Henri Dunant : Sa vie et son œuvre

Par Nathalie Brice (Sciences humaines)

Né le 8 mai 1828 à Genève, Henri Dunant consacre ses énergies aux pauvres et aux infirmes.  Issu d’une famille patricienne protestante, sa nature désintéressée et son éducation le portent à se préoccuper de plusieurs mouvements sociaux.  Fondateur de la « Réunion du Jeudi », puis de « l’Union chrétienne de jeunes gens » (mieux connu, en Amérique du Nord, sous le sigle YMCA), le jeune Henri fait déjà preuve d’une rare conviction dans l’action charitable. 

Parallèlement, le jeune homme poursuit ses études non sans quelques soucis.  Piètre collégien, ses parents le placent en apprentissage chez des banquiers de renom.  C’est à ce moment qu’il se lance dans une carrière d’employé de banque.  En 1853, il entre au service de la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif, où il devient agent d’exploitation terrienne en Algérie.  C’est à ce même endroit que Dunant fait ses premières armes.  Ses nombreuses initiatives, telles que la construction de villages et le paiement des ouvriers, illustrent à nouveau son engagement et sa créativité.  Suite à ses périples effectués en Algérie et en Tunisie, il retourne en Europe pour obtenir l’appui nécessaire auprès de l’empereur Napoléon III dans le règlement d’un problème lié à ses affaires.  Se rendant donc à Castiglione en Italie pour le rencontrer, Henri Dunant est témoin d’une effroyable tuerie. 

La bataille de Solferino a eu lieu le jour même de son arrivée, soit le 24 juin 1859.  Blessés et mourants sont abandonnés sur le champ de bataille, sans eau, entassés dans la boue, à peine soignés par des services sanitaires complètement dérisoires.  Devant ce chaos, Henri Dunant oublie ses soucis algériens.  Avec le soutien des paysans, il improvise des secours pour ces pauvres moribonds, sans faire de distinction de nationalité.  Ces quelques jours passés à Castiglione au service des autres ont suffi à bouleverser la vie de Henri Dunant.

Choqué par ce véritable carnage, Dunant ne parviendra à se défaire de ce terrible souvenir qu’au moyen de l’écriture.  C’est en 1862 que son livre Un Souvenir de Solferino  est publié.  Cet ouvrage décrit non seulement  les horreurs de la guerre mais livre également trois propositions, soit celle de constituer en temps de paix des sociétés de secours dont le but serait de porter assistance aux blessés en temps de guerre, de recruter et de former des infirmiers et infirmières volontaires qui seraient reconnus par les armées et, enfin, de formuler « un principe international, conventionnel et sacré » dans un texte officiel signé et respecté par les gouvernements d’Europe. 

Son projet prendra forme grâce au soutien de Gustave Moynier.  C’est d’ailleurs avec lui ainsi qu’avec le général Dufour et deux autres médecins, Louis Appia et Théodore Maunoir, que Dunant formera, en 1875, le fameux  Comité International de la Croix-Rouge .  Une fois les premiers principes élaborés, il s’agissait pour ce comité d’inciter les véritables acteurs à les adopter.  En raison d’un travail acharné, Henri Dunant réussit à convoquer les représentants des gouvernements européens à une conférence diplomatique.  C’est ainsi qu’est signée, le 22 août 1864, la première « Convention de Genève » qui sanctionne notamment la neutralité des équipes soignantes et établit le signe distinctif de l'organisation, un brassard blanc marqué d’une croix rouge, garantissant la sécurité et l’efficacité des secours.  Véritable étape dans l’histoire de l’humanité, cette signature annonce non seulement la naissance d’une imposante organisation internationale encore influente de nos jours, la Croix-Rouge, mais aussi la reconnaissance d’un accord entre États visant à maintenir « un espace humanitaire neutre sur les champs de bataille ».  

Cette institution s’est beaucoup développée depuis les origines du mouvement.  Les relations internationales s’étant multipliées, la Croix-Rouge a dû s’adapter aux exigences nouvelles des peuples.  Or, son emblème a toujours gardé la même valeur, celle d'un symbole de protection et de neutralité reconnu internationalement.

 Inspiré par le souffle de Dieu et étant convaincu que son travail était un instrument de Sa Volonté sainte, Dunant le pacifiste idéaliste n’a pas cru à la possibilité d’abolir les guerres, mais à l’urgence d’en adoucir l’horreur.   Après avoir mené un combat acharné dans le but « d’humaniser la guerre »,  Henri Dunant s’éteint dans la plus grande tranquillité le 10 octobre 1910, à l’âge de 82 ans, soit neuf ans après s’être vu décerné le Premier Prix Nobel de la Paix. Cet illustre personnage laissera ainsi derrière lui la plus vaste entreprise d’entraide à l’échelle planétaire, la Croix-Rouge

© CVM, 2004

 

BIBLIOGRAPHIE :

 

§               COURSIER, H.La Croix-Rouge est internationale, Paris, Presses universitaires de France, 1959. Collection « Que sais-je ? ». 

 

§               FERRÉ, J.-L.L’action humanitaire, Paris, Les essentiels Milan nº 10, 1995.

 

§               BRAUMAN, RL’action humanitaire, Collection Dominos, Flammarion nº60, 1995.

 

§               Ouvrage suivant tiré du site internet : DUNANT, H. (1862).  Un Souvenir de Solferino, 2ième édition.

 

§               Site internet de la Société Henry-Dunant.

 

§               Site internet de la Croix-Rouge canadienne. 

 

§               Site internet des Prix Nobel de la Paix.