15 avril 1998
Le scepticisme philosophique
Dans Le Scepticisme philosophique, André Verdan nous parle de la théorie de Montaigne. Il dit que nos sens et notre raison ne suffisent pas à nous faire voir comme il faut le monde extérieur et que nous en faisons une mauvaise interprétation. Cela nous empêche d'atteindre la vérité. Il dit qu'il faut s'abstenir de toute affirmation concernant notre ignorance car cela confirme la certitude de notre ignorance. Cela m'amène à me poser la question suivante : doit-on vraiment douter de tout, même de ce qui représente une évidence à ses yeux sous prétexte que l'on peut se tromper ?
Dans ce texte, je tenterai de montrer que le scepticisme absolu, même de son ignorance serait ridicule. Il y a toujours quelque chose dont on ne peut pas douter même dans un scepticisme très poussé.
Premièrement, je vais parler de ce que nos sens peuvent nous faire ressentir. Montaigne dit qu'il faut toujours douter de ses sens car ils peuvent nous donner une image altérée de la réalité selon notre condition physique. Cependant, notre condition physique n'est pas toujours à son plus faible et nous pouvons lui faire confiance la plupart du temps. Expliquons-nous. Si nous avons eu une bonne nuit de sommeil, que nous mangeons adéquatement tout ce qu'il faut manger dans une journée et que nous faisons assez d'exercice pour nous garder en forme, il n'y a aucune raison pour nous de ne pas faire confiance à notre corps et de la perception qu'il peut nous donner de la réalité. De plus, Descartes dit qu'il ne faut pas toujours remettre nos sens en question puisque nous nous en servons toujours. En somme, douter toujours de nos sens est ridicule.
Deuxièmement, je parlerai de la raison qui n'est pas toujours certaine. Montaigne dit que notre raison n'est pas plus sûre que nos facultés sensibles et qu'il ne faut pas s'y fier. Il dit que la raison est toujours affectée par ce que nous ressentons intérieurement. Si ce qu'il dit est vrai, notre raison n'est pas toujours déficiente et nous pouvons nous y fier. Lorsque tout va bien, notre intérieur se sent bien également et nous pouvons penser à notre guise. Cela nous mène à des conclusions qui peuvent être certaines la plupart du temps. Nous pouvons donc nous fier à notre raison lorsque tout va normalement sans trop de crainte de nous tromper sur tout.
En troisième lieu, je parlerai de ce qui est impossible de douter. Montaigne spécifie qu'il faut s'abstenir de toute affirmation et qu'il faut suspendre notre jugement. Cependant, le doute amène toujours à la même conclusion selon Descartes. Lorsque nous doutons de tout, nous sommes certains d'une chose : c'est que nous doutons de tout. Descartes dit qu'il ne faut pas absolument suspendre notre jugement car le doute est un moyen pour en éviter les erreurs. L'absence d'affirmation et de jugement est donc impossible.
Nous nous sommes interrogés sur la nécessité de douter de tout, même de ce qui représente une évidence à nous yeux sous prétexte que nous pouvons nous tromper. Nous avons vu d'une part qu'il ne faut pas toujours se fier à nos sens et à notre raison mais que nous pouvons leur faire confiance dans beaucoup d'occasions. Nous avons vu d'autre part qu'il est impossible de douter de tout.