Initiation pratique à la méthodologie des sciences humaines
Cégep du Vieux-Montréal - session automne 2000 - professeur Gilles Laporte
Les élèves ont été sensibilisés à l'importance de respecter les règles du français écrit et  évalués en conséquence.

Le contentieux territorial de l'île de Chypre, entre les Grecs et les Turcs. (problème Chypriotique)

 

Par Marc-André Rocheleau et Tobie Jubinville

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Présentation de la recherche : Le conflit sur l'île de Chypre qui a des origines historiques, n'est toujours pas réglé et est encore aujourd'hui un sujet d'actualité. Plusieurs raisons sont la cause de ce conflit dont une est l'économie et cependant plus importante. Cette île représente des enjeux géopolitiques très importants qui, si on les maîtrise, peuvent rapporter des revenus faramineux et permettre un contrôle sur la mer. Ce problème ancien est toujours d'actualité puisque les deux pays ont encore de la difficulté à négocier un accord. Nous voulons plus précisément étudier les enjeux que cette île représente au niveau de l'économie et voir quels moyens ont été et sont utilisé par les deux pays pour tenter de s'accaparer de cette grande île.

 

La problématique : Nous posons par conséquent la question suivante : est-ce que les revendications des Turcs et des Grecs, leurs motivations à vouloir Chypre, peuvent expliquer la complexité de ce conflit ? Nous proposons que les Turcs et les Grecs n'ont pas essayé nécessairement de s'entendre et de faire des compromis mais ont plutôt tenté de posséder l'île au complet pour eux seuls. C'est ce qui a rendu le conflit très complexe. Notre variable indépendante sont les revendications, les motivations des citoyens de l'île de vouloir s'accaparer l'île pour eux seuls. Notre variable dépendante est la complexité de ce conflit et comment cette complexité rend difficile une entente entre les deux peuples.

Table des matières :
Présentation cyan_up.gif (231 octets)
1.1 localisation / situation cyan_down.gif (233 octets)
1.2 grandes dates cyan_down.gif (233 octets)
1.3 historique des occupations cyan_down.gif (233 octets)
1.4 historique du conflit à Chypre entre les chypriote grecs et turcs cyan_down.gif (233 octets)
1.5 la séparation de la république en deux et la création d’un État turc cyan_down.gif (233 octets)
1.6 état actuel à Chypre cyan_down.gif (233 octets)
1.7 force de paix cyan_down.gif (233 octets)
1.8 géopolitique (enjeux) cyan_down.gif (233 octets)
1.9 questions d’actualité politique cyan_down.gif (233 octets)
2.0 Union Européenne enjeu, géostratégique cyan_down.gif (233 octets)
2.1 Cartes de Chypre cyan_down.gif (233 octets)
2.2 entrevue cyan_down.gif (233 octets)
2.3 Site Web cyan_down.gif (233 octets)
2.4 Bilbliographie cyan_down.gif (233 octets)

   

 

Chypre

 

1.1 localisation / situation cyan_up.gif (1079 octets)
Chypre, aussi communément appelée l’île "d'Aphrodite" est une île qui a une superficie de 9251km². Elle est située sur le plan géographique en Asie mineure, quoiqu'elle fasse partie de l'Europe sur le plan politique. Elle est la troisième plus grosse île de la Méditerranée, après la Sicile et la Sardaigne. Elle est située à l'extrémité nord-est du bassin méditerranéen oriental, à 103 km à l'ouest de la Syrie, à 70 km au sud de la Turquie et à 800 km à l'est de la Grèce. La république de Chypre est divisée en deux parties depuis 1974 par un mur qui fut gardé par les casques bleus pendant de nombreuses années. En fait, le Canada a fourni un apport important aux activités du maintien de la paix à Chypre en mettant à la disposition de la Force un contingent d'environ 600 militaires et ce, de manière continue pendant 29 ans jusqu’en 1992. Les Chypriotes turcs occupent le Sud tandis que les Chypriotes grecs occupent le Nord. Les communautés grecques et turques sont symbolisées sur le drapeau de Chypre par les deux branches d'olivier. Elle comptait, en 1992, 810 000 habitants, soit 630 000 dans le nord et 180 000 dans le sud. Cette île est le carrefour de trois continents et de grandes civilisations millénaires. La Turquie a envahi et occupe toujours depuis 1974, 37% du territoire. La capitale Nicosie est devenue dans la partie grecque, une ville moderne et dynamique et un important centre économique et politique. Mais pourquoi cette île est-elle séparée en deux ?  

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Drapeau de Chypre

 

1.2 grandes dates

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1571 - Chypre devient province de l'Empire ottoman

1878 - La Grande-Bretagne obtient la tutelle administrative de Chypre, qui reste juridiquement ottomane

1914 - L'île est annexée par le Royaume-Uni au début de la Première guerre mondiale.

1925 - Elle acquiert le statut de colonie britannique.

1955-1956 - Lutte armée anticoloniale de l'EOKA, qui désirent s'unir à la Grèce "Enosis".

1959 - Le Royaume-Uni, la Grèce, la Turquie et les représentants chypriotes adoptent un plan pour l'indépendance, en garantissant la protection de la minorité turque.

1960 - L'archevèque Makarios est élu Président. Indépendance.

1964 - L'aviation turque bombarde Chypre. L'ONU intervient pour stopper la violence inter-communautaire.

1965 - L'organisation terroriste séparatiste turque TMT, assasigne des chypriotes grecs et turcs.

1974 - Coup d'état contre Makarios à l'instigation de la junte grecque. Fuite du Président Makarios. Les troupes turques occupent 40% du nord de l'île, jusqu'en août. Makarios revient dans la partie grecque. Mouvement de rattachement à la Turquie "Taksim"

1975 - Proclamation de l'"état fédéré turc de Chypre" dans la partie occupée par les troupes d'Alkara. Condamnation immédiat de la déclaration par le Conseil de Sécurité.

1983 - Proclamation unitérale d'indépedance d'une "République du Nord de Chypre". Le Conseil de Sécurité rejette la proclamation et invite tous les États à ne pas la reconnaître et respecter la souveraineté de la République de Chypre (Résolution 541/83).

