Cléo Marchand

1997

 

Quelles relations y a-t-il entre le doute et la croyance?

La philosophie compte plusieurs aspects dont le doute et la croyance. Le doute est en fait un sentiment d'incertitude face à une question ou à un principe, qui nous porte à nous questionner sur celle-ci ou celui-ci. La croyance est l'action de croire en quelque chose ou, après avoir trouvé une réponse à un problème, être certain de ce qu'on a résolu: ne plus en douter. Quoique bien différents, ces deux aspects philosophiques sont en relation l'un de l'autre.

Tout d'abord, il faut mentionner qu'il y a une interdépendance entre la croyance et le doute. En effet, le fait de douter d'un principe quelconque nous amène à soit y croire pour de bon, soit à le rejeter de notre esprit. Il en est de même avec le doute: nous devons croire à un principe avant d'être suspicieux envers celui-ci. Sur ce point, nous sommes en présence d'un cercle vicieux. D'un autre côté, le doute élimine les croyances inutiles ou fausses, c'est-à-dire que la réflexion que l'on fait à propos d'une certaine croyance doit s'avérer positive afin de prouver que celle-ci est due à un raisonnement logique et raisonnable et donc, qu'elle existe réellement. La croyance, de son côté, est donc l'aboutissement de quelque chose: un soulagement de l'esprit qui peut enfin se reposer. Lorsque tout doute est "dissolu", la croyance peut enfin faire le ménage des idées fausses et confuses laissées par l'action du doute philosophique. Il y a donc une dépendance profonde qui règne généralement entre le doute et la croyance qui nous aide à raisonner et à juger correctement.

L'opinion est aussi de mise et met en relation les aspects du doute et de la croyance. L'objectivité est un des traits importants de l'être humain. L'être humain a donc droit à son opinion personnelle sur tous les sujets possibles et imaginables. Les doutes et croyances d'un individu seront influencés par son opinion générale de la vie, par son pourquoi des choses, etc. Prenez par exemple les philosophes Descartes et Berkeley: les deux avaient une philosophie du doute complètement différente. Un n'est pas meilleur que l'autre, c'est tout simplement leurs façons de voir les choses qui changent. On peut donc déduire qu'une certaine objectivité est présente en philosophie. De plus, l'opinion des autres peut nous ouvrir des portes. Elle peut nous éviter le doute, car en portant attention aux raisonnements d'autrui nous pouvons croire en des principes qui nous rejoignent grâce à l'opinion d'un autre qui, parfois, peut équivaloir à la nôtre. De plus, l'opinion peut éliminer le doute et ne miser que sur la croyance de principes religieux par exemple. Ces principes, chez la majorité des individus, n'ont pas fait l'objet d'un doute poussé à savoir si il serait raisonnable d'y croire, mais eux croient qu'il n'y a rien à douter: c'est leur choix, leur opinion. Du côté philosophique, le doute et la croyance dépendent de celle-ci, car elle est très influente sur la façon dont les gens pensent.

Aussi, il y a un facteur important qui installe une relation entre le doute et la croyance. Il s'agit de la raison. Elle est essentielle à l'intelligence humaine, car elle est le centre de la pensée et de la logique. La raison s'interpose entre l'action du doute et celle de la croyance, afin de raisonner logiquement et poser des jugements réfléchis. Il existe même un lien entre la raison et l'opinion, car tout humain ne raisonne pas de la même façon, selon sa vision des choses. Pourtant, en philosophie, la manière de raisonner est pratiquement la même pour tous les philosophes, c'est-à-dire que des processus semblables sont utilisés pour douter et pour parvenir à la certitude de l'existence d'un principe. Il n'est pas de même dans les croyances de la société. Quelques individus imposent des valeurs ou des croyances superflues, alors les individus de cette société, pour être acceptés, doivent respecter ces impositions. La plupart n'y réfléchissent peu ou pas et c'est pourquoi ces croyances devraient être questionnées par chacun, afin que chacun comprenne avec certitude ce qui est utile de croire et ce qui est inutile. Il est donc important d'utiliser la raison afin de faire un lien essentiel entre le doute et la croyance d'un principe.

Tout compte fait, il existe plusieurs relations importantes entre le doute et la croyance philosophique, quoique les deux ne se ressemblent pas du tout. Ces deux facultés sont interdépendantes, donc sont essentielles l'une de l'autre et ce, surtout en philosophie. Ensuite, l'opinion de l'individu est très influente dans la question et aussi dans la réponse. Elle intervient donc dans le choix d'un certain questionnement plutôt qu'un autre et de même du côté de la croyance. Enfin, la raison s'insère entre les deux actions pour assurer un bon développement du raisonnement. La philosophie a donc deux facteurs de "conception" qui lui sont essentiels et qui diversifient les façons de penser.

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