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Activités et services aux étudiants

Capsules 46 à 59

L'erreur que je ne ferai plus

Capsule numéro 46

« Bonjour! »

Il est agréable, le matin, lorsque l'on rencontre quelqu'un, de saluer cette personne d'un vif et joyeux « Bonjour! ». Celle-ci, généralement, s'empressera alors de vous rendre la pareille et nous partirons alors tous deux, heureux pour toute la matinée, tout au moins, sinon pour toute la journée... C'est la façon de faire dans les pays de langues romanes : en italien, on dira, par exemple, « Buón giórno! ». Et les hispanophones connaissent bien leur manière de dire cette salutation.

Cependant, une nouvelle expression est malencontreusement apparue depuis quelques années, diffusée largement par la télévision et la radio, et l'on entend bien souvent désormais « Bon matin! ». Il s'agit là d'un calque (traduction littérale) de l'expression anglaise « Good morning! » qu'il est bien sûr très agréable d'entendre sur les trottoirs de New York ou de Boston, mais qui est plutôt inappropriée à Montréal...

Ainsi, à juste titre, le bulletin d'information hebdomadaire du Cégep s'appelle-t-il tout simplement « Le Bonjour », comme on le dit en français.

Capsule no 47

« Supporter les mesquineries et non les Spartiates... »

L'on peut être obligé, à l'occasion, mais pas trop souvent, souhaitons-le, de « supporter les mesquincapsules46a58.aspx#cap58eries », les commentaires désagréables d'un membre de notre famille, voire d'un collègue. Dans ce cas, on veut dire que l'on doit tolérer ou endurer ces propos.

Ce n'est pas du tout là le sens d'appuyer une campagne de financement de la Fondation du cégep ou encore l'équipe des Spartiates. On ne supporte pas les Spartiates : on les appuie ou on les soutient; c'est ainsi correctement dit en français.

Ah ! tous ces anglicismes... même au « football »... que pourtant au Québec l'on traduisait jadis incongrûment par « ballon-pied »...

Capsule no 48

« Eh bien! » ou « Et bien! »

« L'interjection — littéralement entre jeter — est une sorte de cri qu'on jette dans le discours pour exprimer un mouvement de l'âme, un état de pensée, un ordre, un avertissement, un appel. » (Grevisse) Les interjections sont généralement brèves, composées d'une seule syllabe et suivies d'un point d'exclamation si elles constituent en elles-mêmes une phrase complète. « Ah! Hep! Ouste! » Autrement, elles sont simplement séparées du reste de la phrase par une virgule.

Quand on réunit plus d'un mot pour composer une interjection, on appelle alors celle-ci une locution interjective. « Ma foi! Tout doux! Eh bien! » Précisément, dans le cas de « Eh bien! », on peut être tenté de l'écrire comme on le faisait au XVIIe siècle : « Et bien! » ; mais la graphie moderne lui préfère la forme interjective du « Eh! », ou, parfois, du « Hé! ».

« Eh bien, voilà quelque chose que je ne savais pas et dont je me souviendrai à jamais! »
« Eh bien, nous l'élèverons, ce petit. » (Maupassant)

Cette erreur est codée O1 dans la grille de correction, avec un petit H encerclé pour signifier qu'il s'agit là d'une erreur d'homophonie.

Capsule no 49

Les numéraux composés

Avec la rectification de l'orthographe française adoptée en 1990, la graphie des numéraux composés s'est grandement simplifiée : désormais, plus d'hésitation à propos des traits d'union! Peu importe que le nombre soit au-dessus ou au-dessous de cent, tous les adjectifs numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d'union : « vingt-un-mille-six-cent-deux, un-million-cent-cinquante-mille-deux-cent-quarante-cinq ». Voilà qui simplifie grandement l'écriture de nos chèques...

Rappelons qu'aucune des deux graphies, ni l'ancienne ni la nouvelle, ne peut être tenue pour fautive.
S'il y a erreur avec les traits d'union, celle-ci est codée O4 dans la grille de correction.

Capsule no 50

« Lieux » ou « lieues »

Les mots provenant de réalités dont on ne parle plus dans la langue courante sont parfois, de façon erronée, remplacés par d'autres plus actuels. Qui, aujourd'hui, utilise le mot « lieue », avec un « e » à la fin, pour faire référence à une mesure de distance ? Bien peu d'entre nous... D'où la substitution fautive par le mot « lieu », sans « e » final, dans le sens de portion définie de l'espace, dont la signification est cependant relativement proche du premier.

Ainsi, on écrira : « Je suis à mille lieues de mon objectif. » et non « Je suis à mille lieux de mon objectif. »
Au fait, une lieue mesurait environ trois de nos anciens « milles » (unité de mesure de longueur anglo-saxonne qui s'écrit aussi « miles »), soit l'équivalent d'environ cinq kilomètres.

Cette erreur est codée O1 ou L1 dans la grille de correction, avec un petit H encerclé pour signifier que c'est une erreur d'homophonie.