1984 - L'ONU entame les discussions pour fédérer les régions grecques et turques . Le projet échoue.

1997 - Décembre : L'Union européenne reporte à une date indéterminée la discussion concernant l'adhésion de la Turquie à la Communauté.

1998 - 15 février : Réélection de M. Cléridès à la présidence (50,8 %).

1998 - 31 mars : Ouverture des négociations sur l'adhésion de l'île à l'Union européenne.(SOURCE)

1.3 historique des occupations

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L’histoire de Chypre est l’une des plus anciennes du monde. Les premières traces de civilisation remontent à plus de 9.OOO ans. À cause de sa position stratégique et de ses richesses naturelles, Chypre a été conquise par plusieurs peuples dont Phéniciens, Assyriens, Égyptiens, Perses etc... Chypre était un centre politique et culturel important du monde grec. Durant la domination romaine, la ville de Paphos, haut-lieu du culte d’Aphrodite, était le centre de la vie politique, religieuse et culturelle. En 395 après J.C.,l’empereur Théodosios a partagé l’empire romain en deux parties et Chypre est ainsi devenue l’empire byzantin. La période byzantine a duré jusqu’en 1191 et a laissé un riche patrimoine architectural et culturel. Pendant les Croisades, Richard Coeur le Lion a conquis Chypre en 1191 et l’a vendue la même année à l’Ordre des Templiers qui l’ont gardés jusqu’en 1489. En 1489, Chypre passa sous la domination des Vénitiens jusqu’en 1570, quand les Turcs qui forment l’empire Ottoman l’occupèrent. Chypre a malgré tout pu conserver la langue et la civilisation grecques. L’occupation turque a eu comme résultat la création à Chypre d’une population chypriote turque.

Pendant des années, les Chypriotes grecs et turcs ont vécu paisiblement dans les mêmes villes et villages. Ils se toléraient mutuellement, aussi bien religieusement que culturellement, et ils entretenaient de bonnes relations. En 1878, Chypre a été donnée en bail par le Sultan à la Grande-Bretagne. La Convention signée entre Istanbul et Londres le 4 juin 1878 donnait aux Britanniques le contrôle absolu de Chypre contre une rente annuelle d’environ 500 000 dollars, tandis que l’Empire ottoman en conservait la souveraineté. Dès leur entrée en fonction en 1879, les administrateurs britanniques rejetèrent la demande de réunion politique de Chypre et du royaume de Grèce (enosis, "!union!" en grec), que leur firent l’archevêque et la communauté grecque de l’île. En novembre 1914, en raison du ralliement de l’Empire ottoman aux puissances centrales ennemies, lors de la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne annula le traité de 1878 et annexa Chypre. Au traité de Lausanne, en 1923, Istanbul reconnut officiellement les droits britanniques sur Chypre. Deux ans plus tard, l’île devenait une colonie de la Couronne.

La domination britannique, qui dura 82 ans, ne se fit pas sans heurts, et face à l’agitation de la population, l’état d’exception fut promulgué entre 1931 et 1940. Le mouvement en faveur de l’Enosis reprit de l’ampleur dans les années cinquante. Sous l’égide de l’évêque de Chypre Makarios III, les Chypriotes de langue grecque réclamèrent le départ des Britanniques et, consultés par la hiérarchie ecclésiastique, se prononcèrent à près de 96 % en faveur de l’union avec la Grèce. Les Britanniques s’opposant à tout changement de statut de l’île, en raison de son importance stratégique, ce mouvement se durcit à partir de 1955 sous la forme d’opérations de guérilla menées par l’Organisation nationale des combattants chypriotes (EOKA). Makarios, qui soutenait l’organisation terroriste, fut exilé au début de 1956. Pendant la lutte anti-coloniale, la Turquie encouragea les dirigeants chypriotes turcs à s’unir aux efforts du régime colonial en vue d’entraver la lutte du peuple chypriote grec pour l’autodétermination. Une organisation terroriste, la T.M.T., fut formée et des incidents entre les deux communautés se multiplièrent.

Des négociations menées sous la direction des Nations-unies en 1957, sur fond de vives tensions entre les deux communautés de l’île, aboutirent en février 1959 à la signature des traités de Londres et de Zurich faisant de Chypre une république dont le Royaume-Uni, la Grèce et la Turquie garantissaient l’indépendance. En contrepartie, Chypre accordait aux Britanniques la possession de bases militaires sur l’île. De retour sur l’île, Makarios fut élu président le 13 décembre, et Fazil Küchük, un Chypriote turc, devint vice-président. L’indépendance fut proclamée le 16 août 1960. Chypre fut admise aux Nations-unies et devint membre du Commonwealth.

1.4 historique du conflit à Chypre entre les chypriote grecs et turcs

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Les problèmes commencèrent au moment où Chypre devint indépendante. Selon la Constitution de 1960, la communauté chypriote turque (18%) obtent une autonomie culturelle et religieuse ainsi qu’une place privilégiée dans le système constitutionnel de Chypre. D’après les dispositions de la Constitution, les Chypriotes turcs occupaient 30% des places dans la fonction publique et formaient 40% de la force de la police et de l’armée(SOURCE). Mais quelques années seulement après l’indépendance, des problèmes apparurent à Chypre. Quelques dispositions de la Constitution, comme celle du droit de veto accordé au vice-président et aux députés chypriotes turcs sur des questions d’impôts, créèrent des difficultés empêchant le bon fonctionnement de l’Etat.

Ainsi, en novembre 1963, le Président de la République, l’Archevêque Makarios, proposa aux dirigeants de la communauté chypriote turque une série d’amendements à la Constitution. La Turquie, répondant à la place des Chypriotes turcs, rejeta les propositions. L’ingérence de la Turquie n’aida pas au climat déjà très tendu dans l’île. Les Chypriotes turcs, au lieu de discuter ces propositions, manigancèrent une crise intercommunautaire, se retirèrent du gouvernement et du Parlement, et établirent des enclaves militaires à Nicosie et dans d’autres parties de l’île avec l’aide de militaires venus de Turquie.

