courant volontariste et naturaliste

 

 

 

        

1‑ Grotius (1583‑1645)

 

                Avec Grotius apparaît une façon nouvelle d'envisager le droit. On ne cherche plus à définir le  droit en soi dans une perspective ontologique. Désormais on le définit comme la faculté d'avoir ou de faire quelque chose qui résulte du pouvoir sur soi(liberté), sur autrui, ou  sur les choses. Cela devient un des moyens pour l'homme d’organiser la société et de dominer la nature pour la mettre à son service. Le droit est une création volontaire, guidée par l'instinct de sociabilité.

 

Cette pensée est bien illustrée par le credo nouveau: « pacta sunt servanda » :  Il faut respecter les ententes, les contrats. Ce principe devient le fondement de toute vie juridique et sociale, nationale et internationale.

 

Bien qu'il admette l'existence du droit naturel qui est un « dictatum rectae rationis » il nie toute référence à la 1oi éternelle, contrairement à Saint Thomas d'Aquin. Grotius sépare le droit du la théologie comme Machiavel sépare la morale de la politique.

 

Dans son livre "De mare liberum" il affirme sa croyance en un droit de la nature "qui est également la mère de tous, dont l'emprise s'étend sur ceux qui commandent aux nations ... Il

 

    Pour Grotius,la nature c'est essentiellement la nature humaine. "La mère du droit naturel est la nature même qui nous porterait encore à rechercher le commerce de nos semblables quand bien même nous n'aurions besoin de rien". C'est la nature de l'homme qui devient le principe fondamental du droit naturel et ce qui caractérise l'homme c'est d'abord la sociabilité;qui est contraire à la raison  est contraire au droit naturel. « Le droit naturel est un décret de la raison droite indiquant que tel acte est valable ou non..."

 

"Cette conception se définit essentiellement en ce qu'elle fait de l'individu une fin en soi; c'est désormais la volonté individuelle qui est considérée comme l'élément fondamen­tal du droit, et le meilleur moyen de recher­cher "le juste",, car l'individu veut et sait ce qui est conforme à ses intérêts. Les solutions juridiques doivent d'abord être recherchées par un rattachement à la volonté individuelle. 1,1autonomie de la volonté est l'âme de tout le système Juridique. L'instru­ment essentiel et idéal de la réalisation du droit, c'est le contrat, car "qui dit con­tractuel, dit juste". (Brimo, p.88)

 

2‑ Jean‑Jacques Rousseau (1712‑1778)

 

Du 16è au 18è s., pendant toute la période de la Re­naissance, toute la culture occidentale est en profonde mutation. Révolution copernicienne, développement des sciences, contesta­tion radicale de la philosophie d'Aristote; au fond, la société change profondément, mais la structure politique demeure la même. .Il faut trouver des principes nouveaux de légitimité politi­que, de pouvoir et de droit. Ce fut principalement Rousseau qui apporta ces idées (pas tout à fait nouvelles en réalité, puisque Epicure, le premier, formula une théorie du contrat social liée à l'état de nature à l'époque d'Alexandre le Grand): l'idée d'état de nature et de contrat social à l'origine de la société.

 

Les réflexions de Rousseau partent de l'homme naturel, i.e. non‑enqaqé dans les liens de la société civile. C'est un état pré‑social, une "véritable jeunesse du monde", "l’état naturel à l'espèce humaine".

 

"Avec la vie sociale commencent, pour Rousseau, le droit et la moralité. Il ne peut y avoir droit et  moralité que là où il y a des règles universelles ; il  n'y a pas de règle universelle là où n'existe pas de volonté générale. L'individu ne renonce à lui comme être sensible que pour s'affirmer comme raisonnable et moral. Par la volonté générale, il y a dépassement de l'homme qui devient un être nouveau. » (Brimo)

 

Pour Rousseau, la volonté générale n'a en vue que le bien  commun, elle est toujours droite et tend toujours à l’utilité publique :  

 

"On veut toujours son bien, mais on ne le voit pas  toujours: jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent  on le trompe et c'est alors qu'il paraît vouloir ce qui

est mal. Il y a souvent bien de la différence entre la volonté de tous et la volonté générale; celle-ci ne  regarde qu'à l'intérêt commun, l'autre regarde à l’intérêt privé et n'est qu'une somme de volontés particulières".(Contrat social).

 

"La volonté générale trouve son expression dans la loi… »

L'égalité juridique est la condition nécessaire de l'intégration de l'individu à la société.

 

 Page précédente

 

 Page suivante


 

Copyright Claude Collin 99copy3.gif (2372 bytes)Mise à jour 22 déc. 2006
Faites parvenir vos requêtes ou commentaires à
Claude COLLIN
Pour tout problème technique communiquez avec
Bernard COLLIN

Cliquez pour accéder la page d'aide!