Reportage par Marilou Gagnon et ValÚrie Lafrance

(Exercice pédagogique, sans but lucratif)

 

 






Partout à travers le monde entier, les médias et ses subalternes se doivent d’informer la population. Cette gigantesque machine que représente les médias devient, entre les mains de gens de mauvaise foi, un outil dangereux de propagande. Ainsi, la population rwandaise a été l’objet d’une manipulation médiatique d’intérêt politique.

 

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Même si les médias ne s’y sont intéressés qu’en 1994, la révolution sociale et politique des hutus contre les tutsis a commencé vers 1959. Entre 1959 et 1963, la moitié de la population tutsie se réfugie à l’étranger. En 1993 débute les émissions incendiaires de la Radio-Télévision libre des Mille Collines (RTLM) qui influencera énormément le peuple. Avec l’attentat abattant l’avion présidentiel en 1994, trois leaders hutus, de surcroît chefs d’État, sont assassinés en moins de six mois. Ce n’est qu’en 1994 que le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme prononce le mot de "génocide ", malgré le nombre indéterminé de morts déjà causées par les nombreux massacres. Le 17 juillet 1994, le Front patriotique rwandais (FPR), l’opposition armée largement dominée par les tutsis, déclare la fin de la guerre. Deux jours plus tard, le choléra atteint les réfugiés rwandais de Goma. Enfin, s’effectue le retrait, en 1996, des derniers contingents de la MINUAR ( Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda).

 

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Créée en juillet 1993, la Radio-Télévision des Milles Collines (RTML) devient la seule radio privée du Rwanda précédant le génocide. La RTML permettra aux extrémistes hutus de propager leurs appels à la haine raciale. De plus, la radio est un organe de propagande essentiel aux hommes du " hutu power " dans un pays rural à 90% et largement analphabète. L’argent provenait en partie de la femme du président et de Félicien Kabuga, ancien président de la RTML. Selon M. Kabuga, " C’était une activité commerciale comme une autre. RTML ne visait nullement à encourager la haine ". Il clame son innocence même si " radio machette " ait appelé a tuer " même les enfants " en disant que " les fosses ne soient pas encore pleines ". Le 6 avril 1994, aussitôt que l’avion, transportant le président Juvénal Habyarimana, est abattue, RTML annoncent à l’instant même l’attentat sur leurs ondes, contrairement à Radio Rwanda qui ne diffusera la nouvelle que le lendemain matin. Déjà, d’autres massacres plus importants déciment le peuple; les soldats et miliciens construisent des barricades, vont à la recherche des tutsis à travers la capitale pour les tuer. Les animateurs de la RTML signalaient aux citoyens le nom et la localisation des victimes et incitaient la population à effectuer rapidement son " travail ". Cette radio a contribué à la mort d’environ un million de personnes. Deux autres stations de radios extrémistes hutus se feront aussi connaître par leur agressivité et leur violence : Radio Rutomorangino et Radio Démocratie. Cette dernière ressassait sans répit les massacres réels ou supposés et lançait de dangereux appels à la morts dans des langages codés. Voici deux extraits de la RTML : " Le peuple doit apporter machettes, lances, flèches, houes, pelles, râteaux, clous, bâtons, fers électriques, fils de fers barbelés, pierres, et dans l’amour, dans l’ordre, chers auditeurs, pour tuer les tutsis rwandais.  " Chers auditeurs, mesdames et messieurs : ouvrez grand vos yeux. Ceux d’entre vous qui vivez le long des routes, sautez sur ceux qui ont de longs nez, qui sont grands et minces et qui veulent vous dominer. "

 

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L’ONU (Organisation des Nations Unies) prend son temps. Après sept mois, en 1994, elle met en place la première Commission d’Enquête afin de recueillir les premiers témoignages tardifs pour le TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda). Celui-ci doit juger les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre commis au Rwanda d’avril à juillet 1994. Sur les 193 pays qui siègent aux Nations Unies, la moitié ne respecte pas l’objectivité journalistique. En 1999, le directeur de l’Office rwandais d’information affirme que la liberté de presse est totale au Rwanda. Ainsi, plusieurs ont transformé leurs médias en instruments d’oppression. En 1999, Valérie Bemeriki, ancienne journaliste de la RTML, est arrêtée. Elle est inculpée par la justice rwandaise d’ " incitation au meurtre et à la haine raciale ". Plus tard dans l’année, Hélène Nyirabiakali, ancienne journaliste du gouvernement Imvaho, est arrêtée pour avoir écrit des articles " encourageant ou attisant la haine des divisions ethniques " en 1991. Dominique Makeli, journaliste à Radio Rwanda, s’est fait accusé d’avoir incité à la haine raciale sur les ondes de Radio Rwanda. Un journaliste de la télévision nationale, Gédéon Mushimiyimana, s’est fait arrêté en 1996 pour avoir pris part à des massacres de civils. Deux autres journalistes de Radio Rwanda ont aussi été arrêtés. L’un, Albert Beaudoin Twizeyimana, a été accusé d’avoir participé au génocide et l’autre, Joseph Ruyenzi, pour viol, mutilation et meurtre. En 1999, Amiel Nkuliza, rédacteur en chef d’un journal, est placé en liberté provisoire. Il a été accusé, en 1997, de " participation au génocide ". Malheureusement, plusieurs de ces criminels ont été libérés

 

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La démocratie

Pour conclure, dans l’histoire meurtrière d’un pays éprouvé, les médias locaux et internationaux ne remplissent pas leur fonction justement. Premièrement, les événements historiques montrent l’incapacité des médias internationaux de couvrir un drame mondial important et de faire réagir le public face à ce problème. Deuxièmement, les médias locaux abusent de la liberté de presse en oubliant l’objectivité journalistique. Finalement, les arrestations de journalistes sont tardives et débouchent souvent à la libération des accusés. Ainsi, la liberté d’expression a donc des limites, telle que l’objectivité, règle fondamentale d’un pays démocratique où l’égalité est à la base.

 

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http://www.freedomforum/

http://www.freedomforum.org/international/1998/1/30rwanda.asp

http://www.rsf.fr/rapport2000/afrique/rwanda.html

http://perso.wanadoo.fr/rwanda94/sitepers/dosrwand/accueirw.html

http://www.europarl.eu.int/dg7/hearings/en/speech/delarad.htm

http://www.gisti.org/doc/plein-droit/44/rwanda.html

 

photos : rdwanda.org/

 

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