Pourtant la Turquie, en tant qu’État succédant à l’Empire Ottoman, avait renoncé, avec le traité de Lausanne en 1923 à toutes ses revendications sur Chypre. Malgré ce traité, les différents gouvernements turcs qui se sont succédés ont commencé, dans les années 1950, à avoir des revendications. Dans les années 1960 ces revendications devinrent des menaces et des actes agressifs contre Chypre. En 1964, le ministre turc des Affaires étrangères de l’époque, M.F.C. Erkin, déclara ouvertement que Chypre était d’une " importance vitale pour la Turquie non seulement à cause de l’existence de la communauté turque dans l’île mais aussi à cause de sa position géostratégique ". Dans une déclaration publique en 1964, M. Kémal Satir, vice-président de la Turquie, dit : " Chypre sera divisée en deux parties dont l’une sera rattachée à la Turquie ".

Le gouvernement chypriote, malgré les déclarations menaçantes de la Turquie, et du côté desquelles malheureusement s’étaient également rangés les dirigeants chypriotes turcs, a fait tout ce qui était en son pouvoir en vue de ramener les choses à leur ordre normal. II a offert une charte stipulant des droits de minorité aux Chypriotes turcs, qu’il avait rédigée avec l’aide des Nations Unies; de plus, il a encouragé économiquement les Chypriotes turcs, qui avaient été forcés par leurs dirigeants de s’installer dans les régions turques enclavées militairement, à retourner dans leurs foyers. Et en 1968, il a commencé les pourparlers intercommunautaires avec les dirigeants chypriotes turcs pour un règlement négocié sur un nouveau système constitutionnel à Chypre. Mais malheureusement, le pouvoir des dirigeants chypriotes turcs séparatistes sur la population chypriote turque était aussi puissant que leur détermination à soutenir la visée de la Turquie de diviser Chypre.

Le secrétaire général de l’ONU, en 1965, décrivait la politique des dirigeants chypriotes turcs, comme suit : "Les dirigeants chypriotes turcs ont adhéré à une prise de position rigide vis-à-vis de toute mesure qui pourrait impliquer des membres des deux communautés à vivre ou à travailler ensemble, ou qui pourrait mettre des Chypriotes turcs dans des situations où ils auraient à reconnaître l’autorité des fonctionnaires du gouvernement. En effet, puisque les dirigeants chypriotes turcs se sont engagés dans un but politique à séparer physiquement et géographiquement les deux communautés, il est peu probable qu’ils encouragent les Chypriotes turcs dans des activités qui pourraient être interprétées comme faisant preuve des mérites d’une politique intentionnelle d’isolement des Chypriotes turcs ".

Entre temps des affrontements entre les deux communautés de l’île éclatèrent en décembre 1963, après que Makarios eut cherché à réduire le pouvoir législatif des représentants des Chypriotes turcs. Les Turcs se retirèrent du gouvernement et demandèrent la partition du pays. Malgré l’intervention des forces des Nations-unies pour maintenir la paix, les tensions restèrent très fortes jusqu’à la partition de 1974.

Réélu président en 1968 et 1973, Makarios fut renversé le 15 juillet 1974 par un coup d’État soutenu par les colonels au pouvoir à Athènes. Il fut remplacé par Nikos Sampson, un ancien dirigeant de l’EOKA. En réaction, alors qu’explosaient les tensions entre les deux communautés, la Turquie prit le contrôle du tiers septentrional de l’île, provoquant de nombreux déplacements de population. Le 30 juillet, un cessez-le-feu précaire fut institué.

1.5 la séparation de la république en deux et la création d’un État turc

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En décembre, Makarios fut réinstallé au pouvoir. Le 13 février 1975, un État chypriote turc "!autonome, laïc et fédéré!" fut proclamé dans le secteur turc. En avril 1975, des pourparlers intermittents commencèrent sous les auspices de l’ONU en vue de créer un système fédéral avec deux zones, grecque et turque. Issue du démembrement forcé de 1974, la "République Turque de Chypre-Nord" (plus connue sous le sigle "RTCN") s'autoproclama en 1983, mais ne bénéficia d'aucune reconnaissance internationale, si ce n'est d'Ankara. Elle rassembla un contingent militaire turc d'environ 30.000 hommes.

En 1988, le retour à une timide coopération gréco-turque et l’élection à la présidence chypriote de George Vassiliou, ouvert au dialogue, permirent aux Nations-unies d’engager à nouveau des pourparlers et de proposer, en 1991, un plan prévoyant la création d’un État fédéral composé de deux communautés égales sur le plan politique. Au milieu des années quatre-vingt-dix, les divergences persistaient entre les négociateurs — au nombre desquels le nouveau président chypriote Glafkos Cléridès, élu en février 1993. Cependant, les possibilités d’aboutir à la paix semblaient alors d’autant plus proches que le règlement de la question apparaissait comme une des conditions de l’entrée de la Turquie, voire de Chypre, dans l’Union européenne.

Cependant, les relations intercommunautaires se dégradèrent à nouveau en 1996, à la suite d’affrontements violents à la "!frontière!" (un mort et plusieurs blessés lors d’une manifestation le 11 août, puis deux autres Chypriotes grecs tués en octobre). Malgré les efforts de l’Union européenne pour faire avancer le processus politique, le statu quo, que l’action de l’ONU n’a pu modifier, se révéla une fois de plus inébranlable après l’échec de nouvelles discussions en août 1997 en Suisse (sous l’égide de l’ONU) entre les dirigeants chypriotes.

L’absence de redressement de la situation économique de la partie turque de l’île, aggravée par la réduction de l’aide financière de la Turquie, n’aida pas non plus à l’amélioration du climat politique à Chypre. Réélu à la tête de la "!république!" autoproclamée en 1995, Rauf Denktash échoua par ailleurs à endiguer la pression des extrémistes. Dans la partie sud de l’île, qui confirme depuis plusieurs années son décalage économique, les Chypriotes grecs optèrent en 1996 pour la stabilité politique, en reconduisant le mandat de la coalition au pouvoir lors des élections législatives de mai et en réélisant Glafkos Cléridès président en février 1998.

