Sommes-nous encore romantiques?
Idées et pratiques romantiques dans les relations intimes contemporaines
Mardi 30 septembre, de 8 h 45 à 10 h 15, à l’Annexe (A4.82a)
Depuis quelques décennies, les sociologues, les expertes, les experts et les médias dans les sociétés occidentales s’interrogent sur la fin du romantisme en amour. L’idéal romantique de l’amour unique, pour toujours, qui dépasse naturellement tous les obstacles, est désormais considéré comme une illusion, une fable pour les enfants. La mauvaise réputation du rêve romantique relève particulièrement des maintes critiques féministes qui en ont dénoncé les inégalités sous-jacentes. Mais est-ce que cela signifie que les personnes ont renoncé à tout romantisme dans leurs pratiques intimes, et qu’elles ne se disent plus « romantiques »? Sur la base d’entretiens réalisés avec des personnes adultes au Canada, je montrerai que le romantisme ne cesse pas de jouer un rôle dans la vie des personnes en relation ou qui cherchent une relation, et ce, de manière relativement indépendante du genre, de l’orientation sexuelle et du statut relationnel des personnes interrogées. Nous allons voir de quelle manière une définition plus pragmatique du romantisme peut se conjuguer avec des demandes d’égalité dans les relations intimes.
Chiara Piazzesi est professeure titulaire au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal, titulaire de la Chaire ERICA pour l’étude des relations intimes, conjugales et amoureuses et chercheure principale du projet Mapping Contemporary Love and Intimacy Ideals in Canada (MACLIC). Ses intérêts de recherche comprennent les relations intimes, les questions féministes, les questions de genre, les pratiques numériques et la sociabilité numérique. Elle est membre du CRIPCAS, du Partenariat Familles en mouvance et du RéQEF. Son plus récent livre, paru en 2023, porte le titre The Beauty Paradox. Femininity in the Age of Selfies (Rowman & Littlefield).