Rigoberta Menchu Tum

 

Par Anne-Catherine Laberge

« Ma douleur, c’est la douleur de tout un peuple. »

Rigoberta Menchu

 

Rigoberta Menchu Tum a vu le jour le 9 janvier 1959 dans le petit village de Chipel situé près de San Miguel Uspantan dans le nord-ouest du Guatemala. Sa famille appartient à l’ethnie Quiché, une des 22 ethnies que compte la population indigène du pays. Bien qu’elle passe une partie de son enfance au sein de sa communauté indienne sur les terres de l’Altiplano, c’est à l’âge de 2 ans qu’elle commence à travailler avec sa famille dans les fincas. Ces plantations sont dirigées par de grands propriétaires terriens qui exploitent les travailleurs. Les conditions de vie y sont tellement insalubres que deux de ses frères y perdent la vie.

Quelques années plus tard, son père Vicente Menchu, un militant pour la reconnaissance du droit à la terre pour les Indiens à la terre, est détenu par les autorités guatémaltèques. À sa sortie de prison, il poursuit ses activités et fonde la CUC (Comité d’unité paysanne). L’adhésion de Rigoberta Menchu à cette organisation, en 1979, marque le début de son activisme en faveur des droits des autochtones.

Tout d’abord, Rigoberta Menchu tente d’établir des réseaux de solidarité entre diverses communautés pauvres et les incite à trouver des moyens de se défendre contre l’armée. Elle entreprend l’apprentissage de l’espagnol qui lui permettra de communiquer au monde entier les atrocités vécues par son peuple. En effet, l’unique arme dont elle dispose est celle de la parole.

À la même époque, son frère cadet et sa mère sont tués par des militaires. Le 31 janvier 1980, son père ainsi qu’une vingtaine de paysans affiliés à la C.U.C. meurent dans l’incendie de l’ambassade d’Espagne provoqué par les forces de l’ordre. Rigoberta Menchu est alors contrainte de s’exiler à Mexico où elle entreprend d’expliquer la tragédie vécue par son peuple. Elle prononce de multiples conférences aux États-Unis et en Europe et crée la fondation Rigoberta Menchu qui œuvre auprès des autochtones et des victimes de la guerre civile. Rigoberta Menchu lutte pour que soient enfin reconnus les droits économiques, politiques et culturels des Indiens du Guatemala.

En 1983, elle fait la rencontre d’Élisabeth Burgos, une ethnologue, qui recueille ses témoignages afin de publier la biographie  Moi, Rigoberta Menchu dans laquelle elle fait le récit des horreurs dont elle a été témoin. L’importance de son travail est enfin reconnue en 1992, l’année du 500e anniversaire de l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique, lorsqu’elle obtient le prix Nobel de la paix. En 1993 elle est nommée ambassadrice de bonne volonté auprès de l’ONU.

Avec les mots pour seule arme, Rigoberta Menchu se porte à la défense de la cause autochtone partout à travers le monde et son témoignage est un véritable appel à la solidarité et à la paix.

 © CVM, 2004

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Référence

BURGOS, Élisabeth. Moi, Rigoberta Menchu, Éditions Folio, Paris, 1999, 507p.

 

Périodiques

HAROIS-MONIN, Françoise. « Faire résonner la voix des Indiens », L’Express, no 2303, 24 août 1995, p.40

KHAN, Jooneed. « Rigoberta Menchu, symbole vivant de la résistance des autochtones », La Presse, 9 novembre 1992, p. A1

DE LA GRANGE, Bertrand. « La revanche de l’Indienne Lauréate du Nobel de la paix, Rigoberta Menchu symbolise les souffrances et les espoirs des descendants des Mayas du Guatemala », Le Monde, 19 octobre 1992, p.1

 

Site Internet

www.rigobertamenchu.org