Concernant la candidature de Chypre à l’entrée dans l’Union européenne, les négociations sur l’adhésion se sont ouvertes en mars 1998, malgré l’absence de représentants de la partie turque de l’île. Ces négociations pourraient toutefois être suspendues par la Commission européenne en cas d’impasse. L’ouverture d’une base aérienne à Paphos pour accueillir des avions grecs et le déploiement prévu en août de missiles sol-air russes S-300, achetés par les Chypriotes grecs, ont encore accru la tension entre les deux communautés et entre la Grèce et la Turquie. Dans ce contexte, la décision du Président Clerides de ne pas déployer finalement de missiles S-300 sur l'île de Chypre a été favorablement accueillie.

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Drapeau de la République Turque de Chypre-Nord

1.6 état actuel à Chypre

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Maintenant, en l’an 2000, des changements notables sont intervenus. L'Enôsis le projet visant à rattacher Chypre à la Grèce, qui avait servi de prétexte à l'aventure subversive n'a plus de défenseurs patentés sur la scène politique. Les Chypriotes grecs, bien qu'attachés viscéralement à leur identité hellénique, ont fini par renoncer à une chimère qui leur coûte encore bien cher : l'occupation d'une bonne partie de l'île par l'armée turque. La présence des forces venues d'Anatolie, en plus de quelque 35 000 militaires qui contrôlent 37 % du territoire sont toujours présentes. Nicosie est la dernière ville au monde, après l'unification de Berlin, à rester divisée. Les barbelés qui longent les 180 kilomètres de la ligne de démarcation séparant le nord turc du sud grec de l'île sont encore présents. (SOURCE)

Le traumatisme subi il y a près d'un quart de siècle ne s'est pas encore atténué, malgré la remarquable prospérité que connaît la partie méridionale de l'île. Il y a de nombreuses bases militaires et stations d'écoute chypriotes, anglaises, américaines et même françaises qui témoignent de la situation stratégique de l'île vis-à-vis du Moyen-orient. Marque laissée par la domination Britannique, la conduite à gauche est toujours présente. Également, le passage entre les deux zones est très réglementée.

En dépit de l'amputation du nord de l'île, l'économie du secteur grec a la réputation d'être l'une des plus saines d'Europe. Mieux, ses caractéristiques font de cette République l'un des deux seuls États en Europe qui, avec le Luxembourg, répondent aux critères du traité de Maastricht. Elle a su tirer profit de la conjoncture, tels les booms pétroliers de 1973 et 1981, les guerres civiles du Liban et de Yougoslavie et l'éclatement de l'Union soviétique. D'où l'afflux de capitaux considérables (produit, disent certains, d'activités illicites) venus se réfugier à Chypre, véritable paradis fiscal pour quelque 20 000 sociétés offshore. À l'exception de l'industrie, toutes les autres branches productives sont compétitives par rapport à celles de l'Union européenne, à laquelle la République de Chypre désire adhérer. Par contre, le niveau de vie de la RTCN a été gravement affecté par son isolement sur la scène internationale.

En laissant croire que l'intégration se réaliserait même si l'île demeurait divisée faute d'un accord entre les deux communautés, la décision européenne a produit un double effet. Elle a comblé d'aise la Grèce, lasse de vingt-deux ans de négociations stériles, mais excédé la Turquie, qui y a vu, non sans raison, un moyen de pression destiné à la contraindre d'accepter le compromis que lui propose la communauté internationale. Car les projets de règlement successifs qui ont été soumis aux Turcs, et qu'ils ont systématiquement rejetés, reposent sur deux postulats qu'ils jugent totalement inacceptables, bien qu'ils soient entérinés par la communauté internationale : l'île bénéficierait d'une souveraineté unique (et non double, comme ils le souhaitent) ; les forces d'occupation devraient se retirer.

En échange de quoi, les Chypriotes grecs se résigneraient à un système fédéral, bi-communautaire et bi-zonal. En d'autres termes, la minorité turque (moins de 20 % de la population de l'île) disposerait au même titre que la majorité grecque d'une entité territoriale bien à elle, jouissant d'une très large autonomie tout en participant au pouvoir central, qui prendrait en charge la gestion des affaires étrangères, de la défense et des finances des deux provinces fédérées. Pour répondre au souci de sécurité de la population turque, la partie grecque propose la démilitarisation de l'île, la dissolution des armées entretenues par les deux communautés, auxquelles se substituerait une force internationale (constituée, au choix, par l'OTAN, l'Union européenne ou l'ONU) dont ferait partie un fort contingent venant de Turquie. Ladite force recevrait mandat d'intervenir toutes les fois qu'elle le jugerait nécessaire sans se référer à l'autorité tutélaire. Cette formule de compromis se heurte, cependant, à un double refus 1 — Celui de la Turquie, qui exige une force autonome sur l'île ayant pleine liberté d'action " afin d'assurer la sécurité de la communauté turque ". En réalité, elle tiendrait à disposer d'une base qu'elle considère comme indispensable à la défense des côtes méridionales de l'Anatolie. 2 — Celui des Chypriotes turcs, qui rejettent toute formule en deçà d'une confédération de deux États souverains.

A ces deux refus complémentaires s'ajoutent de multiples manoeuvres dilatoires, que l'ONU a plus d'une fois condamnées en les attribuant à " un manque de volonté politique ", l'inertie n'ayant d'autre objectif que de prolonger indéfiniment le statu quo. " Nous croyons apercevoir le bout du tunnel ", disait à la mi-août, à Nicosie, le ministre des affaires étrangères de la République de Chypre, M. Alecos Michaelidis, qui se félicitait de l'intérêt manifesté depuis peu par la communauté internationale pour ce problème, après vingt-deux ans d'immobilisme. Les émissaires désignés des Nations unies, des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Union européenne se relaient en effet dans l'île pour sonder les deux parties en conflit.

