaitent démarrer une entreprise d’économie sociale. On dit que la patience est une vertu, on l’a pratiqué, puisqu’on a attendu notre transport pendant cinq heures. Vers 15h00, nous étions en route vers le dispensaire de Robillard pour célébrer avec la communauté la fin de nos stage en Haïti. Spectacles de danse, de chant, et d’humour créole par les enfants, puis discours émouvants étaient de la partie. Avec le cœur gros et la tête pleine de souvenirs, nous avons fait nos derniers adieux aux infirmières qui nous suivaient depuis déjà deux semaines.

Nous avons profité d’un beau dimanche ensoleillé pour finaliser nos emplettes, question de ramener une petite partie d’Haïti à nos proches. En après-midi, nous avons visité le site historique de la bataille de Vertières, qui a eu lieu en 1803, juste avant que l’Haïti devienne le premier pays de l’Amérique à obtenir son indépendance. La bataille, qui fête cette année ces 211 ans, opposait à l’époque l’armée haïtienne et l’armée française de Napoléon. Le monument au centre du site ainsi que les arbres peints aux couleurs du drapeau haïtien font de Vertières un lieu mythique de l’histoire d’Haïti.

Avant de retrouver le froid hivernal du Québec, nous avons profité de la plage de Labadee, un incontournable des Caraïbes. C’était sans doute une des journées les plus attendues du voyage, et surtout une journée bien méritée après les efforts investis au cours de la dernière année. Le lendemain, nous avons visité l’Université de Limonade, donc de la République dominicaine à l’Haïti. Nous avons été surprises de la beauté de l’infrastructure et du contraste entre la modernité de cette école par rapport au reste du pays, encore sous-développé. Ensuite, après avoir terminé nos valises, nous ne nous doutions point que Françoise, notre mère d’accueil pour ces 3 semaines, avait organisé pour nous une fête de départ sur la terrasse de sa maison. Kompa, verre de vin et plaisir étaient au rendez-vous.

Le mercredi 26 novembre, la journée du grand départ était arrivée. C’est après les derniers adieux à Françoise, aux cuisinières et aux aides de la maison où nous étions hébergées que l’on empruntait pour la dernière fois la route dans la ville du Cap-Haïtien, dans notre fameuse caravane. C’est avec un brin de nostalgie, une tonne de souvenirs et un nouveau bagage d’expérience, autant sur les plans personnel et professionnel, que nous quittions la perle des Antilles en direction de Montréal.

Alexandra et Marie-Julie
Finissantes en Soins infirmiers

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