Capsule no 51

« Cieux » ou « ciels »

Les deux formes sont possibles parce que certains mots peuvent avoir deux formes différentes au pluriel, l'une des deux étant généralement plus spécifique. Il en est ainsi du mot « ciel » qui, lorsqu'il désigne, selon l'usage courant, l'espace au-dessus de nos têtes où se retrouvent les différents astres, devient alors « cieux » au pluriel. « Il n'y a qu'un Dieu qui règne dans les cieux », comme le dit si bien la comptine...

Cependant, si l'on désigne la partie d'un tableau qui représente le ciel ou encore l'aspect du ciel dans un lieu particulier, on écrira alors « ciels », avec un « s » tout simplement.

« Les ciels de Charlevoix, en août, avec leurs aurores boréales, sont absolument magnifiques. »

« Dans les tableaux des von Ruysdael, ceux de Salomon et de son neveu Jacob, les ciels sont toujours très impressionnants. »

À voir ces magnifiques ciels de Jacob von Ruisdael au Musée des Beaux-Arts de Montréal sur son tableau Champs de blanchiment près de Haarlem.

Cette erreur est codée N1 dans la grille de correction.

Capsule no 52

Les verbes « débuter », « répugner » et « téléphoner »

Le verbe « débuter » est intransitif, c'est-à-dire que l'action qu'il exprime n'a de rapport qu'avec son sujet et, en conséquence, qu'il ne peut avoir ni de complément direct du verbe ni de complément indirect. Alors, au commencement d'une rédaction, il est tout à fait incorrect d'écrire : « Pour débuter cette analyse,[...] » Cependant, on peut parfaitement écrire : « Le poème débute par une interjection. »

Quant au verbe « répugner », lui, c'est un verbe intransitif indirect, c'est-à-dire qu'il exige que son complément lui soit relié par une préposition (« à », « de », etc.). Ainsi, on ne peut pas écrire que « la mort répugne le personnage », mais bien plutôt que « la mort répugne au personnage », ou encore que « la mort lui répugne » et non pas que « la mort le répugne ».

De même, « on ne téléphone pas quelqu'un » ; il faut plutôt dire « on téléphone à quelqu'un ».

Ces erreurs sont codées V5 dans la grille de correction.

Capsule no 53

« Je m'appelle... » et non « Je suis... »

Parfois, il arrive que l'on ait à se présenter soi-même, en public, lors d'une fête, d'un colloque, au moment d'une conférence que l'on prononce ou encore tout simplement lorsqu'on est entre amis.

Et l'on peut être alors fortement tenté de faire comme les anglophones le font et dire : « Je suis Flora Bernier ». Comme, d'ailleurs, tous les joueurs des Canadiens l'ont fait lors de leur première rencontre à Montréal il y a quelque temps : « Je suis Guillaume Latendresse », « Je suis Maxime Lapierre », etc.

Non ! en français, pour éviter le calque très facile de l'anglais, et qui est malheureusement fort répandu, on doit dire : « Je m'appelle Mélissa Fournier » ou encore « Je me nomme Melody McKinnon », et cela, comme on le voit, même pour une anglophone...

Ainsi va la vie, avec la très proche cohabitation des langues... Et, alors, il faut faire comme on le fait normalement dans sa propre langue... « Je m'appelle Arthur Rimbaud » et narguer alors toute la planète...

Cette erreur est codée L1 dans la grille de correction.

Capsule no 54

« Exclue » et « incluse »

Les verbes « exclure » et « inclure » sont des antonymes, c'est-à-dire des mots dont le sens est opposé, ne serait-ce que par leurs préfixes. Et même s'ils se ressemblent beaucoup, tout en étant contraires, au participe passé, ils se distinguent nettement. Ainsi, au féminin, « exclue » ne se forme pas comme « incluse ». Le problème vient du fait que « inclus » a conservé une consonne muette à la fin, un « s », alors que « exclu » n'en a pas !

La désinence en « u », sans « s », s'est imposée à un grand nombre de participes passés il y a déjà bien longtemps.

C'est là une des différences anciennes que l'usage n'a pas encore aboli. Autrefois, on pouvait écrire « excluse », mais plus aujourd'hui.

Mais on doit encore écrire « percluse » et « recluse », verbes qui ont, eux aussi, conservé leur consonne muette au participe passé masculin...

Cette erreur est codée V4 dans la grille de correction.

Capsule no 55

« Si j'aurais... »

Petit Gibus disait jadis, dans un film célèbre, La Guerre des boutons : « Si j'aurais su, j'aurais pas venu. » Évidemment, aujourd'hui, cette façon enfantine de dire fait rire : c'est celle d'un petit garçon français de six ou sept ans qui exprime alors un immense sentiment de désarroi.

Mais, aujourd'hui, on se surprend à entendre encore, surtout à l'oral, cette malencontreuse erreur. La condition imposée par le « si » ne commande absolument pas un conditionnel pour le verbe qui suit; il faut plutôt utiliser l'imparfait. Alors, il vaut mieux dire : « Si j'avais su, je ne serais pas venu », en corrigeant également l'usage inapproprié de l'auxiliaire du deuxième verbe.