À la fin de la guerre froide, la volonté des puissances d'apurer le contentieux qui oppose deux membres de l'OTAN, la Grèce et la Turquie, et dont Chypre est l'une des pièces maîtresses, la crainte enfin que la paix en Méditerranée orientale soit remise en question milite en faveur d'un règlement à court terme. M. Michaelidis, comme tous ses compatriotes, estime que les divergences entre les deux communautés de l'île pourraient être aisément résorbées si la Turquie levait son veto. Or tout un chacun sait qu'Ankara n'aurait pas pu tenir tête à l'ONU un quart de siècle durant sans la complaisance active de Washington, dont le souci principal est de préserver ses relations privilégiées avec la Turquie. Ce qui n'empêche pas le chef de la diplomatie chypriote de déclarer, moins par conviction, semble-t-il, que par résignation : " Nous sommes réalistes et nous nous rendons compte que les États-Unis, unique superpuissance sur cette planète, auraient les moyens de convaincre l'état-major des forces armées turques de renoncer à leurs ambitions... " Mais il ajoute aussitôt : " Il est cependant hautement souhaitable que l'Europe s'implique davantage, car sa sécurité étant intimement liée à celle de la Méditerranée orientale, son intérêt, qui se confond avec le nôtre, est de favoriser un règlement durable, donc nécessairement équitable. " L'affaire de Chypre, comme tant d'autres, met à l'épreuve les relations transatlantiques en posant, une fois de plus, la question de savoir si elle sera réglée plutôt dans la coopération que dans la confrontation. Qui détient la clé d'une solution ?

1.7 force de paix

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Chypre devint indépendante en 1960 avec une Constitution élaborée pour équilibrer les intérêts des communautés chypriote grecque et chypriote turque. Chypre, la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni conclurent un traité garantissant les principes fondamentaux de la Constitution, ainsi que l'intégrité territoriale et la souveraineté de Chypre. Cependant, une série de crises constitutionnelles provoquèrent une explosion de violence en décembre 1963. En février 1964, en raison de la menace sur la sécurité internationale une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies établit l'UNFICYP (toujours en place) pour préserver la paix et la sécurité internationale. L'UNFICYP avait pour mandat de faire tout son possible pour prévenir toute reprise des combats, et, en tant que de besoin, de contribuer au maintien et au rétablissement de l'ordre public et au retour à une situation normale.

Le Conseil a depuis constamment réitéré ce mandat tous les six mois, en y ajoutant des fonctions supplémentaires ou des modifications liées au maintien du cessez-le-feu, à la suite des événements de juillet 1974. Depuis 1974, l'UNFICYP (SOURCE) a également été déployée le long d'une zone tampon entre les lignes de cessez-le-feu de la garde nationale civile chypriote et des forces turques. Des propositions et des efforts ont donc été déployés par l'ONU depuis 1964 pour un règlement de paix; les négociations s'articulent autour d'un État unifié, i.e. une République fédérale bicommunautaire, indépendante, bizonale et non-alignée, comprenant deux communautés politiquement égales. À ce jour, aucun résultat n'a été obtenu.

Évolution des pourparlers de paix

Un accord cadre fondé sur un "ensemble d'idées" a été accepté par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Une série de "mesures de confiance" a été proposée par le Secrétaire général des Nations Unies, afin de faciliter la conclusion de cet accord général, dont le contenu a été accepté par les Chypriotes grecs et turcs en 1994. Depuis lors, aucun résultat concret n'a pu être obtenu.

De nombreuses tentatives diplomatiques, ONU, États-Unis, Union européenne, se sont efforcées de débloquer le statu quo jugé inacceptable, notamment en essayant de faire pression sur la Turquie. L'Union européenne pour sa part désigne lors de chaque présidence un envoyé spécial.

À l’occasion du sommet du G8 en juin 1999, et du 25ème anniversaire de l’invasion turque à Chypre, il a été souhaité qu’une nouvelle initiative soit lancée, demandant aux leaders des deux communautés de s’engager dans des négociations substantielles, sans pré conditions et basées sur les résolutions des Nations Unies. Les Etats-Unis pour leur part demeurent toujours très engagés en faveur d’un processus de paix à Chypre a indiqué l’envoyé spécial américain R. Holbrooke.

Le fait que la Turquie soit désormais officiellement considérée comme un pays candidat à l’adhésion à l’Union pourrait avoir un effet bénéfique sur un règlement de la situation. Avant le Conseil européen d’Helsinki (12 décembre 1999) une reprise des pourparlers a eu lieu à New-York entre le président Clerides et le leader M. Denktash. Une deuxième rencontre a eu lieu à Genève en février 2000.

La Turquie qui s’est donc vu octroyer le statut de pays candidat à l’Union européenne lors du sommet d’Helsinki devra s’aligner sur l’acquis communautaire, y compris en matière de Personnes. Or actuellement la Turquie ne respecte pas les résolutions pertinentes des Nations Unies, ni la position de l’Union européenne en ce qui concerne Chypre, laquelle soutient une solution qui respecte la souveraineté, l’indépendance, l’intégrité et l’Unité du territoire.

L’amélioration des relations entre la Grèce et la Turquie amorcées récemment devrait également permettre d’espérer un règlement du conflit chypriote.

Le Canada

Le Canada a fourni un apport important aux activités de maintien de la paix à Chypre en mettant à la disposition de la Force un contingent d'environ 600 militaires (casques bleus), et ce, de manière continue pendant 29 ans. En outre, l'ex-premier ministre Joe Clark a occupé le poste de Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies à Chypre de mai 1993 à avril 1996. En 1992, le gouvernement canadien a annoncé sa décision de retirer son bataillon de Chypre. Le retrait du bataillon s'est terminé en septembre 1993. En ce moment, le Canada met deux personnes à la disposition de l'état-major de l'UNFICYP, à son quartier général de Nicosie.

