Le courant humaniste

 

 

 

 

Charles de Montesquieu (1689‑1755)

 

            Juriste,homme de lettres, philosophe,figure principale de la philosophie des Lumières, rédacteur de l'Encyclopédie,il exercera une influence considérable sur la pensée de son époque. Il fut le premier à mettre en évidence la relativité du droit, le premier à faire du droit comparé. Ses oeuvres principales: Les lettres Persanes  et L'esprit des lois

 

    A la base de la philosophie de Montesquieu se trouve sa conception de la liberté politique:

 

        "Ce mot de liberté dans la politique ne signifie pas, à beaucoup près, ce que les orateurs et les poètes lui font signifier. Ce mot n'exprime proprement qu'un rapport et ne peut servir à distinguer différentes sortes de gouvernements: car l'état populaire est la liberté des personnes pauvres et faibles et la servitude des personnes riches et puissantes; et la monarchie est la liberté des grands et la servitude des petits ( ... ) Ainsi, quand, dans une guerre civile, on dit qu'on combat pour la liberté, ce n'est pas cela: le Peuple combat pour la domination sur les grands et les Grands combattent pour la domination sur le Peuple. Un peuple libre n'est pas celui qui a une telle ou une telle forme de gouvernement: c'est celui qui jouit de la forme de gouvernement établi par la loi (...) De là il faut conclure que la liberté politique concerne les monarchies modérées comme les républiques, et n'est pas plus éloignée du trône que d'un Sénat; et tout homme est libre qui a un juste sujet de croire que la fureur d'un seul ou de plusieurs ne lui ôteront pas la vie ou la propriété de ses biens."

 

    Montesquieu recherche les causes morales et physiques qui agissent sur le formation du droit et de l'État. Pour lui, les causes morales; (superstructure diraient les marxistes contemporains) sont plus déterminantes que les physiques (infrastructure) mais elles ont aussi une action nécessaire. Ainsi, les trois sortes de gouvernements se fondent:

 

 

            a) le despotisme sur la crainte;    

            b) la monarchie sur l'honneur;

            c) le régime démocratique sur la vertu.

 

    Il doit y avoir un équilibre entre les pouvoirs obtenu par un contrôle. Le pouvoir exécutif participe du législatif par la faculté d'empêcher (v.g. veto présidentiel). Réciproquement il appartient au législatif de vérifier de quelle manière les lois qu'il a faites ont été exécutées.

 

        "C'est chez Montesquieu que nous rencontrons une conception de la science juridique et de la science politique qui se rapproche le plus des préoccupations de nos humanistes. Il est parvenu de très bonne heure (...) à une définition du droit et de sa méthode dominée par un humanisme très en avance sur son temps (...)et à la formulation d'une théorie des équilibres  constitutionnels, source de la sûreté et des libertés garanties par la loi".

 

    Selon Montesquieu, la loi n'est pas seulement un commandement, mais elle a un fondement plus profond: "les lois sont des  rapports nécessaires qui résultent de la nature des choses". "Plusieurs choses gouvernent les hommes: le climat, la religion, les lois, les maximes du gouvernement, les exemples des choses passées, les moeurs, les manières, d'où il se forme un esprit  général qui en résulte."

 

 

    Dans le domaine du gouvernement cette nature des choses "c'est ce qui le fait être tel, son principe, la passion qui le fait agir, considération qui débouche sur sa célèbre théorie des trois gouvernements. Quant à la nature des choses du pouvoir, elle est incluse  dans la nature humaine, dans le fait que tout homme qui possède du pouvoir est porté à en abuser, ce qui explique et justifie son souci des équilibres constitutionnels."

 

    On ne peut faire preuve de plus d'humanisme, note Brimo, dans l'analyse du phénomène juridique et étatique.

 

    Si la loi résulte de la nature des choses, selon Montesquieu, elle est aussi la raison humaine, en tant qu'elle gouverne tous les peuples de la terre; et les lois politiques et civiles de chaque nation ne doivent être que les cas particuliers où s'applique cette raison humaine".

 

 

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Copyright Claude Collin 99copy3.gif (2372 bytes)Mise à jour 11 févr. 2006
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