Que retenir de cela sinon que, comme le dit l'expression convenue, les « si » n'aiment pas les « rais », ou, autrement dit, par procédé mnémotechnique, que le poisson-scie n'aime vraiment pas les raies...

Cette erreur est codée V3 dans la grille de correction.

Capsule no 56

Élision de « que »

Le « e » de « que », que celui-ci soit pronom ou conjonction, s'élide* toujours devant une voyelle, quel que soit le mot qui le suit : « Je pense qu'Aline pense. » On fait de même avec la préposition « jusque » (comme dans « jusqu'au matin »).

Cependant, « lorsque », « puisque » et « quoique » ne s'élident que devant un nombre limité de mots, soit « il, elle, en, on, une et ainsi ». Par ailleurs, « presque » ne s'élide que devant le mot « île » (comme dans « presqu'île »).

* L'élision consiste à remplacer la voyelle finale ( « a », « e », « i » ) de certains mots par une apostrophe devant un mot commençant par une voyelle ou un « h » muet. Devant un « h » aspiré, cependant il n'y a pas d'élision. Les mots commençant par un « h » aspiré sont identifiés dans le Multidictionnaire par la mention (« h » aspiré) et dans le Robert par une apostrophe précédant la forme orale du mot : « HALTE ['alt]. »

Cette erreur est codée O1 dans la grille de correction.

Capsule no 57

« Chez soi » ou « chez-soi », avec ou sans un trait d'union

La présence ou l'absence du trait d'union nous fait souvent hésiter. Doit-on en mettre un ou pas ? Parfois oui, parfois non...

C'est fréquemment le cas quand on unit, par exemple, « chez » à un pronom personnel comme « moi ». « Chez » est une préposition qui, en général, indique un lieu. « Je suis rentré très tard chez moi. » Cette préposition peut aussi être utilisée pour désigner une personne ou une œuvre : « Chez Marco, on mange fort bien. » « Chez Baudelaire, les parfums sont omniprésents. »

Mais il faut distinguer cette préposition jointe sans trait d'union à un nom ou à un pronom d'avec les noms masculins invariables qui sont composés d'un « chez » et d'un pronom, comme « mon chez-moi » « ton chez-toi » et « leur chez-soi ». Dans ces derniers cas, comme on l'observe, tous les mots composés d'un « chez » sont accompagnés d'un déterminant, et ils désignent alors un domicile personnel tout en connotant, en plus, une certaine valeur affective. « Tous et chacun souhaitent avoir un chez-soi chaleureux et accueillant. » Quand « chez » et son pronom constituent un mot composé, ils sont alors joints par un trait d'union.
Cette erreur est codée O4 ou O1 dans la grille de correction.

Capsule no 58

Les « gentilés »

Vous connaissez ce mot, « gentilé » ? Non ? Il y a bien sûr, au téléjournal de la SRC, le journaliste David Gentile. Mais il ne s'agit pas du tout ici du même personnage. Un « gentilé », c'est, selon le Multidictionnaire, la « dénomination des habitants par rapport au lieu où ils habitent. »

Alors, on dira, par exemple, des habitants du Québec, ou de ceux de la ville de Québec, qu'ils sont des Québécois ; et le mot, parce qu'il est un nom propre désignant des personnes, s'écrira alors avec une majuscule. Idem pour « les Américains, les Français, etc. »
Cependant, lorsque le même mot est utilisé comme adjectif, il ne prend plus de majuscule. « L'hiver québécois est très rigoureux, un film américain, un pain français, etc. »

Cette erreur est codée O3 dans la grille de correction.


Capsule no 59

 Les préfixes « contre » et « entre », avec ou sans trait d'union ?


Les préfixes « contre » et « entre », avec ou sans trait d'union ?
Quand on ouvre un dictionnaire, n'importe lequel, aux pages contenant les mots qui commencent par le préfixe « contre », on est abasourdi de voir à quel point il est difficile de s'y retrouver. On trouve « contretemps », en un seul mot, mais aussi « contre-plaqué », avec un trait d'union. La même chose avec « entre » : « entrecroiser », mais « entre-déchirer (s') ».

Aucune règle ne permet de déterminer quand il faut ou quand il ne faut pas utiliser le trait d'union.
Mais voilà que la nouvelle orthographe du français règle, une fois pour toutes, ce problème : « Le trait d'union est remplacé par la soudure dans tous les composés formés avec contr(e) - et entr(e)- »,  pour lesquels on poursuit l'action commencée par l'Académie en 1835, 1878 et 1935 (par ex. : contrappel, entretemps, sur le modèle de contrepoint, entrevue).

Ce n'est donc pas d'hier que datent les premières tentatives de rectifications... Et l'on cessera enfin de « s'entretuer » au sujet de ce tout minuscule trait d'union...

Rappelons que, pour l'instant, aucune des deux graphies (ni l'ancienne ni la nouvelle) ne peut être tenue pour fautive, et ce, depuis le 22 mai 1993.