1.8 géopolitique (enjeux)

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Chypre a acquis une importance stratégique plus importante du fait de l'ouverture en 1869 du Canal de Suez. La Grande-Bretagne qui occupait Chypre refusa de lâcher ce "porte-avions" ancrée au large des côtes de LEVANT, tant qu’elle-même conservait le rôle du "gendarme" du Moyen-Orient. Elle trouva dans la minorité turque et dans l’intérêt du gouvernement d’Ankara pour la question chypriote un moyen de prolonger sa présence dans l’île. Il y a de nombreuses bases militaires et stations d'écoute chypriotes, anglaises, américaines et même françaises témoignant de la situation stratégique de l'île vis-à-vis du Moyen Orient. Ankara devait affronter une question géostratégique : l’appartenance de la quasi-totalité des îles égéennes à la Grèce bloquait les ports turcs. Si Chypre était attachée à la Grèce, l’ensemble des ports méditerranéens se trouveraient sous le contrôle des Grecs, lesquels étaient restés les adversaires des Turcs en dépit de leur récente appartenance commune à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). La Grande-Bretagne et les État-Unis proposèrent l’indépendance de l’île avec un statut bicommunautaire proche de celui du Liban. Ainsi, la Grèce et la Turquie devraient maintenir sur l’île un contingent militaire, tandis que la Grande-Bretagne conservait deux bases. Maintenant, la Turquie considère que le temps travaille pour elle. La désapprobation de la communauté internationale, qui s’accompagna d’un embargo sur les armes américaines, s’estompa avec les années et même si la Turquie doit maintenir à bout de bras la communauté turque de Chypre du Nord, ses buts sont atteints. Les négociations qui reprennent périodiquement sont invariablement vouées à l’échec. Mais le contentieux territorial en Chypre n’est pas la seule dimension quant aux problèmes entre les relations gréco-turques. Les conflits dans l’ex-Yougoslavie ainsi que la délimitation de la mer Égée sont d’autres sources de tension dans les relations gréco-turcs. Cependant, la question chypriote reste quand même le sujet le plus important de tous. Pour influencer les relations la Turquie fait entrer dans la balance ses 57 millions d’habitants, tandis que la Grèce se sert de sa position au sein de la Communauté économique européenne (CEE) pour isoler diplomatiquement sa rivale. (SOURCE)

1.9 questions d’actualité politique

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Depuis l'occupation illégale du nord de Chypre par l'armée turque, le débat politique est dominé par cette situation et la nécessité d'un règlement de paix. L'invasion turque et la partition de fait de l'île ont entraîné de graves conséquences qui constituent des préoccupations permanentes:

  • présence au nord d'environ 30.000 soldats turcs
  • absence de liberté d'aller et venir entre la partie sud et la partie occupée du nord - sauf conditions liées à la reconnaissance du régime illégal du nord
  • enclavement dans la partie occupée du nord de 487 Chypriotes grecs et 191 Maronites privés de l'exercice des libertés fondamentales
  • destruction du patrimoine culturel dans la partie occupée illégalement
  • transfert massif de colons d'Anatolie dans la partie occupée ayant pour objectif d'altérer les rapports démographiques
  • violents incidents le long de la "ligne verte" en été 1996, ayant causé la mort de plusieurs personnes, avec implication directe de la Turquie
  • accroissement et modernisation des forces militaires au nord et au sud risquant de menacer la sécurité dans la région.. En janvier 1997, une nouvelle crise grave éclate lorsque la Turquie considère comme un acte d'agression la décision du gouvernement chypriote d'acquérir des missiles anti-aériens russes. La crise est désamorcée par une médiation qui aboutit au stockage de ces missiles en Crète.
  • Ensemble, la Turquie et la Grèce détiennent plus de chars que le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Italie réunis. Elles consacrent respectivement à la défense 3,8 % et 4,7 % de leur produit intérieur brut (contre 2,2 % en moyenne pour les autres pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord). Or, Athènes envisage de dépenser 24 milliards de dollars en huit ans pour développer et moderniser son arsenal, et Ankara 31 milliards en dix ans. Cette escalade éclaire la portée de la " crise des fusées ", ouverte par l'annonce de la livraison de missiles sol-air S-300 russes aux Chypriotes grecs.

2.0 Union Européenne enjeu, géostratégique

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Le cas de la Turquie et celui de Chypre posent un problème fort épineux aux Quinze. Chypre fait partie des pays sélectionnés comme aptes à l'adhésion à l'UE. Les négociations avec Chypre vont bon train mais la Turquie, écartée de cette première sélection pour ses insuffisances criantes en matière de droits de l'homme et à cause de l'occupation par ses troupes du nord de Chypre, a menacé d'annexer cette partie de l'île si les négociations se poursuivent.

Pour tenter d'arranger les choses et ne pas couper les ponts avec Ankara - qui accuse l'UE de vouloir rester un 'club de chrétiens' - la France a avancé l'idée d'une "conférence européenne", qui regrouperait l'an prochain les onze candidats déjà retenus plus la Turquie. Une idée rejetée par l'Allemagne (qui craint un nouvel afflux de travailleurs turcs) et par la Grèce. Athènes a fait savoir à la veille du sommet qu'elle restait fermement opposée à ce que la Turquie soit invitée à une telle conférence. "Nous disons à la Turquie: respectez les réglementations internationales, respectez vos voisins comme tous les voisins de l'UE le font, respectez les droits de l'homme", a déclaré George Papandreou, vice-ministre des Affaires étrangères chargé des questions européennes.

L’adhésion à l’UE sera sans aucun doute extrêmement bénéfique pour Chypre. Ces avantages seront engendrés par l’intégration possible de Chypre dans un marché sans frontières intérieures qui comportera non seulement le commerce dans son ensemble, mais aussi les services, la main-d’œuvre et le capital. A court terme, certains secteurs sensibles subiront des pertes, certes, mais elles peuvent être limitées puisque des périodes appropriées de transition peuvent être négociées et convenues avec l’Union. Ainsi ces secteurs seront en mesure de s’adapter graduellement au nouvel environnement concurrentiel.

Le climat de sécurité créé par la suite, et la stabilité monétaire qui sera le résultat final de l’union économique et monétaire de l’Europe en cours, établiront les bases d’une planification à long terme de la production et des investissements.(SOURCE)

2.1 Cartes de Chypre

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île de Chypre

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Un nettoyage ethnique oublié

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2.2 entrevue

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Nous avons choisi d’effectuer une entrevue puisque faire un sondage ou bien une analyse statistique ne s’avérait pas adéquat par rapport à notre sujet. En voyage, cet été, j’ai eu la chance de rencontrer deux Turques très sympathiques avec qui j’ai eu l’occasion d’avoir plusieurs discussions très intéressantes. Elles m’ont parlé, à un moment donné, d’un voyage qu’elles avaient effectué à Chypre l’été dernier. Je n’ai pas tout compris ce qu’elles me disaient sur ce pays, en fait, elles ont piqué ma curiosité et c’est pour cela que j’ai choisi de parler de Chypre. Alors, pour notre entrevue, nous avons décidé de les interroger pour savoir ce qu’elles pensaient et savaient sur la situation en Chypre. Avant de parler des résultats, je crois qu’il est important de dire qu’elles ne parlent pas en français donc, nous échangions en anglais puisque je ne parle pas le Turc. Malheureusement, je ne pourrai pas faire de citations textuelles seulement contextuelles. Le nom de ces deux filles sont Ayse Yurdakul et Gunce Cetin. Elles ont les deux 19 ans. Ayse étudie en loi et Gunce étudie en relations internationals.

J’ai été très surpris des résultats qu’on apporté ces deux entrevues. Ces deux filles m’ont donné un autre point de vue de voir le conflit entre les Chypriotes-grecs et Chypriotes-turcs. Je leur ai posé en fait six questions. La première : je leur-ai demandé ce qu’elles savaient sur les origines du conflit ? Selon Ayse, le conflit a débuté en 1923 à cause du traité de Lausanne, parce que la Grèce a envoyé beaucoup de Grecs à Chypre. Pour Gunce, le conflit est principalement dû à la constitution qui a été faite en 1965 parce que la minorité turque sur l’île n’était pas assez bien représentée. Dans les deux cas, il est intéressant de voir que le problème est à cause des Grecs. Peut-être que c’est normal de voir que la faute n’est jamais la notre cependant, dans tout les documents que j’ai lus, la faute était principalement rejetée sur la Turquie. Je crois que c’est la faute des deux pays s’il y a un conflit à Chypre. La seconde question : Quel est le problème dans les relations internationales concernant ce pays ? Ayse sait que Chypre est dans une position géographiquement très stratégique. Elle est consciente de l’enjeu que représente cette île et comprend pourquoi aucun pays ne veut la laisser à un autre.

La troisième question : Quel est la position de la Grèce dans ce conflit ? Selon, Ayse la Grèce veut toutes les îles dans la mer Égée et elle ne comprend pas pourquoi la Grèce veut posséder l’île. Pour Gunce, les Grecs en ont toujours voulu aux Turques et ils ont tout fait pour les provoquer. Quatrième question : Quelle est la position de la Turquie dans ce conflit ? Selon Ayse, les Turques veulent simplement l’égalité et la paix entre les Turcs et les Grecs qui vivent à Chypre. Selon elle, la Turquie est dans le devoir d’aider ces citoyens contre l’ambition grecque d’occuper toute l’île. Pour Gunce, la Turquie a toujours fait les premiers pas pour améliorer les relations et l’amitié entre ces deux peuples. Cinquième question : Quel est le climat actuellement à Chypre, y a-t-il de la tension ? Ayse dit qu’il y a toujours eu de la tension à Chypre et qu’il y a eu plusieurs événements tristes qui se sont produits durant les deux dernières années. Elle pense que la tension est due principalement au nationalisme et au message que le gouvernement envoie. Pour Gunce, il y a de la tension présentement à Chypre due principalement à l’armement qu’acquérissent la Chypre du Nord et celle du Sud. Dernière question : Que savez-vous à propos du Canada dans ce conflit ? Ayse ne sait rien à ce sujet et Gunce non plus ne sait pas ce que le Canada a pu faire dans ce conflit. En conclusion, il a été très intéressant de voir un autre point de vue sur la Chypre, cependant, il est clair qu’elles ne connaissent pas touts les événements qui se sont produits à Chypre depuis le dernier siècle.

2.3 Site Web

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Le site de l'Assemble parlementaire du Conseil de l'Europe (ACPE)- Microsoft Internet Explorer parle des différentes raisons des conflits entre la Grèce et la Turquie.Il se concentre plus particulièrement sur les conséquences économiques entre la Grèce et la Turquis, de l'application des législation antisismiques, de l'état des droit de l'homme en Grèce , des fonds de développement social du conseil de l'Europe ainsi que de l'ensemble des demandes de financement en faveur des zones touché par les séismes. Je crois que ce site décrit assez en profondeur les événements qui ont ammenés la Grèce et la Turquie à s'affronter. De son côté, Kypros-net :"The World of Cyprus"-Microsoft Internet Explorer- parle De l'ONU et de l'entretient de la paix en Chypre. Il traite plus précisément des nouvelles principales sur le sujet,d'une bibliographie des différents livres qui traites de la Chypre et des campagnes pour sauvegarder des vies. Ce site contient de bonne informations , mais il est toutefois assez complexe.


Sur le site Le problème Greco-Turc-Microsoft Internet Explorer on peut s'informer sur les caractéristiques du problème Gréco-Turc afin de nous informer , à l'aide de séries de textes , sur les conflits entre ses deux pays. Ces textes parle, entre autre, du rôle géopolitique, du modèle Turc, de la menace Islamique, de la démocratisation,des droit de l'homme, etc...  Ce site est un petit bijou en ce qui conserne le problème Gréco-Turc . il est,en plus,agréablement bien structuré.

Également, puique La Turquie est impliqué dans le conflit à Chypre, voici un site qui parle exclusivement de la Turquie.  Ce site parle de la Turquie afin de nous faire connaitre en profondeur les différents aspects de ce pays tant géographiques, économiques, politiques, et environnementales. En fait, il traite de tout portant sur ce pays.  À l'aide de photos, de cartes et de texte pertinant, ce site est une bonne référence pour une recherche touchant de près ou de loin la Turquie.Par conséquent le site Permanent Mission of Cyprys of the United Nation  parle en profondeur de l'histoire et de la culture à Chypre. Il parle également des faits récents sur cette île et des action gouvernementale. Bien qu'étant en anglais, ce site semble bien pertinent pour nous aider a faire une recherche sur l'île de Chypre.

 

Bibliographie : cyan_up.gif (1079 octets)
«Grecs et Turcs signent quatre accords de coopération», La Presse, 21 janvier 2000 A8

«La tension monte entre Turcs et Grecs à Chypre», La Presse, 19 juin 1998 C22

«Le problème turc», La Presse, 19 février 1999 B2

«Otan. Élargir, mais à combien ?», La Presse, 30 juin 1997 B3

ALIGISAKIS, Maximos, Bibliographie sélective sur les partis politiques en Europe du Sud : Grèce, Espagne, Portugal, Turquie, Chypre, Genève 1988. 96 p. Ce livre parle des partis politiques qui ont dirigé les principaux États de ma recherche. Il sera très utile pour comprendre ce qu'ils ont fait pour réglé le conflit entre la Grèce, la Turquie et Chypre.

BAZIN, Marcel, La Turquie entre trois mondes monde, Paris, Montréal, coll. Varia Turcica, 1998, 450 p.

BILLION, Didier, La politique extérieure de la Turquie : une longue quête d'identité, Paris, 1997. 447 p.

BÖTIG, Klaus, Îles grecques en mer Égée, coll. Marco Polo, Paris. 96 p. Ce livre parle de l'influence qu'on les îles grecques dans la mer Égée. Ils sont un enjeux très important au niveau de la géopolitique.

CANADA, Santé et Bien-être social, Accord de sécurité sociale : résumé : Canada et Chypre : programmes de la sécurité du revenu, Ottawa, 1991. 15 p.

CHAUPRADE, Aymeric, Dictionnaire de géopolitique, Paris, 1999. 633 p.

COPEAUX, Étienne, Espaces et temps de la nation turque : analyse d'une historiographie nationaliste : 1931-1993,Paris, 1997. 369 p.

COULOUMBIS, Theodore A., The United States, Greece, and Turkey, 1974. 148 p.

CROUZET, François, Le conflit de chypre Études de cas de conflits internationaux, Bruxelles,1973. 1187 p. 2 vol. Ce livre décrit en détail l'histoire de Chypre entre 1964-1959. Il sera très utile pour retracer l'origine du conflit.

DENKTASH, Rauf R., The Cyprus triangle, London 1982. 222 p. Ce livre fait un résumé des principaux événements qui ce sont passé en Chypre entre 1930 et 1978. Il parle également des différentes raisons qui ont provoqué ce conflit.

DREVET, Jean-François, Chypre, île extrême : chronique d'une Europe oubliée, Paris. 1991. 333p. Ce livre décrit l'état actuelle (1991) en Chypre. Il la compare entre la principalement conception que l'Europe ce fait, en général, sur l'île de Chypre.

FRANCE, Assemblé national, Rapport d'information présenté à la suite de la mission effectuée à Chypre, coll. Paris : Assemblée Nationale 1997. 137p.

HALLEY, Laurence, Ancient affections : ethnic groups and foreign policy, New York, 1985. 180 p.

HERVÉ, Couturier, «Si le statu quo n'est pas respecté à Chypre. Ankara réitère ses menaces», Le Devoir, 21 janvier 1997 B5.

JOSEPH, Joseph S, Cyprus : ethnic conflict and international politics : from independence to the treshold of the European Union, New York : St. Martin's Press, 1997. 213 p.Ce livre fait une analyse du conflit qui existe en Chypre, au niveau international et national. Une des causes majeures est parce qu'elle dans un lieu stratégique.

KOERNER, Wolfgang, L'élargissement de l'OTAN, Ottawa, coll. Canada, 1997. 10 p.

LALANDE, Aude, Turquie : un si proche Orient…, Argenteuil, 1993. 206 p.

MÜLLER, Gerhard, Turquie méditerranéenne, Paris, 1995. 56 p.

NEWTON, Brian, Cypriot greek : its phonology and inflections, coll. Series practica, Toronto, 1972. 185 p.

POLITIS, Jacques, Chypre:sa légende, son épopée, sa tragédie, Paris, 1959. 177 p. Il parle du conflit qui a eu lieu entre 1974-1975 et qui a nécessité l'intervention de l'OTAN. Cette intervention a entraîné une ascension de la violence et il y a eu beaucoup de morts.

PRÉVÉLAKIS, Georges, Géopolitique de la Grèce, Bruxelles, 1997. 144 p.

PRIAULT, Colette, Chypre : Familles et biens en Grèce et a Chypre, Histoire et perspectives méditerranéennes, Paris. 326 p. Ce livre parle des conditions de vie par rapport aux personnes qui vivent en Grèce et a Chypre. Il donne une très bonne idée de la différence entre ces deux pays ainsi que de l'influence de la Turquie en Chypre.

TROIN, Jean-François, Maghreb, Moyen-Orient : mutations : Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Yémen, Oman, E.A.U., Qatar, Bahreïn, Koweït, Arabie saoudite, Jordanie, Palestine, Israël, Liban, Syrie, Irak, Turquie, Chypre, coll. Dossiers des images économiques de monde, Paris. 1995. 348 p. Ce livre parle du changement qui s'effectue présentement au Moyen-Orient. Il parle de l'état actuelle entre autre en Turquie et en Chypre.

VALI, Ferenc Albert, The turkish straits and nato, coll. Hoover institution, 1972. 348 p.

VANER, Semih , Le Différend gréco-turc, Histoire et perspectives méditerranéennes, Paris, 1988. 284 p. Ce livre inscrit l'actualité du différent gréco-turc dans un continuum historique d'une longue durée. Il parle de l'histoire, des rapports bilatéraux, des dimensions internationales et des différentes perceptions.

VANER, Semith, La Turquie en mouvement, Bruxelles, 1995. 151 p.